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Propales de sortie de crise

Tuesday, June 2nd, 2009

Rien à voir avec des propositions à faire à des clients… Je prends le temps, aujourd’hui, de réfléchir aux propositions que l’économie de communion pourrait inspirer à notre gouvernement et au G20 pour nous aider à sortir transformés de la crise économique actuelle. Vous vous souvenez peut-être d’une allocution télévisée de Nicolas Sarkozy fin 2008 : “et si on partageait autrement les bénéfices des entreprises : un tiers pour être réinvesti, un tiers pour les salariés, un tiers (seulement) pour les actionnaires ?”. A l’époque, ça avait marqué plusieurs entrepreneurs qui pratiquaient depuis plusieurs années un partage un peu différent : “un tiers pour être réinvesti, un tiers pour promouvoir la culture du don et de l’amour de son prochain dans les entreprises, un tiers pour les plus pauvres”. C’est en effet l’une des bonnes pratiques de l’économie de communion.

Aujourd’hui, le gouvernement s’interroge et consulte ces entrepreneurs : que pourrait-on proposer au G20 pour aller plus loin vers une “refonte du capitalisme” comme disent certains auteurs ?

Alors je jette ici en vrac mes idées. La dernière est celle que je préfère car c’est celle qui est le plus directement inspirée de l’économie de communion.

1) Promouvoir le capital altruiste :

Une entreprise qui entre dans ce système dédie X% de son capital à des organismes d’intérêt général qu’elle choisit et ce pourcentage reste constant à chaque variation de capital. Les organismes d’intérêt général n’ont pas forcément les droits de vote correspondant, il s’agit essentiellement d’un moyen de les financer sans interférer avec la gestion de l’entreprise. C’est différent de l’esprit de l’économie de communion dans la mesure où une entreprise en capital altruiste peut être pourrie jusqu’à l’os mais, du moment qu’elle rapporte des dividendes, ses “actionnaires” d’intérêt général peuvent en profiter.

Plus d’infos sur http://www.capital-altruiste.org/fr/.

L’objectif est non seulement de financer directement les organismes d”intérêt général mais également d’indexer ce financement sur la croissance économique. Des avantages fiscaux pourraient être consentis à ces entreprises en
fonction de leur indice de capital altruiste ?

2) Introduire un statut juridique inspiré des L3C américaines :

L’administration Obama s’intéresse à un nouveau statut de société à profit modérés qui permet, si je comprends bien, d’institutionnaliser des sortes de joint ventures entre sociétés et organismes d’intérêt général, avec un fonctionnement fiscal proche des GIE : la L3C elle-même ne paie pas d’impôs mais c’est à chaque participant de prendre en charge la fiscalité de la L3C selon les règles qui s’appliquent à lui et selon son pourcentage de participation.

http://en.wikipedia.org/wiki/L3C
http://www.fredcavazza.net/2009/05/10/vers-un-nouveau-modele-daffaire-avec-lentreprise-a-profit-modere/

L’objectif est de faciliter les partenariats (et donc le dialogue et la coopération) entre entreprises et ONG, de faire un pont entre non-profits et for-profits.

3) Introduire en France les social businesses à la Yunus

Je n’ai pas lu le bouquin mais, à ce que je comprends, la principale différence juridique entre un social business à la Yunus et une association loi 1901, c’est que les investisseurs peuvent retirer leur capital à la fin alors que, pour l’asso loi 1901, le capital reste consacré ad vitam eternam à l’objet social de l’asso et, même si l’asso
est liquidée, il doit être transféré à une asso à objet équivalent.
L’avantage éventuel d’un tel statut serait d’encourager le développement de l’entrepreneuriat social.

http://fr.wikipedia.org/wiki/Social_business

Dans mon cas perso, je me suis lancé dans l’entrepreneuriat social en créant une SARL. Je n’ai pas créé une association car il s’agit d’un projet individuel et non collectif. Je n’avais donc pas vocation à m’entourer d’associés. Pour une entreprise individuelle de ce type, le statut juridique le plus naturel est la SARL à associé unique. Pour autant, je vise avant tout un objectif social d’intérêt général et non l’idée de faire fortune.

Ce qui manque vraiment pour développer l’entrepreneuriat social, ce serait un statut juridique adapté qui permet :

  • de se lancer seul, comme une SARL à associé unique,
  • de bénéficier de la protection d’une SARL,
  • de rémunérer du capital financier mais avec un plafond,
  • de bénéficier du régime fiscal du mécénat sans pour autant interdire à l’entrepreneur de se rémunérer, et donc en proposant une alternative au critère de gestion désintéressée ; ce critère de bénévolat des dirigeants est une condition sine qua non pour pouvoir bénéficier du régime fiscal du mécénat, alors qu’il devrait pouvoir être remplacé par des critères de contrôle exercés par des organismes d’intérêt général à gestion désintéressée, comme c’est indirectement le cas pour des SARL filiales de groupes associatifs d’intérêt général

Cela mériterait un truc un peu plus français que les social business à la Yunus mais en restant à peu près dans le même esprit. L’objectif serait d’encourager davantage de créations d’entreprises visant directement à résoudre des problèmes de société.

4) Renforcer encore le régime fiscal du mécénat

La France est déjà le paradis fiscal du mécénat. Mais plusieurs choses pourrraient être faites pour s’appuyer sur cet atout français :

  • relever le plafond fiscal du mécénat pour les PME (actuellement c’est 0,5% du CA pour tous) de manière à encourager toutes les entreprises à faire du mécénat et pas uniquement celles qui ont des compétences de communication institutionnelle suffisantes pour rentabiliser leur politique de mécénat,
  • allonger le délai d’exercice du droit à l’économie d’impôts au titre du mécénat ; actuellement, si vous faites un don mais n’êtes pas assez bénéficiaire sur les 5 années suivantes, alors l’économie d’imôts est perdue (ce n’est pas un crédit d’impôt remboursable) ; or on est embarqué pour une crise qui risque de durer bien plus que 5 ans (plutôt de l’ordre de 10 ans si on regarde l’évolution du PIB pour les crises de 1873 et de 1929, je crois) ; comment encourager les entreprises à se montrer solidaires au plus fort de la crise si on ne leur octroye pas leur avantage fiscal au moins jusqu’à la fin de la crise ?
  • la France pourrait encourager plus activement les autres pays de l’UE et du G20 à répliquer son régime fiscal du mécénat ; en particulier, là où il y a le plus de gisement de ressources d’entreprises à transformer en dons, c’est dans les ressources en nature qui restent inexploitées voire son gaspillées, (non pas dans les comptes en banque) ; par exemple, les industries agro-alimentaires peuvent donner des invendus aux banques alimentaires ; les industriels peuvent donner leurs invendus à des organisations humanitaires ; les sociétés de service en informatique peuvent donner leurs temps morts sous forme de wecena (pub !) ; le régime français encourage le don en nature bien plus que les régimes équivalents à l’étranger ; voila un axe de progression pour le G20.

5) Rendre transparentes les méthodes de notation et d’évaluation des risques

Il s’agit de forcer les agences de notation à publier leurs méthodologies de notation. Autrement dit, interdire l’exercice de l’activité de notation du risque de défaillance des entreprises et des emprunteurs à tout organisme qui ne divulgue pas ses méthodes de calcul dans le détail. En effet, ce n’est qu’en divulgant ces méthodes d’ingénierie d’évaluation du risque qu’on peut espérer capitaliser sur ces méthodes, en évaluer la fiabilité et la performance, les améliorer et progresser collectivement en la matière. La recherche scientifique ne peut progresser que parce que les affirmations des scientifiques sont appuyées par des publications complètes, reproductibles dans des conditions expérimentales similaires et donc que l’on peut contredire ou améliorer. Loin des rigueurs de la science, les agences de notation reflètent plutôt l’abitraire, la réputation et les illusions collectives. Nous souffrons tous du manque de fiabilité des systèmes actuels d’évaluation des risques financiers, sociaux et environnementaux. Il faudrait donc que ces systèmes soient soumis aux même impératifs de publicité que ceux des sciences pour qu’ils gagnent en fiabilité et donc nous en sécurité. Un groupe américain de chercheurs et d’entrepreneurs travaille d’arrache-pied sur ce sujet et propose déjà des outils et méthodes pour rendre ce champ d’activité public, transparent et fiable.

cf. le site http://freerisk.org et leur vidéo de présentation.

6) Représenter l’intérêt général des entreprises via les dons consentis par leurs parties prenantes, comptabiliser la solidarité autour de l’entreprise

Le point fort de la proposition de l’économie de communion, c’est d’introduire une démarche libre, désintéressée et volontaire de don, un don qui vient du coeur ; mais jusqu’ici ce don est personnel (c’est l’actionnaire qui donne à titre individuel) alors que, ici et maintenant, on parle des moyens d’inscrire ce don dans une démarche collective d’entreprise et de société, pour sortir transformés de la crise.

Mon idée serait donc de trouver un moyen pour pouvoir promouvoir et célébrer collectivement la culture du don autour de chaque entreprise. De célébrer (ou, au contraire, de sanctionner par le silence) l’entreprise comme vecteur d’avancement de l’intérêt général, de la société comme outil solidaire de redistribution des richesses.

