Apprendre selon ses propres besoins avec l’adaptive learning

June 25th, 2014

A l’occasion d’un échange avec un journaliste intéressé par l’adaptive learning, je vous propose cette petite synthèse des principales infos qui m’ont marqué ces 2 dernières années en matière de technologies de personnalisation des apprentissages, également appelées “adaptive learning” :

  • 2014-06-09 : Un bon article introductif sur l’adaptive learning (abonnement gratuit nécessaire) rappelle que les bénéfices pédagogiques de l’adaptive learning sont parfois ambigüs et nécessitent des travaux complémentaires de recherche scientifique (via Modern Learners).
  • 2014-06-04 : Une entreprise japonaise fournisseur de technologies d’apprentissage adaptatif s’associe avec le petit-fils de Jacques-Yves Cousteau pour proposer des cours d’océanographie gratuits (via Edukwest).
  • 2014-06-03 : Les acteurs américains de l’enseignement privé continuent d’investir des dizaines de millions de dollars sur l’adaptive learning et élaborent des partenariats entre éditeurs de contenus et fournisseurs de technologie logicielle (via Inside Higher Ed).
  • 2014-04-20 : Une autre bonne introduction générale sur l’adaptive learning : elle souligne que ces technologies en sont encore à leurs balbutiements et on ne sait pas encore lequel, parmi différents modèle pédagogique basés sur l’individualisation algorithmique des apprentissages, fera ses preuves et se développera de manière durable (via Distance Educator).
  • 2014-04-13 : Le système éducatif actuel a été organisé pour l’instruction des masses à l’époque de la révolution industrielle. Il n’est plus adapté au fonctionnement de l’économie moderne. L’individualisation des apprentissages permise par les technologies logicielles d’apprentissage adaptatif pourrait être une solution pour remettre ce système en phase avec les besoins d la société d’aujourd’hui (via Distance educator).
  • 2013-12-20 : Les entreprises américaines fournissant des technologies d’ “adaptive learning” continuent à lever des fonds importants mais la recherche scientifique ne prouve pas d’impact pédagogique spécifique pour ces technologies (via Hack education).
  • 2013-04 : La fondation Bill et Melinda Gates finance la production d’un état de l’art en matière d’adaptive learning (via Ed Growth Advisors).
  • 2013-03-21 : Les 2 acteurs qui accumulent le plus de données éducatives individuelles et de technologies de personnalisation adaptative sont Knewton (une entreprise) et la Khan Academy (une association non lucrative). Si l’enseignement (notamment supérieur) et la formation (notamment professionnelle) continuent à s’organiser sous la forme d’un espace mondialisé (marchand et de partage non marchand), alors ces 2 acteurs pourraient en devenir les leaders mondiaux et rompre définitivement l’équilibre économique des institutions éducatives traditionnelles (innovation “de rupture”) (via Forbes).
  • 2013-02-19 : La personnalisation, c’est le coeur de la pédagogie. Les technologies de personnalisation éducative constituent “naturellement” une tendance majeure pour l’innovation technopédagogique depuis quelques années. (via Core-Ed).
  • 2012-06 : La fondation Bill et Melinda Gates finance la création d’un institut universitaire non lucratif, à distance, grâce aux technologies d’apprentissage adaptatif (via la Gates Foundation).
  • 2012-02-22 : L’Inde, pour faire face à son développement économique et à ses besoins croissants en formation doit construire 50.000 instituts universitaires et aurait besoin d’1 million d’enseignants supplémentaires. Pour faire face à l’ampleur de ces besoins, elle pourrait être tentée d’investir massivement dans les technologies logicielles d’apprentissage adaptatif en ligne (via Forbes).

Ne nous y trompons pas : l’actualité sur l’adaptive learning s’accélère nettement ces derniers mois, mais nous sommes sur une tendance de fond et qui prendra encore quelques années avant de trouver sa pleine maturité économique, technologique et pédagogique.

Indiscrétions de Faraday et blindage électromagnétique

June 9th, 2014

J’ai un copain qui est un peu parano. Il a peur que la NSA, Apple, son opérateur télécom, le gouvernement ou un pirate malveillant ne le localisent. Faut dire qu’il a une vie amusante… Il va dans des endroits où il n’est pas censé aller. Il va voir des gens qu’il n’est pas censé voir. Alors forcément, le fait d’avoir son iPhone dans sa poche l’inquiète. Si il le laisse allumé, son téléphone va communiquer avec les antennes-relais autour de lui et il laissera des traces électroniques de son passage. Ca ne ferait pas bien sur son CV ou dans les journaux.

Bien sûr, il y a le mode “avion” qui est censé couper toute communication entre son téléphone et l’extérieur. Le problème, c’est que mon copain, il n’a vraiment pas confiance dans la technologie. Et si son téléphone prétendait être en mode avion alors qu’il laisserait derrière lui des traces de petit poucet ? Pas moyen de faire confiance à un morceau d’électronique corrompu.

Bien sûr, il peut carrément éteindre son téléphone. Mais, de nos jours, ce n’est pas parce qu’un écran est éteint qu’un téléphone est silencieux. Pas moyen de faire confiance à un écran. Si son téléphone n’était pas un iPhone, il pourrait toujours en retirer la batterie. Mais, même dans ce cas, les condensateurs dans le téléphone ne suffiraient-ils pas au vicieux téléphone pour, dans un dernier sursaut de malveillance, laisser UN petit caillou blanc mal placé qui le localiserait là où il n’est pas censé aller ?

Bien sûr, il peut d’abord veiller à vider la batterie de son téléphone en le laissant allumé le plus longtemps possible puis en tentant de le rallumer plusieurs fois alors même qu’il s’était éteint faute de courant suffisant. Mais il reste au moins à l’iPhone suffisamment d’énergie pour dire qu’il ne lui en reste plus. Et si il est corrompu, rien ne dit qu’il ne lui en reste pas plus, juste suffisamment pour signaler son passage auprès d’une antenne relais.

Bien sûr, il peut enlever la carte SIM de son téléphone. Il faut appuyer sur le micro-bouton sur la tranche de l’iPhone et retirer la carte SIM pour que celle-ci ne puisse plus l’authentifier sur le réseau. Mais cela suffirait-il à empêcher Big Brother et le téléphone corrompu à échanger un numéro de série auprès d’un antenne réseau mal placé ? Après tout, l’identifiant IMEI de son téléphone est justement là pour ça : pour permettre d’identifier un téléphone sans carte SIM sur le réseau. Alors l’absence de carte SIM ne suffit pas à le rassurer.

Bien sûr, il peut se fier à Mère Nature et ses sacrées lois de la physique pour détériorer la performance de l’antenne du téléphone. Il peut, par exemple, envelopper son iPhone dans une feuille de papier aluminium en veillant à ce que la feuille touche bien la tranche métallique du boîtier (il faut enlever le téléphone de son éventuel étui). Ainsi, il devrait réussir à modifier l’impédance de l’antenne et diminuer la puissance (et la sensibilité ?) de celle-ci. Mais cela risque de ne pas suffire. S’il s’approche trop près d’une antenne relais, le signal risque de passer et sa paranoïa n’aura servi à rien.

Bien sûr, il peut lire plus avant le texte des lois et créer un blindage électromagnétique (cage de Faraday) autour du téléphone pour bloquer toute communication. Pour cela, il doit enfermer hermétiquement son téléphone dans une boîte métallique. Etant données les fréquences de son téléphone (de 900 MHz à 5 GHz), peu importe le métal dont est constitué la boîte du moment qu’il conduit assez bien l’électricité : boîte en fer blanc, en autre type d’acier, en fer, en aluminium, en cuivre, en or, peu importe… Mais si les parties métalliques de son téléphone (ou, dans notre cas, le papier aluminium qui emballe son téléphone) viennent à toucher le métal de la boîte, celle-ci risque alors de se transformer en extension d’antenne et de relayer le signal au lieu de le bloquer.

Bien sûr, il peut veiller à isoler électriquement le téléphone de la boîte en enveloppant téléphone et papier aluminium dans un étui en mousse ou en film plastique (épais si possible). Ainsi isolée électriquement, la boîte métallique peut faire blindage. Mais si sa boîte n’est pas suffisamment hermétique, le signal de son téléphone s’échappera et ses efforts n’auront servi à rien.