Il s’agirait donc que l’Etat oblige l’entreprise à poser officiellement la question d’un don individuel, libre, volontaire et désintéressé  à chaque partie prenante : l’actionnaire, le mandataire social, le salarié, le client, le fournisseur… et à publier la réponse qu’elle en obtient. Plus précisément, il s’agirait que l’entreprise propose à chaque partie prenante d’affecter à un don d’intérêt général une partie de sa dette envers cette partie prenante (les dividendes qui doivent lui être versés, sa prime de fin d’année, l’abondement sur son épargne salariale, son avoir, le réglement de sa facture…) et à rendre des comptes quant à la générosité que l’entreprise inspire. Concrètement, voila comment cela pourrait se passer :

  1. C’est l’entreprise qui propose aux parties prenantes un ou des bénéficiaires possibles, forcément d’intérêt général (art. 238 bis du CGI), par exemple en vue de sa prochaine AG. Faire cette proposition devient une obligation légale et sanctionnée en cas de manquement (amende et surtout publicité de la sanction). Le bénéficiaire proposé peut être la fondation éventuelle de l’entreprise ou son fonds de dotation d’intérêt général.
  2. Chaque partie prenante peut ensuite librement, et en toute confidentialité, répondre à l’entreprise : “non merci, je garde pour moi ce que l’entreprise me doit” (mes dividendes, ma prime, mon épargne salariale, le réglement de ma facture, mon avoir…) auquel cas il n’y a aucune conséquence particulière, sa dette lui est réglée. Au contraire, elle peut librement répondre “oui, je décide d’en donner x euros à tel bénéficiaire” et ces dons ont leurs conséquences fiscales habituelles. L’entreprise verse ce montant au(x) bénéficiaire(s) choisi(s) par le donateur dans la liste proposée par l’entreprise. Mais c’est le donateur, comme d’habitude, qui reçoit le reçu fiscal émis par le bénéficiaire. Le donateur aurait pu choisir d’empocher ce que l’entreprise lui devait et ne pas faire de don (”je garde tout pour moi car l’entreprise ne me paie déjà pas beaucoup, alors…“, “je suis un fonds de pension bête et méchant et mes actionnaires ne veulent pas que je fasse du mécénat”). Ou bien faire un don direct sans passer par l’intermédiaire de l’entreprise (“je ne vois pas pourquoi je me montrerai comme solidaire de mon entreprise pour verser mon don annuel aux restos du coeur alors que mon entreprise ne mérite pas cela”). En acceptant de faire un don via ce mécanisme de solidarité d’entreprise, il accepte simplement que l’entreprise en question rende compte que l’un de ses actionnaires (ou l’un de ses salariés, ou de ses clients) a fait ce don “en tant qu’actionnaire” (ou en tant que salarié, …).
  3. Dans tous les cas, le résultat final est obligatoirement rendu public: “au total, cette année, nos parties prenantes ont donné tant d’euros“. La répartition de ce résultat par catégorie de partie prenante devrait également être rendue obligatoire (les salariés ont donné tant, les mandataires sociaux ont donné tant, les actionnaires ont donné tant, …) ce qui donne aux dirigeants un outil de management et de dialogue social sacrément intéressant. L’obligation de publication de répartition de ces dons par catégorie de partie prenante pourrait éventuellement ne s’appliquer qu’au-delà d’une certaine taille d’entreprise de manière à camoufler l’identité des donateurs personnes physiques (vie privée). Eventuellement, on pourrait imaginer que cette publication soit limitée aux seuls parties prenantes et à l’Etat lorsqu’on a affaire à une petite entreprise familiale…
  4. C’est la publication au sujet de ces dons associés à l’entreprise qui donne son sens au mécanisme. Ensuite, au moment de l’AG, on annonce donc combien chaque catégorie a donné et on célèbre collectivement les dons consentis (libre aux donateurs de s’identifier individuellement ou non, c’est à chacun de voir) ou bien on prend simplement acte que personne n’a rien donné cette année (“chacun pour soi !”) ; on peut compter sur les services communication des entreprises pour mettre en scène l’annonce des dons (façon Téléthon-maison…). De manière optionnelle, certaines entreprises pourraient choisir d’abonder les dons consentis par certaines de ces parties prenantes : “pour chaque euro que nos clients donneront aux bénéficiaires que nous proposons, l’entreprise donnera un euro supplémentaire au titre de son mécéant d’entreprise“.

Les dons restent personnels, libres et volontaires comme dans l’économie de communion. Le seul changement, c’est que l’Etat forcerait les entreprises à poser cette question lors de leurs AG et à comptabiliser les résultats, l’Etat “interpellerait” ainsi la bonne volonté de toutes les parties prenantes de toutes les entreprises (et non les entreprises elles-mêmes). Il y a un coût pour l’entreprise (choisir des bénéficiaires, demander à chacun son avis, verser les dons aux bénéficiaires et faire parvenir les reçus fiscaux aux donateurs) mais celui-ci est minime eu égard aux bénéfices en termes d’images et de management que l’entreprise solidaire peut en tirer.
La conséquence attendue est de promouvoir la culture du don par le biais des individus parties prenantes de l’entreprise, autour de l’entreprise comme lieu collectif de don de soi ; autrement dit, l’Etat insère une nouvelle condition dans le fait d’octroyer à des groupes d’individus la protection du statut juridique de société. Cette condition consiste à rendre la société plus transparente et plus responsable quant à l’usage qui en est fait par chacune de ses catégories de parties prenantes en tant que vecteur d’avancement de l’intérêt général. Les sociétés qui seront le plus utilisées comme vecteurs de don pour l’intérêt général gagneront un avantage en termes de réputation et d’image. Les sociétés qui seront les moins utilisées comme vecteurs collectifs de don individuels pour l’intérêt général ne bénéficieront pas de cet avantage. On donne la possibilité à chaque partie prenante d’associer ou non sa générosité personnelle et individuelle à l’image de l’entreprise, et de changer d’avis d’une année sur l’autre, pour exprimer ce qu’il/elle ressent quant au niveau de responsabilité sociale et environnementale de l’entreprise en question.

Voila. Qu’en pensez-vous ? Et vous, quelles sont vos pistes ?

Altruistic Capital, semifinalist of Echoing Green 2009

Monday, January 12th, 2009

Albeit disappointed, I enjoyed the results of the 1st selection phase of the 2009 Echoing Green fellowship program. Of course, it had some positive consequences on my venture. But the most positive side of this is that Thierry Klein brought my attention to the fact that his own (French : Cocorico ! as we say here)  initiative, namely the Altruistic Capital, is selected as a semifinalist. I wish he will be at the next Echoing Green selection week-end in New York this spring and, hopefully, the Altruistic Capital project will be boosted by a 60.000 USD grant.

The Altruistic Capital concept is a nice and innovative way for tightening the public good to the performance of for-profit corporations, by letting nonprofit organizations receive a share of these profits. They indeed become shareholders of the forprofit, as the name “Altruistic Capital” suggests.

Next questions for me are :

  • how can I let some open source businesses become more familiar (and hopefully fond of) such initiatives (this is also an open question for the economy of communion which shares so much in spirit with some aspects of free software)
  • when, how and to which nonprofit(s) will I donate a part of the capital of my nonprofit ? this question is a bit difficult for me to handle given that my customers are nonprofits and I may prefer not to create interferences between business itself and the altruism of my capital… or maybe I should let this happen ?

I definitely have to spend some time with Thierry, face to face. Maybe next time he comes to Paris if our schedules can be synchronized.

Good luck, Altruistic Capital and Thierry, for the next phase of the EG selection process !

SSII: scénario de crise vs. développement durable

Thursday, December 18th, 2008

NB: ce message a un caractère promotionnel, il n’y pas de doute.

La question n’est plus de savoir si les SSII souffriront aussi de la crise mais de savoir si ce sera pour 2009 ou pour 2010. Le scénario catastrophe qui se dessine donc lorsqu’on suit la presse spécialisée est le suivant.

Faisons-nous peur, le scénario catastrophe pour le secteur des services

Actuellement, les SSII recrutent avec prudence : uniquement lorsqu’elles ont déjà un contrat client signé et donc un besoin sûr de personnel. La crise touchant les secteurs financiers puis de l’automobile et, par contagion, toute l’économie ou presque, les affaires se font plus rares qu’à l’habitude. Par conséquent, les taux d’intercontrat augmentent. Et, pour maintenir ces taux au plus bas malgré tout, les prix sont à la baisse. Dès maintenant, et comme dans les autres secteurs, les SSII se sont mises sur la défensive. Ces mesures suffiront un temps.

Fin 2009 ou courant 2010, imaginons que les SSII seront “au taquet” : elles auront fait le maximum pour limiter la casse. Malheureusement pour le secteur, certaines entreprises du secteur ont terni l’image de la profession par des comportements souvent qualifiés de “vendeurs de viande” : on embauche de la compétence “au kilo” et non des femmes et des hommes puis on met une pression abusive sur les ingénieurs en intercontrat pour qu’ils démissionnent lorsque l’entreprise va mal. Et lorsque les SSII seront vraiment au plus mal, ces situations d’abus se multiplieront chez les “vendeurs de viande”. Même les sociétés les plus responsables risquent d’être tentées par la facilité. Et l’image du secteur, déjà pas vraiment folichonne chez les jeunes diplômés, en prendra encore un coup ! Si bien que lorsque les beaux jours reviendront (2011 ?), les SSII seront bien en mal de faire face au rebond de la demande. Les jeunes diplômés, encore moins qu’auparavant, ne voudront pas s’y faire embaucher.

Que faire ?

A mon avis, celles qui s’en sortiront seront les SSII responsables, celles qui auront su se distinguer au mieux du lot des vendeurs de viande, celles qui auront su mériter non seulement la confiance de leurs clients mais aussi la confiance de leurs salariés et de leurs futures recrues. Une gestion prudente (pas d’embauche inconsidérée) et une commercialisation aggressive ne suffiront pas : les vendeurs de viande aussi peuvent le faire. Seules les SSII au comportement responsable et engagé dans une solidarité de crise sauront bâtir une réputation de fournisseur et d’employeur de confiance. Cette dimension d’engagement, c’est ce qu’on appelle la Responsabilité Sociale de l’Entreprise (RSE), la déclinaison “entreprise” du développement durable.

Le problème avec la RSE, c’est ce que ça reste trop souvent de l’ordre du discours joli, des voeux pieux, de quelque chose d’un peu vague, aux contours mal cernés, ou bien encore d’effets de manches et d’image franchement déconnectés de la vie de l’entreprise. Au final, la RSE est vue comme quelque chose qui coûte cher losque l’on passe du discours aux actes, sans certitude du résultat sur la réputation de l’entreprise ni sur l’utilité sociale ou environnementale de ses engagements.

Dans les métiers du services informatique, la RSE devient encore plus compliquée et difficile à cerner : quels actes tangibles vont permettre d’exercer sa RSE et de mériter la confiance des marchés ? La tendance “Green IT” (informatique moins énergivore et moins polluante) concerne avant tout les grands centres de données, les éditeurs et les équipementiers. Que peut-on faire de réellement bien pour la planète lorsque l’on est dans l’économie de la matière grise plutôt que dans celle du silicone ? Inciter ses collaborateurs à moins imprimer ses mails ne mène pas très loin : au mieux quelques économies de consommation d’eau car l’industrie du papier consomme trop d’eau à ce qu’il paraît… Encourager ses salariés à faire du bénévolat, sur leur temps libre, c’est très bien mais, franchement, ça n’est pas très engageant pour l’entreprise ! Offrir à tous ses salariés une journée dans l’année à consacrer à une grande cause, sur leur temps de travail ? C’est très sympathique, mais l’utilité sociale (l’impact social disent certains) reste limité et, malgré tout, ça fait quand-même une journée de manque à gagner !