Bien sûr, il peut veiller à la boîte soit hermétiquement close. En fait, la boîte peut avoir des trous de petit périmètre, ce n’est pas bien grave. Mais elle ne doit pas présenter de fente longue, de plaques disjointes entre elles, de fil ou prise qui entre ou sort de la boîte, et encore moins de couvercle mal ajusté ou mal posé sur la boîte. Puisqu’il faut ouvrir la boîte pour y mettre le téléphone, il y a forcément un couvercle ou une trappe. Ce couvercle, lui-même doit alors assurer un excellent contact électrique avec la boîte : pas de couvercle tordu, bosselé ou ne touchant la boîte que sur un demi-millimètre carré. Il doit toucher la boîte sur l’ensemble de son pourtour et la surface de contact entre le couvercle et la boîte doit être la plus grande possible, et sans peinture ni vernis. Les radio-amateurs ayant besoin de blindage utiliseraient souvent un pot de peinture vide et métallique car le couvercle (lui-même métallique) s’y ajuste hermétiquement et par contact métal sur métal. Mais si, malgré ses efforts, le couvercle n’est pas en contact électrique suffisant avec la boîte, ses efforts auront été vain.

Bien sûr, il peut compléter le contact électrique entre la boîte et son couvercle en enveloppant ceux-ci dans du papier aluminium ou du rouleau métallique adhésif de plombier (à condition que la colle de l’adhésif ne soit pas isolante…). Avec un bon blindage électromagnétique, la puissance de son téléphone peut être atténuée de plusieurs dizaines voire centaines de decibels. Mais ces bestioles électromagnétiques sont tellement puissantes et sensibles que, si il passe à proximité immédiate d’un antenne relais (quelques mètres, voire quelques dizaines de centimètres), le blindage risque de ne pas suffire et le signal risque de réussir à traverser.

Bien sûr, il peut multiplier l’efficacité du blindage en choisissant une boîte au métal épais : plutôt qu’avec l’épaisseur de métal d’une cannette de soda ou d’une boîte de conserve, il peut choisir une bonne vieille boîte en acier épais de 1 ou 2 millimètres et mutiplier d’autant l’atténuation permise par son blindage. Mais, vues les hautes fréquences utilisées par les téléphones, un pouième de millimètre d’épaisseur devrait suffire.

Résumons ce à quoi sa paranoïa devrait le mener :

  • mettre son téléphone en mode avion,
  • laisser son téléphone allumé jusqu’à ce que la batterie soit vide puis tenter plusieurs fois de le rallumer pour l’épuiser un peu plus encore,
  • éteindre son téléphone,
  • retirer la carte SIM,
  • emballer son téléphone dans quelques épaisseurs de papier aluminium bien en contact avec la tranche métallique du téléphone,
  • glisser le tout dans un étui de mousse ou de plastique isolant et épais,
  • choisir une boîte au métal épais et au couvercle (lui-même au métal épais) très largement en contact avec la boîte sur tout son périmètre et glisser le téléphone dedans,
  • parfaire le contact électrique entre la boîte et son couvercle en enveloppant à nouveau le tout dans du papier aluminium,
  • à ce stade de paranoïa, il peut également brûler un cierge et faire une prière vaudou ou encore, plus simplement, laisser son téléphone chez lui !

D’ailleurs, si il veut tester l’efficacité de ces divers emballages, il peut d’abord y mettre son téléphone allumé et avec carte SIM, se mettre à proximité immédiate d’une antenne relais et essayer d’appeler son téléphone depuis un autre téléphone pour voir si celui-ci se met à sonner.

Mais tout cela n’aura servi à rien si il a ignoré une règle de base de la sécurité informatique : la plupart des fuites d’information ne sont pas dues à des dispositifs numériques défaillants mais à des faiblesses bien humaines. Avait-il imaginé que la bonne amie à qui il allait ainsi discrètement rendre visite, une fois abandonnée par lui suite à un revers de fortune amoureuse, se consolerait dans les bras du cousin de la grand-mère du concierge d’un journaliste influent ?

Et vous, que conseilleriez-vous à mon copain parano ?

Quelques liens complémentaires pour en savoir plus :

How to test lean canvases in the optimal order ?

April 20th, 2014

I have portfolio of lean startup ideas or one startup idea but several versions for its lean canvas. And I have a limited capacity for testing these ideas. I can’t test all of them simultaneously and I wonder : which one should I start testing first ? which lean canvas should I start with ?

First, let’s remember why we always start testing the most uncertain hypothesis when given one canvas. For your startup to be a success, all of the hypotheses in the canvas have to be tested and validated as true. Hence the cost of testing the whole canvas : it is the sum of the costs for testing each and every of its hypotheses. You test the canvas and test it further and cumulate testing costs. But if ever the hypothesis you just tested is false, you have to pivot and start again with a modified canvas, a new version of your canvas, or you have to put that project aside and further test another one. You therefore hope you start by testing a false hypothesis rather than a true one. You’d rather spend as low as possible before invalidating the whole canvas. By failing fast, you limit the cost of testing the whole canvas and you can start with an hopefully better version or give up with this project. In other words, you should try to pick the hypothesis which has the highest probability of being false. That’s the most uncertain hypothesis.

But one has to notice that some tests are expensive while others are cheap. How to take the cost of testing into account ? You should multiply the probability of each hypothesis with the cost required for testing it. You then pick the hypothesis which has the lowest product of probability and testing cost. Given a lean canvas, you can annotate your hypotheses :

  • P=1 for low probability hypotheses, P=2 for medium probability, P=3 for high probability,
  • C=1 for low cost tests, C=2 for medium cost tests, C=3 for most expensive tests

You then multiply P and C and get P*C products from P*C=1*1 =1 to P*C=3*3=9 and start with the lowest P*C hypothesis.

Now, let’s get back to my initial problem. I have a portfolio of lean startup ideas and have to pick the first one to be tested. Which idea should I pay the most attention to first ?

Let’s calculate the probable cost for testing a whole canvas. This cost is not the sum of the cost of each and every hypothesis in this canvas because I may have to abandon this canvas as soon as one of its hypotheses is proven to be false.

Let’s call :

  • H1, H2, …, H9 the 9 hypotheses in this canvas, in their order of testing (lowest P*C first)
  • p(H1), p(H2), …, p(H9) the probabilities of these hypotheses (0 <= p(Hi) <= 1)
  • c(H1), c(H2), …, c(H9) the cost for testing these hypotheses
  • C the probable cost of testing this whole lean canvas of hypotheses

At first, there is the cost of testing H1. If H1 is found to be true, you then have the cost of testing H2. But we don’t know beforehand if H1 is true or false. We have to take the probability of H1 into account before adding the cost of testing H2. So the cost of testing one whole canvas is :

C = 1*c(H1) + p(H1)*c(H2) + p(H1)*p(H2)*C(H3) + … + p(H1)*p(H2)*…*p(H8)*c(H9)

Let’s assume that all of these costs have the same order of magnitude. Then the terms on the far right of this sum are negligible compared to the first terms. In other words, you don’t have to calculate all of these items and you can approximate the cost of testing the whole canvas :

C =~ c(H1) + p(H1)*c(H2)

or even, assuming that p(H1) =~ 0 (it’s the most uncertain hypothesis) and c(H2) =~ c(H1) (they are of a same order of magnitude), you can further approximate :

C =~ c(H1)

So the cost for testing a whole canvas is approximately equal to the cost for testing its most uncertain hypothesis, or its hypothesis with the lowest product of cost and probability.

Now I have my collection of lean canvases and I can calculate the probable cost of their testing :

  • for each canvas, I have to identify its hypothesis H1 with the lowest product of cost and probability,
  • the probable cost for testing this canvas is approximately the cost of H1

What is my collection made of ? Let’s say it’s a collection of several versions of a same project. On one hand you hope your first attempted canvas will be the right one so that you don’t spend time and effort testing bad versions. On the other hand you have to take the cost of testing into account and would prefer cheap tests to expensive ones. So your best version is the one with the best ratio of probability to cost. You want to maximize P / C.

We know C =~c(H1) but what’s the total probability of a canvas ? It’s the product of the probabilities of its hypothesis :

P = p(H1) * p(H2) * … * p(H9)

So :

P / C =~ p(H1) * p(H2) * … * p(H9) / c(H1)

Let’s call :

  • version A and version B the versions of canvas to be compared and optimally ordered for testing
  • H1A, H2A, …, H9A the hypothesis in version A of the canvas
  • H1B, H2B, …, H9B the hypothesis in version B of the canvas
  • PA and PB the probabilities of version A and version B
  • CA and CB the costs for testing version A and version B

We want to compare the probability to cost ratio of these 2 canvas :

PA/CA =~ p(H1A) * p(H2A) * … * p(H9A) / c(H1A)
PB/CB =~ p(H1B) * p(H2B) * … * p(H9B) / c(H1B)

For this comparison, let’s calculate PA/CA * CB/PB. Is it more or less than 1 ?

Given that these are 2 versions of the same lean startup projects, they probably share a significant number of hypotheses. You can eliminate these hypothesis and only keep this limited number of hypotheses which differ from A to B, which we will call :

  • HiA, …, HnA in version A
  • HiB, …, HnB in version B

So :

PA/CA * CB/PB =~ ( p(HiA) * … * p(HnA) ) / ( p(HiB) * … * p(HnB) ) * c(H1B) / c(H1A)

If only one hypothesis Hi differs from A to B, you then have to compare p(HiA)/c(H1A) and p(HiB)/c(H1B). In other cases, the product of several probabilities will … probably… be more different from version A to version B than the cost of their first hypothesis (which may even be the same hypothesis) and you can then approximate :

PA/CA * CB/PB =~ ( p(HiA) * … * p(HnA) ) / ( p(HiB) * … * p(HnB) )

In other words, you simply want to start with the most probable version and only take cost into account if you can’t make up your mind considering probabilities only.

You then take the version with the cheapest first test.

Now let’s add one last difficulty : my portfolio is a collection of distinct projects which I want to test in an optimal order. You want to maximize the probability of validating a high value canvas with a minimal testing cost. So you have to estimate :

  • V the value of each canvas (assuming they will be proven to be true and successful)
  • P their respective probability
  • C the cost for testing their first hypothesis (their least probable and cheapest hypothesis)

And you want to pick the project with the highest V*P/C

Assuming that the cost for testing hypotheses is of the same order of magnitude from project to project, you can consider V*P only and pick the project with the highest V*P value (unless your V*P values are similar and one of the first hypotheses has a surprising cost which you then have to take into account).

Let’s summarize… Given a collection of lean startup projects described as canvases. Some projects may have several versions of their canvas. And each canvas is a set of 9 hypothesis. You want to pick the best hypothesis to start testing :

  1. First, for those projects with several versions, only consider the most probable version and put the other versions aside
  2. Now order your projects by value according to their value assuming they are successful and group them into 3 classes :
    • V=1 for projects with lowest value,
    • V=2 for projects of medium value
    • V=3 of highly valuable projects
  3. Do the same with their probability of success in 10 years
    • P=1 for the most risky projects
    • P=2 for mediumly risky projects
    • P=3 for projects with a higher chance of success
  4. Pick the project with the highest P*V value. In case of tied projects, restart steps 2 and 3 with these projects only and discriminate them. If you can’t make up your mind, go on with step 5 for each of the remaining projects and pick the one with the cheapest first test.
  5. Hopefully you selected one project. Rate the costs and probabilities of its 9 hypotheses, pick the one hypothesis with the lowest product of cost and probability (or further discriminate your best hypotheses by rating them once again).
  6. Test this hypothesis.
  7. Hopefully your test was a success, meaning that you know your hypothesis was true (you should be surprised given it was the least probable in this canvas) or false (which still means the test was a success: this is validated learning). What to do now ? If the hypothesis is false, this canvas is invalidated and you have to pick another one. If the hypothesis is validated as true, this project just turned even more probable. But maybe your portfolio now contains new projects or this test gave you ideas for even more valuable versions of the canvas of this project ? So get back to step 1 !
  8. Finally, what if your test takes a long time before validating or invalidating its hypothesis (e.g. you have to wait for an appointment or for the next season of activity) ? Which hypothesis to test next ? You should get back to step 1 but consider that the hypothesis which is still being tested still has the same probability but its cost is now null (or diminished by the amount of time and effort spent on starting its test and waiting for results). So the probability of its canvas is still the same as before but its cost is approximately the cost for testing its next hypothesis plus the cost for finishing the first test.

That’s it. Now how do YOU proceed practically speaking for ordering your portfolio ? How do you optimize the ordering of tests in your portfolio of hypotheses without wasting time and effort and over-optimizing ?

Découvrir reddit en français.

May 15th, 2013

Qu’est-ce que reddit ? Une introduction en français…

C’est un site de social bookmarking qui :

  • a connu récemment un essor important mais reste méconnu en France, malgré 400 millions de visiteurs uniques en 2012,
  • réunit des communautés avec des règles distinctes, surtout anglophones, même si il y a quelques communautés francophones (cf. ci-après),
  • permet de commenter et voter sur les commentaires et sur les liens ou textes postés dans les communautés, avec un système de points de réputation (karma) pour réguler et filtrer les conversations,
  • réunit des communautés débiles voire illégales, mais aussi des communautés très intéressantes y compris pour les professionnels de l’éducation, de la formation, de l’innovation et du numérique,
  • fournit les fonctionnalités d’une plate-forme d’innovation participative et d’une plate-forme de veille collaborative

Je vous invite à découvrir reddit via ces articles en français :

Pour éviter de vous noyer dans les photos de lolcatz et autres memes, le mieux est de personnaliser la page d’accueil en créant votre compte puis de vous abonner à des communautés intéressantes et de vous désabonner des communautés les plus polluantes. Voici ma sélection de communautés.

Les reddits (anglophones) les plus en liens avec l’éducation et la formation (je bosse dans ce secteur) :

Quelques reddits liés à l’accessibilité (handicap) :

Quelques reddits francophones :

Mais aussi :

Les autres reddits qui m’intéressent le plus :

Les reddits les plus polluants à mon sens :

Et vous, quels sont les reddits que vous trouvez les plus intéressants ?

A/B split testing with Plone

May 1st, 2013

I have a deep interest in the lean startup method. One of the favorite tools of the lean startuper is A/B split testing. My favorite software package is Plone. Can Plone be used for A/B split testing without having to develop a specific python product ? The answer is probably yes.

Here is my recipe for a starter toward A/B split testing with Plone :

  1. take a fresh Plone
  2. add a PloneFormGen
  3. add a “Thank you” page for each and every option you want to test ; note the ID of the pages (e.g. page “optionA” and page optionB”) ; the user will be redirected to one of these pages
  4. add a text field to the form (multiple-lines text field not one-line string field)
  5. override the default value of this field with the following tales expression :

    python:[random.seed(str(request.AUTHENTICATED_USER) + request.REMOTE_ADDR), random.choice([i.getId() for i in here.aq_parent.aq_inner.listFolderContents(contentFilter={"portal_type" : "FormThanksPage"})])][1]

  6. make the text field a hidden and server-side field
  7. overrides the form’s custom validation action with the following expression :

    redirect_to:request/form/page

    where “page” is the ID of the text field you set up above.

  8. add a Data Recorder to the form so that the value of the “page” field gets recorded

What do we have now ? We have a form with a button. When the user clicks on the button, she is randomly redirected toward one the several “Thank You Pages” that you have defined. The redirection is based on the IP address of the user and her username if she is authenticated. The redirections are uniformly distributed against your destination pages. And they are recorded in the data record field.

You A/B split test is not complete and several further steps must be taken before this is a fully operational solution but that was an enjoyable hack to make for me. Have fun with it and tell me how you would proceed with split testing and continuous deployment using Plone !

Lifeventure.me makes your wisdom shareable and actionable

April 7th, 2013

Jose is a former colleague of mine (Motorola…), experienced business developer and social entrepreneur. His new startup LifeVenture.me has a mission. It “will make the wisdom of the world’s citizens searchable and actionable” by capturing the memories and wisdom of ageing persons on a tablet. You should check the video presenting his iPad app here.