Depuis quelques années, le mécénat est pourtant bien la voie royale qui se dégage pour les entreprises en quête d’une meilleure RSE. (Vous voyez où je veux en venir depuis le début : je suis prestataire en mécénat informatique…). Et oui, le mécénat, c’est un engagement concret d’une entreprise auprès d’une grande cause. Une étude de Stanford auprès de 750 diplômés de MBAs conclut que ceux-ci sont prêts à sacrifier plus de 10% de leur salaire pour rejoindre une entreprise ayant une meilleure réputation en matière d’engagement citoyen, social et environnemental. Plus les jeunes diplômés sont qualifiés (écoles du groupe A par exemple), plus ils sont sensibles aux preuves concrètes que leur employeur peut leur présenter en matière de RSE. Et plus leur salaire est élevé plus ils sont, bien entendu, prêts à rogner un peu dessus, au profit d’un employeur plus généreux envers les autres, du moment que ce mécénat d’entreprise est réel, tangible, concret, loin des beaux rapports annuels et des effets de manche.

Oui mais… faire des dons à des associations humanitaires, ça coûte cher ! Et quand c’est la crise, on a plutôt envie de consacrer son argent à préserver un emploi plutôt qu’à envoyer des dons (et des emplois, aussi) à l’autre bout du monde. D’un autre côté, c’est aussi en période de crise que les associations de solidarité et de lutte contre la pauvreté, à l’étranger comme en France, ont le plus besoin de la solidarité des entreprises. Cruels dilemmes, non ?

Ma proposition : le wecena

C’est là que j’ai ma sauce à proposer : le wecena. En effet, je suis persuadé que les SSII dorment sur une mine d’or en matière de RSE : leurs intercontrats. Chaque jour, 10.000 à 20.000 consultants et ingénieurs sont en situation d’intercontrat en France. Mettons-les au service de l’intérêt général le temps de leur retrouver une mission !

En intercontrat, on doute, on stresse, on a envie de partir chez le concurrent pour voir si l’herbe est plus verte mais, crise oblige, on a peur de partir. Alors on reste, on se morfond et on a envie de râler contre cet employeur qui ne nous propose pas de mission à la hauteur de nos compétences. Alors on reste, on passe le temps en s’autoformant comme on peut, on cherche à se rendre utile dans la boîte ou bien à échapper à son commercial, c’est selon… C’est pas bon pour le moral en tout cas. Et pas bon non plus pour le portefeuille de l’actionnaire que d’avoir des salariés qui ne créent pas de la valeur.

Et si ces intercontrats pouvaient permettre à la SSII de mieux mériter confiance ? d’exercer sa RSE de manière exemplaire ? de rompre définitivement avec les “vendeurs de viande” qui sévissent encore sur le marché ?

Et si ces intercontrats pouvaient s’engager concrètement, grâce à leurs compétences professionnelles et à leur créativité technologique, au côté de ceux qui luttent contre la pauvreté, pour protéger l’enfance en difficulté, pour rendre l’éducation et le savoir accessible à tous, pour faire progresser les sciences… ? Et si il existait un moyen de faire en sorte que ces intercontrats mis au service des autres le soient “sans durée d’engagement”, en restant disponibles à 100% pour une nouvelle mission commerciale et donc sans interférer avec le business et sans générer aucun manque à gagner ?

L’intérêt de mon offre de wecena, pour les SSII en crise, c’est d’exploiter au mieux leur capital humain en le mettant au service des Autres sans que cela ne lui coûte un seul euro et sans interférance avec les affaires. L’intérêt pour les SSII, c’est aussi d’exercer sa responsabilité et sa citoyenneté d’entreprise même lorsque l’économie est au plus mal, de  montrer que l’on reste présent aux côtés de ceux qui souffrent lorsque, soit-même, on n’est pas forcément au mieux de sa forme. C’est aussi une manière de goûter au mécénat à moindre coût et de se découvrir une âme (et une stratégie bien pensée) de philanthrope. C’est marier le coeur et la raison.

L’intérêt de ma proposition, pour l’ingénieur en intercontrat, c’est de se rendre utile auprès de clients d’un genre nouveau : les entrepreneurs sociaux et les acteurs de la solidarité. C’est de découvrir qu’à travers son métier, on peut donner un véritable coup de pouce, sur le terrain, à des causes qui le méritent. C’est goûter à l’engagement associatif et peut-être, un jour, devenir bénévole. C’est aussi de se rendre compte qu’avec ses collègues, on peut partager quelque chose de différent, de solidaire et d’utile, loin des considérations commerciales habituelles. Peut-être est-ce aussi apprendre à porter un regard nouveau sur son employeur ?

Conclusion, pour les SSII, c’est aussi la crise et c’est une bonne raison pour devenir mécènes, non ?

Je vous invite à modérer mon enthousiasme en réagissant via un commentaire ci-dessous, et à participer au wecena à votre niveau.

What will the wecena community look like when we’ve solved the problem?

Friday, October 24th, 2008

[This post is the 3rd part of my draft application process to the Echoing Green (EG) fellowship program. You can help me earn 60.000 US dollars for the take-off of wecena by commenting this post with suggestions about how to best make my case to Echoing Green.]

Once the problem of giving innovative non-profit access to professional IT skills and services at no cost is solved, what will the wecena community look like ? This is the question EG suggests I answer before submitting my application to their fellowship program (see page 8 of their applicant coaching guide). Coach me by commenting my answering attempts below.

EG suggests I start by answering this 1st sub-question :

If your work succeeds, what will the headline in the newspaper say ?

Let’s try such a headline for 01 Informatique or ZDNet :

” Pro bono IT services a critical enabler for major social innovations from education to environment via poverty reduction. ”

Or this one for the French non-profit press (Reporters d’Espoirs anyone ?) :

” An army of computing experts and corporations join the fight for free access to education in villages of the South. French non-profits at the front. ”

Or

” Information technology for social good no more a dream. Low budgets no more an excuse from non-profit boards. ”

For the global press, possibly headlines such as :

” Who’s the best in IT? Exxon Mobil or Greenpeace? Wecena the secret IT weapon for environmental innovations. ”

” U.S. Congress to pass a France-inspired law in favour of pro bono service donations. ”

And ultimately (just for kidding ?) :

” Price of IT pro bono services on the rise at Wall Street. IT shops on the race for CSR awards. ”

2nd sub-question from EG:

If your work succeeds initially and then your organization ceases operations what will the impact on society be ?

My answer :

Wecena’s business model is designed for generating enough profits so that competitors gain an incentive at emerging and replicating our model. Our earlier successes, financial transparency and benefits sharing will prove there is a profitable market for IT pro bono services delivery channels. Several organizations are already well positioned to contribute to such a market: sustainable development consultancies, consulting agencies dedicated to non-profits, philanthropy consultancies, non-profit technology assistance programs. In the end, this will give the most innovative non-profits access to a reliable and cost-efficient source of corporate IT pro bono services.

3rd sub-question for setting goals :

How will you measure the volume of your work? And what goals do you have for each in the short and long-terms?

OK. I’m a bit bad on this one. I can think of indicators of success. But I yet have to specify expected levels of success for these indicators. Too high and I am too optimistic as it would probably exceed our capacity to fund and manage growth. Too low and it would not show the passion there is for this project. Here are the reasonable indicators I am thinking of :

  • number of full-time equivalents (FTE) donated annually by IT corporations to wecena customers (non-profits) as of pro bono service deliveries : 4 FTE in the end of 2009, 10 FTE in the end of 2010, total available market of several hundreds of FTE in France only (woo hoo !)

Next sub-question, probably harder :

How will you measure if your work is making a difference? And what goals do you have for each measure?

My best guess at the moment :

  • median duration of relationships with non-profits (customer retention) : the more they keep accepting donations, the more useful they probably think these donations are : goal = after 2 years of operation (starting from our first operation), expected median duration of at least 6 months for non-profits having accepted first donation more than 1 year ago.
  • volunteer recruitment rate : percentage of IT engineers led to volunteering for “their” non-profit after a pro bono realization with us (rate of volunteering after the end of a wecena mission) => let’s say I’d be very happy if 10% of the wecena engineers kept on contributing at least once two weeks after the end of their individual intervention
  • increased understanding and knowledge of social challenges and innovations by IT employees and managers : => 50% more correct answers to online quizzes proposed by non-profit recipients at the start and at the end of any individual interventions
  • increased understanding and knowledge of IT uses and managements by non-profit members : => 50% more correct answers to online yearly quizzes proposed by us + IT donors.
  • profits (supposed to come with sucess in order to prove there is a market) : at least 5% after 2 years from the start of the 1st operation ?

There would be other indicators to monitor but I am not sure how to collect such data and how to process it so that we isolate our specific contribution :

  • evolution of the percentage of IT service companies donating pro bono services (market donors rate)
  • % of IT pro bono services in non-profit budgets (the more, the merrier)
  • evolution in the perception of technology by non-profit social innovators : we can survey this but I am not sure how to best setup such a survey so that it is reliable, comparable and relevant year after year
  • Cost, outreach and impact depth of social programs powered by our IT pro bono services compared to similar programs not relying on our services => this would be the real evidence of success but I don’t think we can acquire and process such data ; ideally, technology wecena gives access to would make multiply the impact and/or reach of a social innovation by a factor of 10 : ten times more people accessing open education programs, ten times more people with disabilities turning to computers as a daily tool, ten times less effort for homeless people to find a job, etc.
  • Qualitatively, I would like to hear from non-profit boards that recognized social innovators set themselves new social goals because of the technologies wecena can give them access to.

Hey, what to do you think ?

Help me earn 60.000 USD for wecena

Friday, October 24th, 2008

Wecena services are my new social venture. The US-based Echoing Green non-profit organization helps social entrepreneurs with a 2 years fellowship program and seed grants including 60 000 USD for the take-off of high-social impact projects. You can think of them as a social venture fund. I’d like to apply to this project competition so that the wecena concept succeeds at bringing corporate-grade information technology to the hands of the most innovative non-profits in France and all around the world. The deadline for this year applications is December 1st, 2008.

Readers, I need your help.

You can help by reviewing the next posts on my blog (I will use the “echoinggreen” tag, you can use this links for follow-up posts). I will post pieces of my draft application to the Echoing Green fellowship program. You can help if you are an English speaker (possibly native…) : I need you to correct my English language and style. You can help if you feel concerned with the importance of information technology and the Internet for serving the public with high-impact and broad-reach social innovations : I need you to help me making the case to Echoing Green. You can help if you like my project and would like to contribute one way or another : just tell me you support this whole stuff and share any comment or thought. If you have a couple of hours available for helping, you can even start by reading Echoing Green’s applicant coaching guide.

You can contribute in English (preferred) or in French (ça ira tout aussi bien). In case you are reading this from the wecena.com website, note that your comments have to be posted on my personal blog (link below).

Let’s start with the 1st pre-application question

Let’s start with Echoing Green (EG) ’s pre-application tools. EG suggests applicants (me) should use their questions to prepare their application. Let’s try with the 1st question (page 6 of the coaching guide) and throw an answer…

Problem Definition, What specific problems are you focused on and can you realistically solve it?