The topic of his new venture sounds very much exciting and I can relate to it. In a few days this month, my grandfather will be exactly 100 years old ! It will be a huge family celebration and he certainly will enjoy it even though he will claim he is in his 101st year now and we are one year late (as he always says at his birthday celebrations).

He wrote his memoirs. My sister and my mother compiled them as a family book along with some pictures of him. We had it printed about 50 times and every family member got its book. We also regularly celebrate him with sorts of “derived” family products such as a tee-shirt with the portraits of his children, grand-children and grand-grand-children printed all over the back of the shirt.

The daughter of my grandfather (i.e. my mother) has been building our family tree online for years. His other daughter (my aunt) tried to start a public writer freelance career lately. Her old customers want to have their memories written by means of her interviewing them and the audio then being transcribed and edited.

My other grandfather died without written memories and his son (my father) and I do regret this.

As a member of a somewhat large latin-styled family, I sometimes have discussions with my parents and relatives about how to best share the collective wisdom of our elders and build on it. But we haven’t found any convenient-enough solution. Writing memories and compiling memoirs is quite a hard and tedious process. It also sounds vain to some (hence possibly the reason why my other grandfather didn’t bother writing his).

Some thoughts about the LifeVenture app now :

At first glance (I just watched the video and the iPad app has not been released yet), the process of filling the questionnaire sounds a bit tedious and a bit cumbersome. Especially given the fact that once it’s filled you can’t go back to it. I can guess this questionnaire may relate to the experience of Jose in the field of personal health records management. Couldn’t writing one’s memories rather be turned into an enjoyable and social or familial activity through some sort of gamified interviewing process ? Maybe it would give more opportunities to have conversations and visits from grand-children who would get a solid collective project to share with their ancestor. I remember having had cumbersome conversations with my now-gone grandmother on the phone. What to ask her beside how she feels (bad…) and how her day was (as the day before…) ?

It also makes me think of these japanese community organizations where younger adults visit elders in the neighbourhood and ask them to make paper flowers which are then sold even though the price does not cover the cost of the visit and hide the real reason of this system : getting a solid excuse for multiplying social activities with some isolated ageing persons. Good excuses are important sometimes.

Maybe the LifeVenture app would also give the opportunity to distribute all sorts of derived personalized products for the birthday or christmas of the ageing person or for family celebrations. Another business model option may also be to have the app act as some kind of controlled marketplace for “public writers” who would offer families the option of having memories recorded, transcribed and edited through the app. These writers may be living in developping countries and offer low cost services. Such a business model may also create jobs for people in the need, Samasource-styled. Interviews may be recorded and controlled in order to prevent abuse of older people. Interviewers may require some accreditation and privacy should be strictly enforced.

Some more suggestions for entrepreneurs such as Jose, from my recent experience founding Wecena and then at the Cned innovation department : has he heard about the “lean startup” movement ? he must have. Did he take 30 minutes to write down his business assumptions under the form of a business model canvas ? He should have. Does he start his new venture by validating his assumptions about customers problems before building his iPad app ? He most probably should. Does he try to get pre-sales for his app before building it ? He should. Does he read Steve Blank’s blog ? He should ! Did he follow the Lean Launchpad MOOC and buy Steve Blank’s Startup’s Owner Manual ? He may find them much useful even as the experienced entrepreneur and business developper he is.

You’ve got it : I am now a big fan of Steve Blank’s take on how to search for a valid business model. I sincerely regret not having known this when I launched my 2nd startup 4 years ago. Maybe my love for the Lean Startup hype is making me blind and won’t last long. I don’t think so but time will tell. Meanwhile I’d be more than happy hearing from Jose on such topics.

Jose, let’s have a call soon so that I can share with you my enthusiasm about your project ! See you soon, Jose !

vers du wecena 2.0 ?

March 31st, 2012

64 informaticiens ont fait du wecena pendant leur intercontrat depuis notre démarrage il y a 4 ans, pour un total d’environ 700 jours.hommes de prestations numériques au profit d’associations dédiées à l’accessibilité (handicap), l’éducation ou l’insertion sociale. C’est bien. Mais c’est loin d’être assez. C’est notamment insuffisant pour continuer à faire bouillir la marmite familiale et je ne peux tout simplement pas continuer à en vivre. Il me faudrait au moins 3 équivalents-temps-plein de contributeurs en intercontrat pour être à l’équilibre. Cet équilibre a été atteint et dépassé au premier semestre puis 2 des 3 SSII mécènes les plus importantes ont suspendu leurs envois de nouveaux contributeurs et ne reprennent que petit à petit. Depuis début 2012, je tourne à 1 équivalent-temps-plein, soit une rémunération d’un tiers seulement de ce qui est nécessaire pour ma famille. Du point de vue chiffres, il est temps de tirer une conclusion : le wecena est un échec.

Que peut-on en apprendre ? Voici mes impressions :