Their 1st sub-question :

What specific injustice in the world have you seen that compels you to start a new social change organization ?

My answer:

Non-profit social innovators lack access to corporate-grade Information Technology (IT) skills and services. This is a form of digital divide between non-profit and for-profit innovators. Why would information technology be primarily made to buy more stuff or spread more advertisement ? Why isn’t it more importantly made and used for fighting poverty, overcoming disabilities, sharing education or enhancing public health ?

2nd sub-question from EG :

Who, specifically, is hurt or affected by this injustice and how does the injustice manifest itself ?

My answer:

Beneficiaries of all fields of social innovations suffer from the lack of technology-powered social innovations and from the under-exploitation of technology by non-profits. Had non-profit innovators been given resources to better use technology, the reach of their programs would have been extended, their ability to transform organizations, markets and society would have been increased. More beneficiaries would have been helped better and earlier. Unseen social innovations would have been launched and developped.

EG 3rd question for defining the problem:

Is it realistic that a single organization could address this injustice ? if not, define the problem more narrowly ?

No. We only focus on the access by French non-profits to significant amounts of IT skills and services. Accessing software or hardware is out of our scope. We also only focus on IT needs that represent at least one full-time equivalent of services and skills. Smaller needs and projects won’t be supported (at least not immediately). Direct help to foreign non-profits is not in our immediate scope but we are considering partnerships with foreign non-profits in the need of free IT skills and services when it can increase the social efficiency of our effort by supporting higher impact global social innovations.

That’s it. What do you think ?

Mécénat open source

Monday, October 13th, 2008

[J'ai la flemme de faire un nouveau billet alors je remets celui-ci à jour, en gras.] Ce lundi 13 octobre [puis, après report, ce lundi 20 octobre], Nicolas Sarkozy devrait rendre public le rapport “Plan Numérique 2012″ d’Eric Besson, le secrétaire d’Etat français en charge du développement de l’économie numérique. [Finalement, c'est Eric Besson qui a fait la présentation car M. Sarkozy était occupé par l'actualité de la crise financière]. L‘une des mesures phares consisterait [aurait pu consister] à faire bénéficier du régime fiscal du mécénat toute contribution aux logiciels libres. Cette recommandation reprendrait alors [aurait alors repris] celle formulée par Jacques Attali dans son rapport sur les freins de la croissance.

[Finalement, le gouvernement a préféré éliminé du rapport toute proposition relative aux logiciels libres, ce que je regrette, comme l'April.]

Si cette [une] recommandation [de ce type] est un jour traduite dans la loi (et il faut [on aurait pu] l’espérer), cela signifierait que toute entreprise distribuant sous licence libre les résultats de certains de ses travaux pourrait bénéficier d’une réduction d’impôt nette de 26,67% de la valeur de ces travaux (60% moins le surplus d’impôt sur les sociétés qu’il faudra alors payer sur la valeur de ce don) et un peu plus encore dans le cas des très petites entreprises (car l’impôt sur les sociétés y est plus bas). La valeur des contributions est habituellement égale à leur coût de revient (rémunération et charges sociales des développeurs, au prorata temporis), dans la limite de 5 pour mille du chiffre d’affaires de la société contributrice. Cette économie d’impôts est reportable sur 5 ans en cas de dépassement du plafond ou de résultats négatifs.

Qu’est-ce qu’on attend pour faire la fête ?

Le mécénat open source serait, à mon avis, une excellente nouvelle pour les communautés du libre puisque cela inciterait les sociétés utilisatrices et les sociétés de service à porter encore plus d’attention à l’importance de leur engagement open source et les encouragerait à partager davantage de leurs travaux. Mais ce serait aussi un bel espoir pour l’industrie française des services informatiques qui pourrait ainsi s’afficher en première place mondiale des pays soutenant le plus l’informatique libre. On pourrait même espérer que le dispositif soit étendu aux contenus libres, au cinéma open source, à la science libre, à l’architecture libre… Bref, ce serait une belle évolution de l’économie de la propriété intellectuelle.

Cependant, les SSII et certaines communautés du libre ignorent sans doute qu’elles peuvent dores et déjà se lancer dans le mécénat open source, sans attendre de nouvelle loi. En effet, la loi actuelle sur le mécénat impose “seulement”, comme condition supplémentaire, que le projet open source soutenu par un mécène soit d’intérêt général. Un projet est d’intérêt général lorsqu’il est non lucratif (non commercial, à nette utilité sociale), à vocation philanthropique, humanitaire, éducative, scientifique, sociale, culturelle ou environnementale (etc.) et lorsqu’il est piloté par une organisation (par exemple une association) dont les véritables dirigeants ne sont pas rémunérés (gestion désintéressée) ou bien encore lorsqu’il s’agit d’un projet de recherche se traduisant par une thèse de doctorat.

C’est pourquoi j’ai créé une entreprise dont la vocation est de faire avancer les projets informatiques d’associations d’intérêt général en leur donnant accès au mécénat de sociétés de services informatiques.

L’important, à mes yeux et à ceux des SSII que je mobilise comme mécènes de ces associations, est que le projet soutenu ait un véritable impact social: qu’il change la vie de personnes en difficulté, qu’il rende efficacement le monde meilleur, bref que ce ne soit pas qu’un projet cool du point de vue technologique mais aussi du point de vue social, environnemental ou culturel. La loi actuelle sur le mécénat favorise déjà cela avec le mécanisme fiscal décrit plus haut. Et de plus en plus d’associations d’intérêt général appuient toute leur stratégie de croissance sur les technologies du libre, en tant que créatrices/contributrices du libre ou en tant que simples utilisatrices.

Bref, sans attendre le plan numérique 2012, communautés du libre et sociétés de services soucieuses de leur responsabilité sociale (développement durable) peuvent déjà se lancer dans l’aventure du mécénat informatique. Pour cela, elles peuvent s’appuyer sur l’effort fiscal consenti par l’Etat à travers la loi de 2003 sur le mécénat et… sur moi !

Waou, le parking à vélos !

Tuesday, September 9th, 2008

Alors, si il y avait des parkings à vélo comme ça en région parisienne (cf. vidéo), je jure que, en tant que banlieusard, je ne prendrais plus la voiture pour aller à la gare ! Trop forts, ces japonais…

Empruntez un arabe…

Saturday, September 6th, 2008

… ou empruntez un juif ? un néo-nazi ? un catho ? une bourge ? un djeun de la té-ci ? un patron ? une RMIste ? un ancien combattant ? un homo ? un flic ? un ex-dealer ? une handicapée ? Vous pouvez l’emprunter (gratuitement) à la bibliothèque du coin, pour 30 à 45 minutes de discussion franche et sans tabou. C’est le concept que propose les “Living Library”.

En plus de prêter des bouquins, certaines bibliothèques vous proposent d’emprunter des personnes. L’objectif est de vous permettre de rencontrer des personnes, des cultures et des savoirs auxquels vous n’auriez pas accès “dans la vie courante”, histoire d’aller voir au-delà des préjugés et de rencontrer l’autre. Histoire d’explorer la diversité humaine dans un lieu neutre et sans risque : 30 minutes de discussion à la bibliothèque.

Le concept est original et expérimenté dans divers endroits à travers le monde : aux USA, en Suède, au Canada, en Australie et en Grande-Bretagne. Mais rien en France ??? Si la médiathèque de ma ville se lançait dans ce jeu-là, je n’hésiterais pas à jeter un coup d’oeil à leur catalogue, voire à me “proposer à l’emprunt” dans les catégories “un geek”, “un ptit bourge”, “un entrepreneur”, “un papa de triplés”… :-)

Ces initiatives me rappellent ce que fait depuis de nombreuses années, dans un style un peu kitsch mais très pionnier (à l’époque…), sans jamais vraiment “décoller” ni se marier vraiment avec l’Internet, le mouvement des réseaux d’échanges réciproques de savoirs. Dans un registre différent, cela me fait aussi penser à ce que font certaines startups qui proposent aux personnes de monnayer le temps passé avec elles au téléphone : conseil de bricolage ou d’informatique, soutien scolaire ponctuel, voyance, astrologie, téléphone rose !

J’imagine que, pour une bibliothèque municipale moyenne, il “suffirait” de lancer un appel aux associations locales en leur demandant si elles ont des préjugés à faire tomber et donc des personnes-livres à “prêter” pour des entretiens de 30 minutes chaque. La municipalité pourrait en faire un événement sur un week-end au cours duquel se feraient les “emprunts” (discussions), dans les locaux de la bibliothèque.

Au-delà d’une formule événementielle, l’idéal serait quand-même d’avoir un système d’information public par le biais duquel les bibliothèques adhérentes non seulement accèderaient à un catalogue des personnes “empruntables” dans les environs (pour le proposer à la consultation dans leurs locaux et avec leur assistance) mais aussi aideraient les “demandeurs” à faire leur choix et à s’inscrire dans l’agenda des personnes qui se proposeraient à l’emprunt. Sans obligation de réciprocité. (Ma pub: si une association avec les reins un peu solides était intéressée par un tel projet, je pourrais lui fournir gratuitement les ingénieurs pour réaliser toute la partie technique de ce projet).

Bref, je trouve que c’est une idée sympa et à laquelle j’aimerais bien goûter dans une humanithèque près de chez moi.(Oh mais j’y pense, c’est ATD Quart-Monde qui devrait se lancer là-dedans, pour apprendre aux moins pauvres et aux plus pauvres à mieux vivre ensemble, en commençant par s’emprunter dans une bibliothèque ? ouais, non, c’est pas forcément une bonne piste…).

Je pense aussi à tout le savoir et la richesse de nos petits et grands vieux et au plaisir qu’a mon grand-père à ressasser les épisodes les plus remarquables de sa carrière militaire… Peut-être qu’il serait prêt à aller jusqu’à la bibliothèque municipale, certains samedis, pour répondre à la curiosité d’éventuels emprunteurs ? Mais est-ce qu’il y aurait des emprunteurs ? Les “best-sellers” seraient peut-être plutôt un ex-taulard ? une jeune femme qui porte le tchador (ou la burqa ?) ? … A votre avis, quels seraients les best-sellers si une humanithèque ouvrait prêt de chez vous ?

[via Designing for civil society], voir aussi cet article du Times

Very long-term backup fabbed with a reprap ?

Tuesday, August 26th, 2008

How will your personal data be readable 2.000 years from now ? The Long Now Foundation blogs about a nickel-based 3 inches-large disk that can reliably hold high amount of printed data for at least 2.000 years. Data is printed on it in small font : a 750-power optical microscope is required to read the pages !

On the other side of the blogosphere, the reprap community considers adding an ElectroChemical Milling (ECM) tool head to their home DIY 3D printers :

With this tool head, it could machine any conductive material, regardless of how hard it is or how high its melting point.

Maybe someday, personal very-long term backups will be printed at home ?

At the moment, industrial ECM/EDM machines can “achieve a one micron positional accuracy and wire EDM walls as thin as 0.010” (.254mm)” or (ECM) make holes/traces  as small as 0.2 mm large. I guess some progress is required before 750-power optical microscopes are required for reading data printed with this technology. But maybe that before 2.000 years from now, ultra-precision will be achieved by fabbers ? Id be curious of knowing which technique was used by the Long Now Foundation project and how difficult it would be to port this technique to the wonderful world of fabbers.

Rapid prototyping with microcontrollers ?

Monday, August 25th, 2008

I have no clue about micro-electronics and embedded systems. I am a Web application architect and developer, working with very high-level programming languages such as Python (or Perl or Java). I hardly remember assembly language from my childhood experiments with an Apple IIe and almost never touched C or C++. But I have been dreaming lately of rapid-prototyping some advanced non-Web application in an embedded system using my programming skills. So I thought I could share bits of my ignorance here. Please bear with me and give me some hints in order for me to best get out of darkness ! :)

Microcontrollers are now gaining capabilities that are comparable to microprocessors of early personal computers. The two most popular microcontroller (uC) series are Microchip PIC uCs and Atmel AVR uCs. For instance the PIC18F25J10-I/SO costs around 3 or 5 euros per unit at Radio Spares (I am in France: think RS in the UK or Allied Electronics in the USA). It has the following characteristics: 40 MHz, RS-232 capabilities (serial port), a “C compiler optimized architecture”, 48 kB of program memory (Flash mem) and around 4 or 5 kB of data memory (SRAM + EEPROM).

There are nice peripherals available, too. For instance this Texas Instrument CC2500 2.4GHz RF data transceiver (= transmitter + receiver) at around 2 to 3 euros per unit or current sensors approximately at the same price. In fact, periphals possibilities are limitless…

For free software hackers, there was a linux version for such chips : uCLinux. But is it still an active project ? I think I read that the comon linux kernel now includes everything that is required for it to run in embedded sytems. What about GNU utilities ? I know there are things like busybox on bigger but still embedded processors (phones). Anything equivalent on microcontrollers ?

There are simulators that will… let you pretend your desktop computer has a microcontroller inside, or sort of. :)

There is at least one C library for microcontrollers. C is considered as a “high-level programming language” in the embeddeds world ! That is to say that assembly language has been the norm. Some higher-levels languages can be used with microcontrollers, including some exotic-to-me Pascal-like languages like XPlo or PMP or Java-like but living dead things like Virgil and… what about my beloved Python ?

There are at least 2 projects aiming at allowing Python-programming on microcontrollers. pyastra is a “Python assembler translator” that can be used with some PIC12, PIC14 and PIC16 uCs. But it looks dead. Pymite looks sexier but not much more active :

PyMite is a flyweight Python interpreter written from scratch to execute on 8-bit and larger microcontrollers with resources as limited as 64 KiB of program memory (flash) and 4 KiB of RAM. PyMite supports a subset of the Python 2.5 syntax and can execute a subset of the Python 2.5 bytecodes. PyMite can also be compiled, tested and executed on a desktop computer.

At the moment, it seems like Python programming on microcontrollers is a dead end. Nothing worth investing time and efforts unless you want to also have to maintain a Python compiler… Same may be true for Java, not mentioning Perl. In fact, it seems to me that the object-oriented crowds are too far from microcontrollers applications to generate enough interest in initiatives such as Pymite, at the moment. Oh, and I am knowingly ignoring C++ which I did not investigate, having no experience in C++.

So what is left in terms of (open source) programming languages that would be of higher level than C ? The best guess I can make is Great Cow Basic, which is a free software Basic (procedural) language. Example programs look nice to me. It has been active recently. And it supports most of the chips I would consider experimenting with.

Next steps for me, I guess, would be to pick a PIC simulator and an IDE for Great Cow Basic (any eclipse plugin ?). Then I will probably have to figure out how a Basic program can be executed on a simulated PIC. And how a PIC simulator can be useful without all of the electronics that would surround it in any real setup. I’ll see that. When I have time to pursue my investigations and experiments in this micro-world.

And piclist is a great site for beginners.

3D scannerless scanning for fabbers

Monday, August 25th, 2008

For several weeks (or more), I have been dreaming of the day I’ll get my hands on a Reprap (self-parts-printing 3D desktop printer, a DIY fabber). I have been lucky enough to have a good friend promise me he would give his free time for assembling such a printer for me as long as I pay for the parts. 3 days of work are required to assemble the parts which you can order via the web in case you don’t already have access to such a reprap, which is my case. I will try to wait for the next major release of Reprap, namely Mendel 2.0 (current version = Darwin 1.0) unless I can’t resist temptation long enough…

Anyway, I have mainly been dreaming of possible applications of fabbers. Their use is extremely competitive (and disruptively innovative) as soon as you want to print customized 3D shapes which can’t be bought from the mass-manufacturing market. For instance, a reprap is cool when you want to print a chocolate 3D version of your face (see the Fab@Home project) or a miniature plastic representation of your home or anything that has a shape which is very specific to your case (not to mention the future goal of printing 90% of complex systems such as robots, portable electronic devices including phones and… fabber-assembling robots…). And this is where 3D scanning is a must : with a 3D scanner, you can scan an existing object and build a 3D model from it which you can then modify and print at the scale you want.

So my dreams lead me to this question : I could get a fabber some time soon but how to also get a desktop 3D scanner ? Some people have already started hacking home 3D scanners. But I had also heard of techniques that allow users to build 3D models from existing objects using either a single picture of the object, 2 pictures, several images or even a small movie. Some techniques require that the parameters of the camera(s) are known (position, angles, distance, …). Some techniques require 2 cameras in a fixed and known setup (stereophotography). Some techniques require that the camera is fixed and the object lies on a turntable. I really know nothing about computer vision and the world of 3D techniques so I was happy to learn new words such as “close-range photogrammetry“, “videogrammetry“, “structure from motion“, “matchmoving“, “motion tracking” (which is the same as matchmoving) or “3D reconstruction“. After some Web wandering, I identified several open source (of course) software packages that could offer some workable path from existing physical objects to 3D models of them using plain cameras or video cameras.

The idea would be the following :

  1. you take an existing, very personal object, for instance your head !
  2. with a common digital camera, you take pictures of your head from several angles
  3. you load these pictures into your favorite 3D reconstruction free software package
  4. it creates a 3D model of your head which you can then export to a 3D editor for possible adjustments (think Blender)
  5. you export your corrected 3D model into the reprap software stuff
  6. your reprap fabs your head out of plastic (or chocolate ?)

Here are the software projects I identified :

  • From a single image :
    • jSVR, Single View Reconstruction, a semi-automatic process for identifying and exporting three-dimensional information from a single un-calibrated image, dead project ?
  • Using a turntable :
  • From stereo images :
  • From a movie or a sequence of pictures :
    • e-Foto, a free GNU/GPL educational digital photogrammetric workstation, but is it suitable for close-range photogrammetry ?
    • Voodoo Camera Tracker, a tool for the integration of virtual and real scenes, estimates camera parameters and reconstructs a 3D scene from image sequences ; oops, this is not free software but freeware only
    • Octave vision, Algorithms for the recovery of structure and motion, using Octave, a one-shot development, no future…
    • Tracking / Structure from Motion, another piece of student homework
    • libmv, a structure from motion library, which plans to one day take raw video footage or photographs, and produce full camera calibration information and dense 3D models, very promising but being rewritten at the moment (August 2008)
    • GPU KLT a high-performance research implementation
  • Using the shadow of a stick (!) :
    • Scanning with Shadows (see also this site), wave a stick in front of a light source to cast a shadow on the object of interest, and figure out its 3D shape by observing the distortion of the shadow
  • Don’t know which technique is used :
    • OpenCV (see also this site), Intel’s Open Computer Vision library may some day contain some 3D reconstruction capabilities
    • Voxelization, a .NET based framework, designed for helping in development of different volume reconstruction, 3D voxel visualization and color consistency algorithms in multi view dynamic scenes, dead project ?

My personal conclusion :

I haven’t tested any of these packages. At the moment, there seems to be no easy-to-use free software package that would compare to commercial stuff such as Photomodeler or ImageModeler or research works such as Microsoft Photosynth. However these techniques and algorithms seem to be mature enough to become present as open source package soon, especially given the emerging interest in 3D scanning for fabbers ! Most promising free packages for scannerless 3D scanning for fabbers are probably Stereo and libmv.

What do you think ?

Alitheia core de SQO-OSS pour mesurer la qualité du code

Monday, August 4th, 2008

Un projet de recherche financé par la commission européenne (SQO-OSS) distribue, sous licence open source bien entendu, un logiciel qui analyse la qualité du code source d’un logiciel. Ce logiciel s’appelle Alitheia.

Alitheia parcourt des dépôts de code du style subversion/CVS (et notamment ceux de sourceforge). Des plugins fournissent des mesures du code (nombre de lignes de code, nombre de lignes de commentaires, etc.). Des modules d’Alitheia effectuent des statistiques à partir de ces mesures afin d’estimer la qualité globale du produit analysé. Alitheia se présente soit sous forme d’une application Web, soit, bientôt, sous forme d’un plugin pour Eclipse.

L’intérêt pratique d’Alitheia me semble actuellement limité: il y a peu de mesures disponibles dans la version de démo en ligne, la version pour Eclipse n’est pas encore disponible, les mesures sont effectuées au niveau de chaque fichier source et ne semblent pas encore agrégées au niveau du projet en lui-même (on peut savoir combien de lignes de commentaires il y a dans tel fichier mais pas dans le projet complet). Actuellement, la fonction la plus amusante semble être la mesure de la “productivité” de chaque développeur.

A terme, ce logiciel me semble très prometteur. Son intérêt dépendra essentiellement de la richesse des plugins de mesure disponibles, de l’existence d’un site public permettant de comparer entre eux les projets phare de sourceforge et tigris par exemple, et de la capacité d’Alitheia à produire des indicateurs agrégés significatifs. En ce qui concerne les plugins de mesure, j’espère qu’on va non seulement avoir des plugins mesurant des caractéristiques du code mais aussi (voire même surtout), des plugins mesurant la qualité de la communauté du projet: fréquence et délai des réponses sur les mailing lists, fréquentation du canal IRC de support, nombre et qualité des plugins et modules additionnels, durée de vie d’une version, etc. A suivre !

(via Le Monde Informatique)

Appel à projets informatiques d’intérêt général

Monday, July 14th, 2008

Vous connaissez un projet informatique qui pourrait contribuer à rendre le monde meilleur ? A sauver la planète ? A créer une innovation Internet d’utilité publique ? Ou juste à faciliter la vie de votre association ? A faire avancer une grande cause ou une toute petite ? A faire avancer la science ? Alors répondez à cet appel car je pense pouvoir booster ce projet en recrutant pour lui des mécènes informatiques.