  • Le wecena est un modèle économique innovant et compliqué. Il nécessite un effort d’éducation des SSII que j’avais sous-estimé. Je tablais sur des délais de vente initiaux d’environ 9 mois à 1 an (classique pour de la vente de service en B2B) mais, bien souvent, il a fallu entre 18 mois et 2 ans entre la rencontre initiale avec la SSII (“Le wecena ? J’ai compris, quelle bonne idée ! Ça va motiver nos salariés et ça ne va pas nous coûter grand chose !”) et le premier contributeur en intercontrat effectivement mobilisé pour une association. Bien souvent, mon interlocuteur à la communication ou aux RH doit convaincre son comité de direction et ce n’est pas choses facile. Sur des aspects plus techniques, comme par exemple le calcul des économies d’impôts permises par le mécénat, la plupart des SSII vérifient le calcul avec moi et se l’approprient. Mais j’ai été surpris dans 10% des cas, de rencontrer des “comptables” d’entreprises (internes à l’entreprise et non des cabinets d’expertise comptable) qui n’arrivaient pas à comprendre comment calculer correctement l’économie d’impôts sur les sociétés permise d’une part par un don en nature (avec perte de déductibilité des charges faisant l’objet du don) et d’autre part par un don en numéraire (pour laquelle l’impact de la réintégration extra-comptable est nul puisqu’il s’agit de donner une part de bénéfices qui sont imposés dans tous les cas, avec ou sans don). Les entreprises françaises ne sont pas habituées au mécénat. Elles sont encore moins habituées au mécénat de compétences. C’est encore moins le cas dans le secteur des SSII. Et lorsqu’il s’agit de calculer quel montant d’économie d’impôts peut être consacré au financement d’un projet, certains contrôleurs de gestion ou chargés de comptabilité s’arrachent les cheveux. C’est compréhensible.
  • La RSE et le mécénat ne sont pas une urgence pour les SSII. Lorsque le wecena est mis à l’ordre du jour du comité de direction, c’est en tout dernier item sur la liste et il est donc reporté de CODIR en CODIR… Quand la décision est prise, les choses trainent, le passage à l’acte souffre d’autant plus de l’inertie de l’organisation que la conduite de ce changement ne revêt aucun caractère d’urgence pour le business : RH, image, éthique, convictions personnelles, les enjeux sont trop “soft” et pas assez cash. Le wecena est relégué sur la voie des véhicules lents. Aux yeux du business, la moindre affaire sera toujours plus urgente que l’optimisation des intercontrats (à moins que celle-ci ne rapporte du cash, mais c’est une autre histoire).
  • La RSE et le mécénat sont parfois réduits à un outil de communication corporate. Pour pouvoir communiquer sur sa RSE, il suffit parfois de recueillir un témoignage de salarié, inutile d’en mobiliser 100 sur l’opération. Il n’y a pas besoin de s’engager sur du volume, ou de faire bouger son entreprise pour mobiliser un grand nombre de salariés. Communication corporate ne rime pas avec volume, valeur économique et impact social. Donc une fois qu’un contributeur a été envoyé sur un projet (voire même avant), la SSII communique publiquement sur son engagement et ne se sent pas vraiment obligée de traduire son engagement par du volume ou de la régularité. Ce n’est pas de l’engagement sérieux.
  • Un projet RSE qui ne rapporte pas de cash a une valeur quasi-nulle pour les dirigeants de SSII. De nombreuses SSII ont refusé de faire du wecena au motif que le mécénat ne rapporte d’argent immédiatement : le mécanisme fiscal est utilisé pour financer la formation et l’encadrement des contributeurs en intercontrat, pas pour être encaissé par l’entreprise mécène. L’utilité sociale auprès des personnes démunies n’a pas de valeur pour la plupart des dirigeants de SSII. Pire, les bénéfices qu’en tirent sa société sur le plan de la gestion des ressources humaines (motivation des salariés, fierté d’appartenance, …) sont négligeables pour la plupart d’entre eux. Les dirigeants les mieux renseignés au sujet du développement durable et du concept de “triple bottom line” argumentent : ” Si le mécénat ne rapporte pas d’argent, c’est qu’il ne s’agit pas de développement durable puisqu’il ne produit pas un impact positif sur la bottom line financière” et en concluent : ” On veut bien faire du wecena, mais uniquement si ça rapporte du cash”. Autrement dit : ” Si le wecena ne nous rapporte pas de cash, ça ne nous intéresse pas, et ce même si ça ne nous coûte rien. ” Au final, seuls les plus convaincus acceptent d’en faire. Mais un peu trop “à la légère” pour la plupart d’entre eux.
  • Convaincre une SSII de faire du mécénat, ça ne suffit pas à la convaincre d’en faire beaucoup et régulièrement. Il y a celles qui en font “pour la communication” et se satisfont donc d’un maigre volume. Et il y a celles qui en font “pour les RH” mais, même dans ce cas, la frustration des porteurs RH est grande devant l’incompréhension et le manque d’enthousiasme et d’attention des dirigeants commerciaux. Dans le secteur de sous-traitance qu’est celui des SSII, la culture commerciale l’emporte largement sur celle du développement des ressources humaines. Et même quand le comité de direction est enthousiaste et partant, le moindre coût de Trafalgar sur le business met le mécénat en danger : ce n’est pas une priorité et ça passe à la trappe si le RH a d’autres soucis à gérer pour un temps. Le mécénat est la dernière roue du carrosse, juste après les RH vus comme centre de coût voire comme un luxe inutile. “Faire de la RSE” en soi ne suffit pas, “occuper utilement les intercontrats” non plus, rendre ses salariés heureux ou fiers d’eux-même ou de leur société est un luxe.
  • Ce qui freine la RSE, ce n’est pas son coût mais la difficulté à en percevoir et à en communiquer la valeur aux parties prenantes. Dans ce contexte, le modèle économique du wecena est trop compliqué. Ce DG de SSII l’avait bien compris : ” Monsieur Millerat, j’ai beaucoup de sympathie pour votre projet !” me dit-il tout sourire en me confiant une coupe de champagne lors du cocktail d’assemblée générale de Syntec Numérique. Plusieurs mois après, une responsable RH de sa société m’avoue : ” Nous avons bien compris que le coût du wecena est remboursé par des économies d’impôts. Mais, finalement, nous ne ferons pas de wecena car, même si cela ne nous coûte rien, notre DG serait alors obligé d’expliquer à la maison mère pourquoi notre résultat avant impôts a baissé même si cette baisse est compensée à 100% par l’économie d’impôts. Les échanges avec la holding corporate sont déjà assez compliqués comme ça, notre ‘bande passante’ est limitée, on ne va pas ajouter le wecena en plus, les actionnaires ne prendraient pas la peine de comprendre. De plus, comme les bonus de nos managers sont indexés sur notre résultat avant impôts, cela nous obligerait à expliquer à nos managers pourquoi nous modifions la définition de leur bonus et donc pourquoi nous faisons du wecena. Le jeu n’en vaut pas la chandelle… “. Le wecena, même si il ne coûte rien en soi, revêt un caractère d’engagement social de toute l’entreprise et de toutes ses parties prenantes. Dans une culture dominante éloignée de l’innovation sociale, la communication sur le wecena risque soit d’être insuffisante et donc inefficace, soit trop coûteuse car le message serait trop éloigné des réalités et réflexes habituels de l’entreprise qui n’est pas habituée à ce genre d’initiative.
  • Une forte proportion des grosses SSII ne paie pas d’impôts sur les sociétés. Même bénéficiaires, les grandes entreprises ont tiré partie de règles fiscales leur permettant d’éviter l’impôt sur les sociétés. Il s’agit notamment des mécanismes de report de déficit : si une société avait un gros déficit une certaine année, elle pouvait reporter son déficit pour compenser les bénéfices des années suivantes et, ainsi, ne jamais avoir d’impôts sur les sociétés à payer jusqu’au moment où ses bénéfices excèderaient largement les déficits des années passées.
  • Le montage contractuel du wecena est trop compliqué : une convention de mécénat entre chaque SSII et chaque association, ça fait beaucoup de paperasses, des négociations contractuelles parfois disproportionnées en temps (au regard du volume des dons obtenus par la suite), des délais de gestion administratives, des reçus fiscaux et des flux financiers qui se multiplient.

Conclusion pour faire au plus court : le wecena version 1.0 est trop compliqué et pas assez stratégique.

Alors que faire ?

Première chose à faire, pallier aux urgences :

  • refaire bouillir la marmite familiale en prenant un job salarié, je deviens à partir de ce lundi directeur de l’innovation du CNED (de l’innovation numérique à finalité sociale, je poursuis dans mon élément),
  • suspendre le remboursement de mes 2 prêts Antropia : l’incubateur social Antropia m’avait permis de financer cette phase de vente initiale aux SSII qui s’était avérée plus longue que prévue, grâce à un prêt d’honneur à Wecena SARL. L’activité n’est pas suffisante pour continuer à rembourser. Antropia m’aide à trouver la meilleure solution pour la suite.
  • faire l’économie de la prospection des SSII : trop de temps passé à essayer de convaincre sur une offre qui n’emporte pas assez d’enthousiasme, mes moyens commerciaux ont été dépassés par l’ampleur de la tâche ; il faudra s’y remettre mais sous une autre forme qui reste à définir et à maintenir dans les limites d’un emploi secondaire (puisque mon engagement professionnel principal devient mon job salarié au CNED)…
  • imaginer un wecena plus simple et/ou plus stratégique : centraliser les dons en créant un fonds de dotation unique et d’intérêt général ? simplifier la tarification ? appuyer le développement des dons sur un réseau d’affiliés (cf. les 20.000 ¤ de cadeaux que vous pouvez gagner et partager sur http://defi.wecena.com/via/jean) ? construire avec un partenaire comme LIENS une offre à plus forte valeur stratégique pour les SSII et lui confier le “développement commercial” ? se focaliser sur des projets de solidarité plus proches des métiers et mettant les contributeurs en contact direct avec des populations en difficulté ? proposer aux SSII de conserver une part de l’économie d’impôts mécénat progressant avec leur engagement et espérer que cela suffise à déclencher un bouche à oreilles plus efficace et vertueux ? proposer aux SSII des contreparties plus “stratégiques” telles que des actions de formation technique au bénéfice de leurs salariés, des actions de recrutement de nouveaux salariés issus de la diversité, des actions d’animation et de communication en lien avec des directions achats de grands comptes … ? vous demander votre avis pour imaginer ce que serait une opération de mécénat de compétences qui pourrait revêtir un caractère réellement stratégique pour une SSII ? Sans doute un peu de tout cela et d’autres choses encore (vos suggestions seront les bienvenues)…
  • poursuivre le wecena au quotidien : plusieurs SSII continuent à jouer le jeu, malgré toute la frustration que je peux ressentir au vu du faible volume d’engagement, et leurs salariés contributeurs continuent à s’activer au quotidien de manière extrêmement utile et appréciée auprès des associations de solidarité. Il faut donc continuer à les accueillir, les former, les encadrer, assister l’association bénéficiaire dans la conduite des projets. Je continue à m’en charger : pour le flux actuel de 1 équivalent-temps-plein, ça me prend environ 2 demi-journées par semaine, réparties entre les mêlées téléphoniques qui ont lieu entre midi et deux, et les travaux du soir, sans compter que mon nouvel employeur accepte que je consacre quelques jours de congés sans solde à cette période de transition. Des amis consultants sont prêts à prendre le relais dans ce rôle d’assistance à la conduite de projets agiles et à distance. Pour moi, il s’agit également de maintenir en conditions opérationnelles la plate-forme wecena.com et de continuer à l’exploiter pour la production des reçus fiscaux et des éléments de reporting nécessaires aux associations et aux SSII.