En effet, dans le cadre de ma nouvelle entreprise, je propose mes services professionnels à tout projet informatique d’intérêt général: je fournis (à coût zéro, cf plus bas) mes compétences en tant que directeur de projets informatiques innovants ainsi que l’accès aux compétences de très nombreux autres ingénieurs informaticiens, sur leur temps de travail. Vous voulez des compétences d’ingénieurs informaticiens pour rendre le monde meilleur ? En voila !

Notez que je ne place, a priori, aucune limitation de thème ou de domaine : lutte contre la pauvreté, recherche scientifique, défense de l’environnement, santé, handicap, protection de l’enfance, etc. peu importe du moment que ce projet va vraiment dans le sens de l’intérêt général et de l’utilité publique (cf. ci-dessous).

Les conditions à remplir

Pour que mon entreprise puisse intervenir, votre projet informatique doit absolument :

  • être “d’intérêt général”, c’est-à-dire être porté par un organisme ayant le droit, en France, d’émettre des reçus fiscaux en échange des dons reçus (mécénat)
  • ne pas être un tout petit projet: il doit nécessiter, de la part des mécènes, au moins 1 ingénieur à temps plein
  • être porté par une équipe déjà active : je peux fournir entre 2 fois et 5 fois le temps que vous passez déjà sur le projet, en tant que bénévoles ou salariés ; si vous ne travaillez pas déjà sur le projet, je ne peux rien faire (0 fois 2 égal 0 !)
  • être un projet qui en vaut vraiment la peine: avoir un véritable impact social, direct ou indirect, une utilité clairement mesurable et motivante, répondre à un défi de société à petite ou à grande échelle, être source, levier ou moteur de changement pour la société…
  • ne pas nécessiter de présence physique importante en dehors de la région parisienne (je démarre petit et près de chez moi, même si je suis un adepte du travail à distance et des “conf call”), bref être plutôt localisé près de Paris

Qu’est-ce qu’un projet informatique d’intérêt général ?

Un projet informatique est d’intérêt général si il est porté par un organisme bénéficiant du régime fiscal français du mécénat. Ah, ah… mystère, qu’est-ce que c’est que ce truc ? La loi française d’août 2003 sur le mécénat reste mal connue mais elle représente une source de revenus importante pour les organismes d’intérêt général. Plusieurs types d’organismes répondent à ce critère. Pour faire simple, il peut s’agir d’une association loi 1901 :

  • à but non lucratif : elle ne reverse pas de TVA, ne paye pas d’impôts sur les sociétés, a des administrateurs et un bureau bénévoles et désintéressés, ne vient pas concurrencer des entreprises commerciales ou alors elle le fait à des prix beaucoup plus bas que le marché et principalement pour un public défavorisé et sans “pratiques commerciales” (publicité, …) ; demandez l’avis d’un comptable si besoin
  • et dont l’objet est à caractère philanthropique, éducatif, social, humanitaire, sportif, familial, culturel, artistique, environnemental, culturel, littéraire, scientifique…
  • et dont les activités ne bénéficient pas à un cercle restreint de personnes (contrairement aux syndicats ou aux associations d’anciens élèves d’une école par exemple …)

Au besoin, une association loi 1901 peut être facilement créée pour porter ce projet (statuts et déclaration en préfecture) et réunir les conditions de l’intérêt général. Il n’y a pas de condition d’ancienneté ni de taille de l’association. Il n’y a pas non plus forcément besoin d’obtenir un agrément administratif (comme ce serait le cas pour les associations “reconnues d’utilité publique”, ce qui est une reconnaissance très difficile à obtenir de nos jours).

Pour en savoir plus sur la notion d’intérêt général, je vous invite à consulter le site mécénat du ministère de la culture ainsi que les explications de l’Association pour le Développement du Mécénat Industriel et Commercial (ADMICAL).

Comment je peux aider, en pratique ?

Si vous consacrez déjà du temps à votre projet, je peux donc démultiplier cet effort.

Exemple: avec 4 autres bénévoles, vous consacrez au moins, chacun, une journée par semaine à votre projet (soit un équivalent temps plein, 5 jours de travail par semaine), alors je peux vous fournir, en complément, l’équivalent de 2 ingénieurs à temps plein (10 jours de travail par semaine), voire plus si votre projet est très simple à gérer.

Cette aide prendra la forme de:

  • un accompagnement permanent par mon entreprise : au moins une demi-journée d’assistance et de conseil par semaine, en fonction du volume de votre projet ; plus un service de représentation et de suivi de votre projet auprès des entreprises mécènes,
  • des interventions individuelles d’un grand nombre (50, 100, 200…?) de professionnels de l’informatique, ingénieurs, techniciens ou consultants, pour des durées variables et parfois courtes (par exemple une semaine), sur leur temps de travail,
  • la possibilité de renforcer votre équipe bénévole par les contributions ultérieures de certains de ces intervenants sur leur temps libre (constitution éventuelle d’une communauté à la mode open source si votre projet s’y prête)
  • l’accès à un système d’information sécurisé sur le Web pour gérer votre projet, vos intervenants, vos relations avec les mécènes et automatiser la gestion de toute la paperasse administrative qui va avec (contrats, convention de mécénat, reçus fiscaux, …)

Comment ça marche ?

Je créé actuellement une entreprise à vocation sociale dont l’objectif est de fournir aux innovateurs sociaux les mêmes moyens informatiques que ceux dont disposent les entreprises les plus modernes. Mon activité s’appuie sur le mécénat de sociétés de services en informatique (SSII) qui s’engagent dans des démarches de “développement durable” (ou, plus exactement, de “responsabilité sociale de l’entreprise”). Elles souhaitent faire du mécénat de compétences en informatique par mon intermédiaire : faire don du temps de travail de leurs ingénieurs et consultants sous la forme d’une prestation de service gratuite gérée via le Web. J’appelle ça “faire du wecena” (Wecena, c’est le nom de ma boîte !).

Le financement de cette aide est indirectement assuré à 100% par l’Etat français, grâce à la loi sur le mécénat des entreprises. En effet, l’Etat accorde une réduction d’impôts importante à toute entreprise qui décide d’aider concrètement un organisme d’intérêt général (don d’argent, don en nature, don de compétences et temps de travail…). Les SSII mécènes que je rencontre sont prêtes à se lancer dans l’aventure en proposant à leurs ingénieurs de faire avancer votre projet pendant ces périodes de temps que l’on appelle l’”inter-contrat” (ou intercontrat ou “période de stand-by” ou …) : il s’agit de ces périodes de quelques jours à quelques mois qui commencent lorsque l’ingénieur termine un projet pour un client et n’est pas encore affecté à un autre projet pour un nouveau client.

Cela impose une contrainte importante dans la gestion de votre projet: les ingénieurs réalisant la prestation de service vont se relayer à un rythme très rapide, certains ne seront présents que 48H tandis que d’autres seront disponibles 2 ou 3 mois dans l’année. La durée moyenne d’intervention individuelle se situe quelque part entre une semaine et un mois (selon le métier de l’intervenant et l’état du marché de l’informatique, et aussi selon la politique du mécène). C’est le rôle de mon entreprise que de vous aider à gérer cette contrainte. Notez que cette contrainte a également quelques avantages : si votre projet est suffisament simple et “découpable” en petites tâches (à l’aide de méthodes et d’outils de gestion adaptées, que je vous fournis), vous aurez ainsi l’occasion de proposer votre cause à une multitude d’intervenants que vous pourrez recruter en autant de bénévoles potentiels une fois leur mission de wecena terminée. C’est par exemple le cas de projets portant sur de l’initiation à l’informatique, de l’animation d’atelier informatique auprès de personnes défavorisées, d’interventions multiples d’installation de PC ou de réseau local… Pour des projets plus complexes (développement, conseil, …), votre implication est plus importante et le wecena ne peut pas représenter plus de 2 fois le temps que vous y consacrez déjà.

Quelques exemples de projet

Pour vous aider à vous faire une idée du type de projet qui peuvent bénéficier du wecena, voici quelques exemples de projets que j’ai déjà présenté à des mécènes :

  • conception et réalisation d’un logiciel innovant pour faciliter l’utilisation du clavier et de la souris par des personnes ayant un handicap moteur
  • amélioration de l’infrastructure informatique d’une ONG travaillant dans la lutte contre l’exclusion: remplacement d’un parc de postes de travail, interventions d’administration système sur des serveurs de fichiers et d’application, …
  • déploiement d’un progiciel de reporting financier sur des prestations de services en mode projet pour une association recevant d’importantes subventions publiques
  • refonte d’applicatifs Web pour la gestion documentaire, la gestion des relations et contacts et la gestion des adhésions pour une association Internet dans le domaine de la famille et de la protection de l’enfance
  • création d’un blog par un écrivain public d’une ONG franco-africaine pour sensibiliser des étudiants français au problématiques du développement Nord-Sud
  • assistance à la webisation d’un système de gestion d’établissements de santé pour une association du secteur sanitaire et social
  • initiations informatiques et formation aux logiciels internes pour des bénévoles retraités d’une association humanitaire

Ce ne sont que quelques exemples pour vous donner le ton. Aucun de ces projets n’a encore démarré.

Avertissement

Mon entreprise en est encore à une phase de démarrage et d’expérimentation. Je ne peux actuellement vous garantir ni que votre projet en particulier sera sélectionné par un mécène (les projets les plus solides et les plus ambitieux auront plus de chances bien entendu) ni même de pouvoir démarrer mon accompagnement tout de suite. En effet, l’aide que je peux vous apporter est en soi un projet (créer une entreprise…) : j’y crois énormément puisque j’ai quitté mon employeur précédent pour me lancer dans cette aventure, et j’y consacre tout mon temps et mes compétences. Mais, ceci dit, démarrer ce genre d’entreprise sociale innovante prend du temps et représente aussi une part de risque, d’incertitude, bref d’aventure… Le premier projet que j’accompagnerai pourrait démarrer fin 2008 (si les étoiles s’alignent comme prévu) ou au plus tard début 2009 (si j’ai moins de chance). Les mécènes que je rencontre sont déjà sur le pied de guerre et ont déjà commencé à examiner les projets informatiques que je leur présente. Certains ont déjà exprimé leur préférence et se mettent en ordre de bataille… En croisant les doigts, j’espère qu’un premier projet pourrait démarrer peu après la rentrée scolaire 2008.

Pour participer à l’aventure…

Vous connaissez une équipe qui porte un projet informatique d’intérêt général et a besoin de temps d’informaticiens pour aller plus loin et plus vite ? Faites-lui suivre l’adresse de cet article !

Votre projet répond aux conditions présentées ci-dessus ?  Pour vous en assurer, posez la question via un commentaire ci-dessous ou contactez-moi directement par email à l’adresse suivante: projets (chez) wecena (point) com ou bien encore à mon adresse de blogueur: sig (chez) akasig (point) org. Le site Web de mon entreprise ne devrait pas ouvrir ses portes avant le démarrage du premier projet. En attendant, c’est ici que ça se passe. Vous avez des conseils à me donner, des avis ou des contacts à partager ou des suggestions à faire ? Ils seront bienvenus: je vous invite également à utiliser la fonction commentaires de ce blog.

B’corps, SAGP, Capital Altruiste and committed for-profits

Monday, June 23rd, 2008

Many social entrepreneurship-related concepts now florish on the Web. Some time ago, the social-oriented entrepreneur could get inspiration from NGOs and from for-profit social ventures such as the Grameen Bank (well, I suppose it does not have an NGO status of some sort… I am not even sure of this ; anyway…).

Now that I am thinking of how to govern the growth of my own social venture, I am also stumbling upon a variety of other very stimulating and mind-opening concepts that may be useful to my project.

The SAGP is a French way of governing a company that seems to be inspired by De Gaulle’s wish that employees would more and more take part in managing their company (not to say that many French companies are SAGPs, far from that !). ‘GP in SAGP stands for Gestion Partagée: shared management. SAGP is not a legal status for juristic personification (Inc., Ltd., GMBH, SARL and others). It is a kind of “label” that says something like “in our company, work and capital are of equal value and power is equally divided between both workers and shareholders“. Note that it is not necessarily a “one person one vote” system. Sounds interesting even though the 50% work /50% capital proportion sounds a bit arbitrary to me (why not 75% work and 25% finance at early stage and later evolution toward 50/50  for instance ?). And SAGP lacks a grass-root community of entrepreneurs behind it. Anyway, the idea of empowering workers is there.

B Corporations is a concept that comes from the USA. B (for Beneficial) corps are companies that include social and environmental commitments into the legal document that founds the company (the Articles of Incorporation, or “statuts” in French). It also is a kind of label but the legal dimension of the concepts can make it something superior to a plain marketing label. It somehow institutionalize the social commitments of the company.

Companies with a “Capital Altruiste” are companies which commit themselves to sharing a (fixed) part of their profit with a given (set of) NGO(s). The NGOs may become a full shareholder in the company. These companies may not “be social” (or green or whatever) by their business purpose. They even could behave unethically (preferrably not, of course). Their new social role comes from the fact that they share a given portion of their annual profits to a non-profit, either by donating profits (patronage) or by donating shares (which I think is more aligned with Thierry Klein’s idea). It is a concept that tries to keep altruism and ethics apart from usual business operations. By accepting the worst of human nature (cupidity and social blindness of traditional corporations?), this concept suggests a way for putting altruism within the reach of any corporation and entrepreneur. “You don’t have to think of yourself as a social hero to serve altruistic purposes” does it seem to say. Sounds good too… as long as it does not says “social entrepreneurs are fools” or “social ventures are doomed to failure or eternal non-growth because they unrealistically rely on the good will of some social dreamer“. Sounds like a good concepts for pessimistic and/or cynical social entrepreneurs, doesn’t it ? A stimulating dimension of the concept of Capital Altruiste is that not only social capital (or profits from capital?) can be shared but also profits from intellectual property. The legal implementation of intellectual property being currently flawed, I think one should get beyond just saying “every music album you buy will trigger a donation of 5% of its price to an NGO”. But the idea of marrying open source licensing with some form of well-designed profit-sharing may lead to something interesting.

Last but not least, Michael Pirron’s model is more for optimistic-would-be-social-heroes. His for-profit venture (also a B-Corp) contracts with a non-profit. The non-profit becomes a customer of the for-profit (for instance, it can receive consulting services from the for profit if this for-profit is a consultancy), maybe with  preferential prices. And the for-profit also shares its profits to the non-profit. It sounds to me similar to one of the founding principles of the Economy of Communion and I appreciate this similarity. I will have to dig this concept and get more familiar with it.

As a conclusion, this is all about giving with some reciprocity. You can share profits, social capital or votes. You can share them with workers or non-profit organizations which have both been designated as the less-favoured stakeholders in our  sustainable development era. You can institutionalize this sharing in your articles of incorporation or just keep it as a management principle at least until it stabilizes a bit.

I personnally feel these concepts are still very experimental and shouldn’t be institutionalized unless you have very strong legal skills and agility. I don’t have employees so I’ll keep the “share-with-the-workers” concepts aside until I get into recruiting someone. I feel some appeal to the “share-with-an-NGO” thing but I still wonder which NGO to share with especially given the fact that NGOs are my customers !

Anyway, like my friends in the Economy of Communion sometimes say : “First, focus on generating something to share !” So let’s get back to business.

I hope I did not make too many mistakes in describing the concepts above : I am just stumbling upon them and still have to recover from surprise before understanding their principles and subtleties.

Tell me what you thing and don’t hesitate to refer to any similar concept I might have been missing.

Microsoft should hire some future-ex-Motorola researchers

Wednesday, June 18th, 2008

Motorola researchers are experiencing bad times these days : Motorola Labs is to shrink by half, including teams in Europe (possibly including the knowledge technologies team I was leading in Paris ?). At the same time, Microsoft announces its plan to open an R&D center in Europe, possibly in France or UK. And this center would be involved in enterprise search technologies (called knowledge technologies under different skies).

My former colleagues may appreciate this future job opportunity and might consider applying there. And Microsoft HR people may cut their recruiting costs by quickly getting in touch with experts in applied research on knowledge and search technologies ! Unless Google Labs or Yahoo consider opening a similar center in Europe some time soon ?

Les intercontrats internes en DSI

Wednesday, June 18th, 2008

Une SSII (Logica) recommande aux directions informatiques de reconnaître qu’entre 2 projets, leurs informaticiens se tournent un peu les pouces et que ce temps “d’intercontrat interne” doit être pris en compte dans le calcul (et la prévision) des coûts de l’informatique.

L’offre de mécénat de compétences en informatique de ma petite entreprise s’appuyant sur les temps d’inter-contrat en société de services en informatique, cela me fait forcément penser que, peut-être, un jour, les informaticiens des DSI pourraient transformer ces moments de tournage de pouces en coups de pouce pour des projets informatiques d’intérêt général.

D’un autre côté, il est déjà difficile pour certaines SSII d’admettre qu’elles ont de l’inter-contrat car un taux d’intercontrat trop élevé est un signe de mauvaise santé pour les analystes financiers (donc a une mauvaise influence sur le cours de l’action). Alors de là à faire admettre une chose similaire au DSI d’une grande entreprise, il y a un pas qu’on ne franchira peut-être pas tout de suite. Connaissez-vous un DSI prêt à admettre qu’il y a réellement de “l’intercontrat en interne” chez lui ?

Mécénat de compétences en informatique: marché d’avenir!

Tuesday, June 17th, 2008

Une étude commanditée par l’Admical, l’association pour le développement du mécénat, le confirme: ma petite entreprise de mécénat de compétences en informatique est bien sur un marché en croissance. Quelques chiffres extraits de l’étude [Edit: avec mes commentaires sans italiques] :

  • 64% du mécénat est le fait du secteur des services, “mes” mécènes sont des sociétés de service en informatique,
  • 47% des mécènes ont une action dans le secteur de la solidarité, c’est dans ce secteur que sont la plupart des associations que je représente,
  • 45% des entreprises de plus de 200 salariés font du mécénat de compétences (vs. 31% dans l’étude précédente), mon offre est un dispositif de mécénat de compétences en informatique, pour sociétés de services en informatique

Pierre Levy vs Tim Berners-Lee, round 0.1

Wednesday, May 14th, 2008

Yesterday, I attended a research seminar at the “Université de Paris 8″. Pierre Levy is a philosopher and professor and head of the collective intelligence chair at the University of Ottawa, Canada. He presented the latest developments in his work on IEML, which stands for Information Economy Meta Language. Things are taking shape on this side and this presentation gave me the opportunity to better understand how IEML compares to the technologies of the Semantic Web (SW).

IEML: not another layer on top of the SW cake

IEML is proposed as an alternative to SW ontologies. In SW, the basic technology is URI (Uniform Resource Identifier) which uniquely (and hopefully permanently) identify concepts (”resources”). Triples then combine these URIs into assertions which then form a graph of meaning that is called an ontology. IEML introduces identifiers which are not URIs. The main difference between URIs and IEML identifiers is that IEML identifiers are semantically rich. They carry meaning. They are meaningful. From a given IEML identifier, one could derive some (or ideally all?) of the semantics of the concept it identifies. Indeed these identifiers are composed of 6 semantic primitives. These 6 primitives are Emptiness, Virtual, Actual, Sign, Being, Thing (E,V,A,S,V and T) and were chosen to be as universal as possible, i.e. not dependent on any specific culture or natural language. The IEML grammar is a way to combine these primitives and logically build concepts with them (also using the notion of triples-based graphs). These primitives are comparable to the 4 bases of DNA (A,C,T and G) that are combined into a complex polymer (DNA) : with a limited alphabet, IEML can express an astronomically huge number of concepts in the same way the 4 letters-alphabet of DNA can express a huge number of phenotypes.

Meaningness of identifiers

When I realized that the meaningful IEML identifiers are similar in their role to URIs, my first reaction was of being horrified. I have struggled for years against “old-school” IT workers who tend to rely on database keys for deriving properties of records. In a former life in the IT department of big industrial corporation, I was highly paid to design and impose a meaningless unique person identifier in order to uniquely and permanently identify the 200 000 employees and contractors of that multinational company in its corporate directory. The main superiority in meaningless identifiers is probably that they can be permanent: you don’t have to change the identifier of an object (of a person for instance) when some property of this object changes over time (the color of the hair of the person, or Miss Dupont getting married and getting called Misses Durand while still keeping the same corporate identifier).

The same is true for URIs whenever it is feasible: if a given resource is to change over time, its URI should not be dependent on its variable property (http://someone.com/blond/big/MissDurand having to change into http://someone.com/white/big/MissesDupont is a bad thing).

The same may not be true when concepts (not people) are to be identified. Concepts are supposed to be permanent and abstract things with IEML (as in the SW I guess). If some meaningful semantic component of a given concept changes then… it’s no longer the same concept (even though we may keep using the same word in a natural language in order to identify this derived concept).