Voila, voila. Vous l’aurez compris, c’est la crise aussi pour le wecena. Le wecena se poursuit malgré tout et, tant qu’il reste des SSII prêtes à remonter les manches de leurs salariés pour les faire contribuer à des projets de solidarité, le wecena continuera à exister. Le fait de reprendre un boulot de salarié me permet d’envisager avec plus de sérénité l’avenir du wecena (je n’ai plus le couteau sous la gorge), cela se traduira peut-être par un rythme d’évolution plus modeste, mais cela se traduira sans doute également par une plus grande ouverture et l’implication d’un plus grand nombre de partenaires.

Qu’est-ce que tout cela vous inspire ? À vous lire !

Partagez 20.000 euros de cadeaux solidaires avec votre réseau d’amis

March 5th, 2012

Mobilisez votre réseau d’amis pour une association de solidarité et partagez jusqu’à 20.000 EUR de chèques cadeaux bios, solidaires et équitables.

L’entreprise sociale Wecena offre des chèques cadeaux aux personnes qui s’inscrivent sur son  site, invitent leurs amis à s’inscrire à leur tour, jusqu’à ce qu’un ami d’ami d’ami (etc.) réussisse à convaincre un informaticien d’offrir au moins 2 jours de travail gratuit à une association de solidarité Wecena. Les associations soutenues par Wecena ½uvrent dans le domaine du handicap, de l’éducation et de la lutte contre la pauvreté. Plus vos amis d’amis d’amis (etc.) réussissent à convaincre des informaticiens d’aider les associations dans le cadre du wecena, plus vous et votre réseau d’amis gagnez de cadeaux. Ces associations ont besoin de compétences numériques, elles ont besoin de vos réseaux.

Alors si vous avez des amis :

  1. Inscrivez-vous en cliquant sur le lien envoyé par votre ami :

    http://defi.wecena.com/via/jean

  2. Vous obtenez un lien personnalisé avec votre propre pseudo, par exemple :
    http://defi.wecena.com/via/francoise
  3. Faites suivre ce lien personnalisé à plusieurs amis pour qu’ils s’inscrivent à leur tour et obtiennent leur propre lien personnalisé à faire suivre
  4. À chaque fois qu’un nouvel informaticien offre 2 jours de travail gratuit à l’une des associations dans le cadre du wecena, sa chaîne d’amis partage 200 EUR de cadeaux !

Pour une fois, il s’agit d’une chaîne de l’amitié qui sert vraiment à quelque chose : à mobiliser des informaticiens pour des associations de solidarité qui ont besoin d’eux, et à partager avec vos amis quelques cadeaux bios, équitables et solidaires. (Les cadeaux peuvent aussi être convertis en dons pour les associations.)

Faites bouger des informaticiens et recevez vos cadeaux… Inscrivez-vous en cliquant sur le lien envoyé par votre ami, recevez votre propre lien puis offrez-le à vos amis !

Le calcul causal peut prouver l’utilité d’une innovation sociale sans expérimentation

January 26th, 2012

Quand on est décideur politique, entrepreneur social ou financeur d’innovations sociales (fondations,…), on aimerait bien savoir si l’innovation sociale ou la politique publique que l’on décide de financer ou de mettre en ½uvre sera réellement utile ou non pour la société. Par exemple, si je promets un sac de lentilles gratuit à toute famille africaine qui vient au dispensaire pour faire vacciner son enfant, est-ce qu’il y aura plus d’enfants vaccinés que si je ne fais pas cet effort ? Cet effort en vaut-il la peine ?

On aimerait mesurer (et même prédire) l’impact social de sa nouvelle initiative, de sa nouvelle intervention. Il y a des méthodes pour cela, comme par exemple la méthode du Social Return On Investment (SROI). Mais l’un des points faibles de ces méthodes (outre leur important coût de mise en ½uvre) est qu’elles ne permettent pas d’évaluer de manière très fiable si l’effet obtenu (il y a plus d’enfants vaccinés qu’auparavant ou bien qu’ailleurs) est réellement causé par son intervention (la distribution du sac de lentilles) ou bien si elle n’est pas due à d’autres facteurs (une meilleure information des familles par le bouche à oreilles, le fait que les familles aient pris l’habitude de se rencontrer sur les lieux de vaccination, ou l’influence astrale de la position des planètes…). On peut raisonnablement supposer que le sac de lentilles a contribué à une meilleure vaccination. Mais peut-on attribuer cet accroissement de la vaccination à cette intervention ? Difficile à dire…

Alors on recourt souvent à des hypothèses contestables et peu solides sur “ce qui se serait passé si mon innovation sociale n’avait pas été mise en ½uvre” et sur “ce qui, maintenant que mon innovation sociale existe, contribue à produire le même effet ou à le renforcer”. Comme les historiens qui cherchent à identifier la cause d’un événement, on essaie de faire preuve d’imagination et on formule des hypothèses peu solides car difficilement prouvables : ” Et si mon innovation n’existait pas, que se passerait-il ?”. Malheureusement, la méthode SROI a un niveau de complexité tellement inhabituel pour le champ de l’innovation sociale, que ces hypothèses au c½ur de la méthode restent souvent cachées, réduites à un 1 ou 2 ratios rapidement posés dans un coin du calcul et sont rarement contestés par les décideurs et financeurs, déjà impressionnés de voir que tel innovateur a mis en marche une telle méthode aux apparences de rigueur scientifique… Bref, le SROI, c’est très bien et généralement vertueux, c’est assez bluffant et utile, mais c’est loin d’être parfait.

Alors comment aller plus loin ? Et comment prouver que le projet que l’on promeut (distribuer des sacs de lentilles) est bien la cause que l’on peut attribuer à l’effet que l’on promet (avoir plus d’enfants vaccinés) ? Pour pouvoir prouver la cause réelle de l’effet attendu, il est préférable, et souvent indispensable, de mettre en place une expérimentation randomisée en double aveugle, comme le promeut par exemple le Poverty Lab d’Esther Duflo. C’est le même genre de problème, et de rigueur expérimentale nécessaire, que dans le domaine médical où l’on veut être sûr de l’impact d’une nouvelle thérapie avant de la mettre sur le marché.

Cependant, les études randomisées en double aveugle sont elles-mêmes coûteuses à mettre en ½uvre puisqu’il faut étudier deux fois plus de personnes. Il faut comparer l’effet attendu sur un groupe de personnes qui bénéficient de l’innovation (combien de familles font vacciner leur enfant parmi celles  à qui on promet le sac de lentilles) et le même effet sur un groupe de personnes que l’on prive de notre intervention (combien de familles font vacciner leur enfant en l’absence d’une promesse de sac de lentilles). Ce doublement du coût de la mesure est-il vain ? Certainement pas, il est indispensable sinon l’expérimentation ne démontre rien. Mais ce coût est à prévoir et donc à financer…

Et ces situations posent aussi des problèmes éthiques et de relations publiques : allez-vous priver “pour la science” des enfants d’une chance supplémentaire de se faire vacciner en décidant que leur famille ne se verra pas motivée par un sac de lentilles ? Allez-vous laisser mourir des enfants du “groupe témoin” pour pouvoir prouver que votre sac de lentilles est vraiment efficace et aurait pu les sauver si vous aviez été moins rigoureux ? Un raisonnement éthique bien posé devrait permettre de trouver rapidement la réponse. Mais ce raisonnement n’en reste pas moins difficile à communiquer.

Une solution nouvelle à ce problèmes semble émerger d’une théorie mathématique appelée la théorie du calcul causal, en probabilité. En effet, cette théorie permet, dans certains cas, de “remplacer” de manière tout aussi rigoureuse l’étude randomisée en double-aveugle par l’étude statistiques de données supplémentaires. Cette théorie aide à déterminer quels sont les indicateurs qui, si ils sont mesurés dans la situation actuelle (donc sans expérimentation randomisée en double aveugle), permettent par le biais de calculs, de démontrer l’efficacité d’une intervention. C’est presque magique, l’application de cette théorie permet de répondre de manière rigoureuse à des questions du type ” Que se serait-il passé si ces personnes avaient été privées de mon innovation ?” ou bien, à l’inverse, “Que se serait-il passé si ces personnes avaient été forcées à bénéficier de mon innovation ?”. Le prix à payer réside dans la nécessité de devoir formuler des hypothèses plus précises sur la  manière dont la cause promue (le projet, l’intervention, l’innovation, le sac de lentilles) produit l’effet promis (l’impact social, le nombre d’enfants vaccinés), par exemple par quelles étapes intermédiaires la cause produit son effet. Et ces hypothèse peuvent à leur tour être contestées. L’autre prix à payer, c’est qu’il faut mesurer un plus grand nombre d’indicateurs, correspondants aux hypothèses supplémentaires qui ont été formulées. Enfin, la théorie du calcul causal ne s’applique pas à tous les cas de figure. Mais l’avantage est énorme : pas besoin d’expérimentation !

Je découvre tout juste cette théorie et je ne saurais pas la mettre en ½uvre. D’ailleurs, je ne pense pas qu’elle ait déjà été mise en pratique par qui que ce soit dans le domaine de la mesure d’impact social (si ?). Mais quelle formidable découverte si elle permet, par l’analyse de données (vive l’open data), de s’économiser la mise en ½uvre d’une procédure expérimentale coûteuse, longue et à l’éthique parfois douloureuse.

Vivement que des chercheurs et des ingénieurs puissent outiller cette théorie et en faire bénéficier le champ de l’entrepreneuriat social !

NB : au passage, j’ai découvert le paradoxe de Simpson (rien à voir avec Bart) qui démontre combien notre intuition interprète mal la signification des probabilités.

Adapter des documents texte pour des travailleurs handicapés

December 21st, 2011

À partir de ce mois-ci, Wecena n’adapte plus de livres pour BrailleNet notamment car BrailleNet expérimente un nouveau mode d’adaptation d’ouvrages, appuyé sur des bénévoles intervenant sur leur temps libre (plutôt que des volontaires intervenant sur leur temps d’intercontrat). Mais j’ai encore des volontaires qui désirent faire de l’adaptation de documents pour les déficients visuels. Nous nous rapprochons donc de la communauté Wikisource pour adapter des ouvrages du domaine public.

Cependant, j’aimerais mettre l’accent sur l’adaptation de documents ayant une utilité professionnelle, pour faciliter l’embauche ou le maintien dans l’emploi de travailleurs handicapés. Je me pose donc la question suivante : dans la vie professionnelle de travailleurs handicapés, en général ou bien dans des cas très spécifiques, quels sont les types de documents professionnels les plus utiles à rendre accessibles ?

J’élimine d’office les documents trop difficiles à adapter pour les volontaires débutants : documents graphiques, documents riches en tableaux ou diagramme. Je me limite donc volontairement aux documents très riches en texte, et avec de la structure comme dans un roman (plan, notes de bas de page, annexes, etc.).

Je pense donc à des documents comme :

  • contrats de travail
  • contrats commerciaux
  • notes administratives, circulaires,
  • textes de loi (mais ne sont-ils pas déjà tous accessibles sur legifrance ?)
  • décisions de jurisprudence (déjà accessibles quelque part ?)
  • devis, propositions commerciales,
  • brevets (sauf les diagrammes)
  • documentation technique (si pas trop riche en diagrammes)
  • documentation commerciale, catalogue (si pas trop graphiques)

Vous connaissez un travailleur handicapé dans la lecture de certains documents : pourriez-vous m’aider à compléter cette liste ? En dehors des livres, sachant qu’il y a des volontaires pour rendre plus accessibles des documents textes, quels seraient les adaptations sur lesquelles ces volontaires seraient les plus utiles, en particulier pour des travailleurs handicapés ?

Crowd sourcing, machine learning et intérêt général

December 15th, 2011

[ J'avais envie d'envoyer ce message par mail à mes anciens collègues du laboratoire de recherche Personalization and Knowledge Lab de Motorola mais je me suis dit que ça pourrait inspirer d'autres personnes alors je le poste sur mon blog... ]

Salut les ex-PKLers…

J”ai une idée tordue et j’aimerais avoir votre avis à son sujet, si vous avez le temps et que le c½ur vous en dit… C’est un peu long, je vous préviens, on ne se refait pas…

La finalité de mon idée est de faire bénéficier certaines associations humanitaires (ou d’autres organismes d’intérêt général) des possibilités de prédiction et de recommandation offertes par les technos du machine learning.

La raison pour laquelle je réfléchis à ce sujet est triple :

  1. le machine learning, c’est vachement rigolo et ça me manque…
  2. il y a une grosse SSII qui me propose des informaticiens mais uniquement si c’est sur des projets ayant une dimension plutôt innovante sur le plan scientifique,
  3. je rêve de trouver un moyen d’utiliser mes notions de  machine learning pour des projets humanitaires ou d’intérêt général.

Pour avoir encore un peu de contexte, mes sources d’inspirations, pour cette idée, sont :

Mon idée est de trouver un moyen pour faire travailler de nombreux salariés de SSII en intercontrat sur la production de services de prédiction/recommandation, pour des ONG, via une plate-forme conçue à cet effet. Ma question est : est-ce faisable et si oui comment ?

Autrement dit, peut-on abaisser la “barrière à l’entrée” pour permettre à des informaticiens non spécialistes du machine learning et qui ont peu de temps à consacrer à ce projet, de contribuer de manière utile pour produire à plusieurs un service de prédiction/recommandation ?

Autrement dit encore et avec quelques détails en plus : en supposant que j’ai chaque jour 20 informaticiens en intercontrat à ma disposition, que chacun reste sur le projet sur une durée de 2 à 5 semaines, est-ce que je peux utilement les faire travailler via une plate-forme conçue à cet effet pour produire un service de prédiction/recommandation ? Est-ce que les résultats produits risquent de converger très rapidement (en 1 ou 2 mois) vers un certain niveau de qualité médiocre et ne jamais en décoller pendant le reste de l’année ? Ou bien est-ce que je peux espérer, en les faisant travailler de manière adéquate, produire une progression qui se poursuive pendant 1 an sur le même dataset ? jusqu’à obtenir des prédictions de qualité acceptable ?

Là où mon idée commence à devenir tordue, c’est que les informaticiens en question n’ont aucune compétence en machine learning. Ça va de l’analyste-réalisateur mainframe senior au spécialiste du module SAP dédié à la comptabilité des amortissements des sociétés de transports, en passant par le développeur J2EE junior et l’administrateur réseau Cisco. Comment faire travailler ensemble sur ce projet une foule d’informaticiens non spécialisés en analyse de données ?

Or, à la fois dans le Netflix prize et dans les prix de kaggle, il semble y avoir comme un leitmotiv :

  1. bien sûr, la qualité et la taille du dataset d’origine est absolument essentielle,
  2. au final, c’est l’approche “ensemble learning” qui semble marcher le mieux,
  3. les types d’algorithmes à mettre dans cet ensemble (réseaux de neurones, classifieurs bayésiens, ou autres) n’importent pas tant que ça, et il y a des algorithmes généralistes assez robustes qui donnent des résultats souvent pas trop mauvais (les decision trees mis en random forests par exemple), l’important c’est d’avoir une bonne diversité d’algorithmes et de paramétrage de ces algorithmes,
  4. la différence entre les gagnants se fait en grande partie sur leur capacité à traiter les données en amont de ces algorithmes : pour en extraire des indicateurs et des paramètres qui seront pertinents pour les algorithmes (normalisation, moyennage, discrétisation, combinaison de données, réduction/sélection des données, dérivation des données éventuellement en faisant intervenir des jeux de données de référence supplémentaires, etc.)
  5. pour avoir de bonnes intuitions quand aux enrichissements/dérivations/réductions à apporter au dataset en amont des algorithmes d’apprentissage, une certaine connaissance du métier ou du domaine fonctionnel dont parlent les données peut aider, mais ce n’est pas indispensable et une absence de connaissance du métier peut être partiellement compensée par la mise en place de bonnes visualisations de ces données.

Résumé de l’approche qui est sensée marcher le mieux : Bon dataset => Visualisation inspirantes => Nombreuses et diverses dérivation ou réductions => Divers algos d’apprentissage => Ensemble.