In the old days, IT workers used to introduce meaning in identifiers so that (database) records could more easily be managed by humans, especially during tasks like visually classifying or sorting records in a table or getting an immediate overview of what a given record is about. But this often got seen as a bad practice when the cost of storage (having specific fields for properties that used to be stored as part of a DB key) and the cost of computation (getting a GUI for querying/filtering a DB based on properties) got lower. More often that not, the meaningful key was not permanent and this introduced perverse effects including having to assign a new key to a given record when some property changed or managing human errors when the properties “as seen in the key” were no longer in sync with the “real” properties of the record according to some field.

That’s probably part of the rationale behind the best practices in URI design and web architecture: an URI should be as permanent as possible I guess, in order not to change when the properties of a resource it identifies change over time. Thus web architectures are made more robust to time.

With IEML, we are back to the ol’times of meaningful identifiers. Is it such a bad thing ? Probably not because the power of IEML relies in the meaningness of these identifiers which allow all sorts of computational operations on the concepts. Anyway, that’s probably one of the biggest basic difference between IEML and the SW ontologies.

Matching concepts with IEML

Another aspect of IEML struck me yesterday: IEML gives no magic solution to the problem of mapping (or matching) concepts together. In the SW universe, there is this recurring issue of getting two experts or ontologies agree on the equivalence of 2 resources/concepts: are they really the same concept expressed with distinct but equivalent URIs ? or are they distinct concepts ? How to solve semantic ambiguities ? Unless we get a solution to this issue, the grand graph of semantic data can’t be universally unified and people get isolated in semantic islands which are nothing more than badly interconnected domain ontologies. This is called the problem of semantic integration,  ontology mapping, ontology matching or ontology alignment.

A couple of years ago, I hoped that IEML would solve this issue. IEML being such a regular and to-be-universal language, one could project any concept onto the IEML semantic space and obtain the coordinates (identifier) of this concept in this space. A second person or expert or ontology could also project its own concepts. Then it would just be a matter of calculating the distance between these points in the IEML space. (IEML provides ways of calculating such distances). And if the distance was inferior to some threshold, 2 concepts could then be considered as equivalent for a given pragmatic purpose.

But yesterday, I realized that the art of projecting concepts into the IEML space (i.e. assigning an identifier to a concept) is very subjective. Even though a Pierre Levy could propose a 3000-concepts dictionary that assigns IEML coordinates (identifiers) to concepts that are also identified by a short natural language sentence (like in a classic dictionary), this would not prevent a Tim Berners-Lee to come with a very different dictionary that assigns different coordinates to the same described concepts. Thus the distance between a Pierre-Levy-based IEML word and a TBL-based IEML word would be … meaningless.

In the SW, there is a basic assumption that anyone may come with a different URI for the same concepts and the URIs have to be associated via a “same as” property so that they are said to refer to the very same concept. When you get to bunches of URIs (2 ontologies for instance), you then have to match these URIs which refer to the same concepts. You have to align these ontologies. This can be a very tedious, manual and tricky process. The SW does not unify concepts. It only provides a syntax to represent and handle them. Humans still have to interprete them and match them together when they want to communicate with each other and agree on the meaning that these ontologies carry.

The same is more or less true with IEML. With IEML, identifiers are not arbitrarily defined (meaningful identifiers) whereas SW URIs are almost arbitrarily defined (meaningless identifiers). But the meaningful IEML identifiers only carry human meaning if they refer to the same (or similar) human/IEML dictionary.

Hence it seems to me that IEML is only valuable if some consensus exists about how to translate human concepts into the IEML space. It is only valuable to the extent that there is some universally accepted IEML dictionary. At least for basic concepts (primitives and simple combinations of IEML primitives). The same is true in the universe of SW technologies and there are some attemps at building “top ontologies” that are proposed as shared referentials for ontology builders to align their own ontologies with. But the alignment process, even if theoretically made easier with the existence of these top ontologies is still tricky, tedious and costly. And the critical mass has not been reached in sharing the use of such top ontologies. There is no top consensus to refer to.

Pierre Levy proposes a dictionary of about 3000 IEML words (identifiers) that represent almost all possible low-level combinations of IEML primitives. He invites people to enhance or extend his dictionary, or to come with their own dictionaries. Let’s assume that only minor changes are made to the basic Pierre Levy dictionary. Let’s assume that several conflicting dictionary extensions are made for more precise concepts (higher-level combinations of IEML primitives) . Given the fact that these conflicting extensions still share a basic foundation (the basic Pierre Levy dictionary), would the process of comparing and possibly matching IEML-expressed concepts be made easier ? Even though IEML does not give any automagical solution to the problem of ontology mapping, I wonder whether it makes things easier or not.

In other words, is IEML a superior alternative to SW ontologies ?

Apples and bananas

Yesterday, someone asked: “If someone assigns IEML coordinates to the concept of bananas, how will these coordinates compare to the concept of apples ?” The answer did not satisfy me because it was along the lines of : “IEML may not be the right tool for comparing bananas to apples.”. I don’t see why it would be more suitable for comparing competencies to achievements than for comparing bananas to apples. Or I misunderstood the answer. Anyway…

Pierre Levy made much effort in describing the properties of his abstract IEML space so that IT programmers could start programming libraries for handling and processing IEML coordinates and operations. There even is a programming language being developped that allows semantic functions and operations to be applied to IEML graphs and to allow quantities (economic values, energy potentials, distances) to flow along IEML-based semantic graphs. Hence the name of Information Economy.

So there are (or will soon be) tools and services for surviving in the IEML space. But I strongly feel that there is a lack of tools for moving back and forth between the world of humans and the IEML space. How would you say “bananas” in IEML ? Assuming this concept is not already in a consensual dictionary.

As far as I understand the process of assigning IEML coordinates to the concept of “bananas” is somehow similar to the process of guessing the “right” (or best?) chinese ideogram for bananas. I don’t speak chinese at all. But I imagine one would have to combine existing ideograms that would best describe what a banana is. For instance, “bananas” could be written with a combination of the ideograms that mean “fruits of herbaceous plant cultivated throughout the tropics and grow in hanging clusters“. It could also be written with a combination of the ideograms that mean “fruits of the plants of the genus Musa that are native to the tropical region of Southeast Asia and Australia.” Distinct definitions of bananas could refer to distinct combinations of existing IEML concepts (fruits + herbaceous plant + hanging clusters + tropics or fruits + plants + genus Musa + Southeast Asia + Australia). Would the resulting IEML coordinates be far away from each other ? Could a machine infer that these concepts are closely related if not practically equivalent to each other ? How dependent would the resulting distance be on conflicts or errors in underlying IEML dictionaries ?

I ended the day with this question in my mind: How robust is the IEML translation process to human conflicts, disagreements and errors ? Is it more robust than the process of building and aligning SW ontologies ? Its robustness seems to me as the main determinent factor of the feasibility of the new collective-intelligence-based civilization Pierre Levy promises. If only there were a paper comparing this process to what the SW already provides, I guess people would realize the value of IEML.

Non aux agrégateurs de données personnelles

Thursday, November 22nd, 2007

J’aime bien cette lettre ouverte de Philippe Coueignoux adressée à la Commission Européenne, au sujet du rachat de doubleclick par Google. Le message, sur le plan technique, est le suivant: la personnalisation de la publicité ne nécessite pas la collecte, la conservation, le transfert, bref l’agrégation de données personnelles. Pour que le consommateur bénéficie de pubs personnalisée, on peut faire autrement (et mieux) que créer des Big Brother façon Google + doubleclick.

Ah, si seulement certaines “tech’companies” (suivez mon regard) réussissaient à le comprendre… Il y a là un marché à prendre et pourtant, tout le monde essaie de suivre Google et d’avoir sa part du gâteau dans le Big Brothership… :-( Merci Philippe Coueignoux! Je ne sais pas ce que vaut son alternative à lui mais son point de vue vaut de l’or. Après l’essor du “green business” (produits verts), on connaîtra peut-être enfin celui du “privacy business”?

Isabelle Aubry, femme formidable

Wednesday, November 21st, 2007

Votez. Votez pour qu’Isabelle Aubry remporte le “prix des femmes formidables” d’un magazine féminin (il suffit de 3 clics). Cela lui permettra d’importer en France une thérapie canadienne efficace pour aider des personnes “cassées” par l’inceste à se reconstruire.

Oui, oui, l’inceste. L’interdit absolu, une base de notre humanité. Le truc impensable. Le truc qu’on ne peut pas dire et qu’on peut encore moins imaginer. Le truc qui fait que tel(le) collègue, tel(le) ami(e) que vous avez a souvent le vague à l’âme sans que l’on sache trop pourquoi, le truc qui fait qu’un(e)tel(le) s’est suicidé(e) sans qu’on ait vraiment compris pourquoi, le truc qui fait que tel(le) autre a basculé dans la violence, la drogue, la prostitution ou tout banalement la maltraitance de ses enfants voire la pédophilie. Je connais et ai pas mal discuté avec des victimes de l’inceste, qui sont des survivants et survivantes de l’inceste (maintenant adultes), avec des histoires de famille (car c’est de ça dont il s’agit généralement) toutes plus horribles et plus banales les unes que les autres. Suis-je quelqu’un à part pour autant? Malheureusement non. Vous aussi, vous cotoyez probablement des survivants et des survivantes, mais sans le savoir. Si, si. Etre fier d’avoir survécu à l’inceste, et avoir la force d’en faire un combat, ce n’est pas courant. L’inceste est tû si ce n’est pas ignoré ou refoulé. Et pourtant, ses ravages invisibles se prolongent des dizaines années après et, malheureusement, peuvent parfois se propager de génération en génération sous une forme ou une autre. Vous n’y croyez pas? C’est que vous avez peut-être la chance de ne pas avoir découvert toute l’horreur de la chose.

Isabelle Aubry a créé l’association internationale des victimes de l’inceste (AIVI). Elle fait tout pour que le tabou de l’inceste soit levé, que les gens osent parler et écouter, pour que des thérapeutiques efficaces soient enfin proposées aux victimes et pour que l’inceste soit reconnu comme un crime par la loi (et non pas comme une forme comme une autre de viol ou d’abus sexuel, alors que ses conséquences psychologiques sont tellement plus lourdes). Bref, c’est une femme bien, j’en témoigne. Grâce à elle, peut être que l’on rétablira certaines priorités: vaut-il mieux s’offusquer du fait que des pédophiles utilisent Internet pour leurs perversions? s’effrayer que des “prédateurs” enlèvent les petits enfants? ou bien commencer à s’intéresser aux victimes de l’inceste, dans toute la banalité de l’horreur qu’ils ont vécu, loin d’Internet et des kidnappeurs télégéniques mais trop près de certains membres de leurs familles dysfonctionnelles?

Enfin bon, vous avez compris le message: votez pour Isabelle Aubry sinon je vous fais les gros yeux (en général, c’est une menace qui marche bien avec mes enfants).