Est-ce que ce que je dis là vous semble plutôt vrai ? ou est-ce que le démon se cache dans le détail de mes erreurs ?

En continuant sur cette lancée, je me dit que des informaticiens qui ne sont pas des “data scientists” mais ont 3 ou 4 semaines à consacrer à ce type de problèmes pourraient commencer par apprendre à produire des visualisation du jeu de données pour chercher des intuitions quant à la manière dont il faudrait l’enrichir (point 5 ci-dessus). Ensuite, ils pourraient écrire des petits scripts dans le langage de leur choix pour enrichir le dataset avec des données dérivées (point 4 ci-dessus) ou pour en réduire la dimension en sélectionnant certaines de ces données. Leur travail s’arrêterait là.

Ensuite, une batterie pré-définie de quelques algorithmes plutôt pas mauvais en général pourrait mouliner ces datasets enrichis et, en mettant le tout dans un Ensemble, fournir des résultats pas trop médiocres ? En ayant un nombre et une diversité suffisamment grands de contributeurs, en les faisant partager leurs intuitions via une bonne animation en ligne (rencontres, discussions, forum, wiki,…) et en les faisant travailler avec les bons outils collaboratifs (partage de code, …), qu’est-ce que ça donnerait ?

Autrement dit, est-ce qu’on peut compenser une absence d’expertise en machine learning par :

  • une population suffisamment grande et diverse d’informaticiens non experts et ne pouvant rester plus d’1 mois ou 2 sur le sujet,
  • et une plate-forme de machine learning bien pensée.

Est-ce que, ainsi, pour un dataset donné et moyennant un travail initial de quelques semaines pour mettre en place la plate-forme puis pour la “régler” pour ce dataset, je pourrais faire utilement travailler pendant un an 20 informaticiens disponibles chacun pour une durée de 2 à 6 semaines ?

Ou bien est-ce que je ne fais qu’énoncer le paradoxe du singe savant ?

Voila. Si jamais cela inspire quelqu’un, qu’il réagisse en commentaire SVP !

“Donner plus pour gagner plus.”

September 8th, 2011

Ce samedi, je suis invité à témoigner dans le cadre d’un colloque parisien pour fêter les 20 ans de l’économie de communion (vous êtes invité, inscrivez-vous !). On m’a demandé de rédiger mon témoignage d’entrepreneur social de l’économie de communion alors le voici :

J’ai 36 ans, je suis un banlieusard des Yvelines. De formation, je suis ingénieur centralien. De c½ur, je suis scout de France, bénévole auprès de plusieurs mouvements associatifs, marié et père d’une famille de 4 enfants. Après une première expérience de créateur d’entreprise technologique en début de carrière puis chef de service informatique chez Saint-Gobain et chef d’équipe de recherche en informatique chez Motorola, je suis retourné à la création d’entreprise il y a 3 ans, cette fois-ci inspiré par l’économie de communion.

J’ai découvert l’économie de communion alors que j’étais encore chez Saint-Gobain. En tant que petit chef dans une multinationale, et en tant que scout et bénévole engagé, je me demandais à l’époque comment ne plus vivre en schizophrène : au service d’un cours de bourse le jour et idéaliste la nuit. L’entrepreneuriat social puis l’économie de communion, que j’ai découvert via un collègue de bureau elle-même ancienne scoute, m’a permis de redonner un peu d’unité entre mes compétences professionnelle et mon désir de servir mon prochain.

J’ai créé ma nouvelle entreprise, Wecena, il y a trois ans, dans le secteur informatique. Au quotidien, l’économie de communion est un triple défi pour moi.

Le premier défi ressemble à c’est celui de tout entrepreneur : celui de réussir à créer et développer une activité économique rentable. Je conclus bientôt ma 3ème année d’activité et j’espère enfin pouvoir dégager des bénéfices. Depuis le début de l’année, j’ai enfin pu me verser un salaire presque équivalent à ce que je touchais en tant que salarié. Si la tendance se poursuit jusqu’à la fin de l’année, mes bénéfices me permettront enfin d’accomplir l’une des vocations de ce projet, qui est spécifique à l’économie de communion : lutter contre la pauvreté en partageant une partie de ces bénéfices avec de plus démunis. Le reste des bénéfices est dédié à être réinvesti dans le développement de l’entreprise et à développer la culture du don dans le monde des entreprises.

Le deuxième défi de l’économie de communion, pour moi, c’est un défi pour mari et père de famille. Mon épouse s’occupe quotidiennement de nos 4 enfants qui ont entre 4 et 7 ans (des triplés dans le lot…). En quittant mon job salarié pour me lancer dans l’entrepreneuriat, j’ai choisi de mettre un peu en danger la sécurité financière de ma famille : il n’y a plus une feuille de paye garantie à la fin du mois. Bien sûr, je l’ai fait avec des dispositifs de sécurité qui m’ont semblé raisonnables : un gros chèque de mon précédent employeur, l’énorme aide des ASSEDIC pour les créateurs d’entreprise, un diplôme de centralien et une expérience qui m’aidera à retrouver rapidement un travail salarié si besoin. Mais aujourd’hui je n’ai pas de visibilité commerciale à plus de quelques semaines alors que je dois penser aux besoins de ma famille à long terme : les études des enfants, la retraite… sans compter la récession qui commence. Prendre des risques en investissant, et le faire “en bon père de famille”, c’est aussi une recherche d’unité et de communion avec ses proches. Mettre en danger son portefeuille, quand on est jeune et célibataire, comme lorsque j’ai créé ma première entreprise, c’est une chose. Mais lorsqu’il s’agit de sacrifier une partie de la sécurité financière de ses enfants et de son épouse, c’est autre chose. Comment vivre ce besoin de sérénité financière avec mon épouse et penser à deux à notre avenir ? C’est un défi pour l’unité de ma famille. De plus, j’ai quotidiennement la tentation de consacrer toute mon attention à mon activité. Sous la douche, au lit, à table, il y a toujours cette passion d’entrepreneur qui vous taraude et cette question de comptabilité, de marketing ou d’informatique peut venir perturber l’attention à porter à mes proches. Être entrepreneur, mari et père attentionné, cela demande une certaine discipline personnelle. Ce n’est pas évident. Ça demande même de l’exercice, comme un sport. L’économie de communion et les témoignages de mes confrères entrepreneurs de l’économie de communion m’aident à y voir plus clair et à chercher plus de cohérence personnelle dans ma gestion du quotidien. Si j’en venais à perdre de vue la priorité que représentent mon couple et ma famille et à ne plus penser qu’à mon entreprise, l’unité serait rompue et mon projet dans l’économie de communion perdrait son sens.

Un troisième défi de l’économie de communion, c’est d’essayer de partager cette culture du don dans l’économie avec mes clients et partenaires. Et c’est d’autant plus difficile que le don, sous la forme du mécénat, est au c½ur de mon activité.

Dans mon entreprise, Wecena, j’encadre des chantiers de mécénat informatique pour le compte d’associations de solidarité. Sur ces chantiers numériques, j’accueille et j’encadre des volontaires informaticiens qui nous sont envoyés par leurs employeurs, des sociétés de conseil et de services en informatique (SSII). Ces sociétés leur proposent ces chantiers de solidarité pour leur permettre de donner plus de sens à leur métier, de découvrir des problématiques numériques nouvelles (par exemple l’accessibilité numérique pour les personnes handicapées), et d’y consacrer quelques jours de travail inoccupés, entre deux missions lucratives. Je suis payé par ces sociétés pour mon travail de chef de projet. Mais elles sont remboursées par l’État notamment via des mécanismes d’économies d’impôts ou de déduction de dépenses liées au handicap. C’est le concept du wecena, un montage astucieux de “mécénat de compétences” et de sensibilisation, pour recycler du temps de travail inexploité chez les entreprises informatiques et le mettre au service de la solidarité.

D’un côté, j’ai donc des clients qui sont des associations de solidarité, avec des milliers de bénévoles pour certaines d’entre elles. Le don et le bénévolat, elles connaissent. Mais l’économie et l’entreprise, c’est plus lointain, moins accepté… L’entrepreneur, c’est l’étranger, le profiteur ou le voleur de poules ! Être entrepreneur, pour certains volontaires d’associations de lutte contre la misère ou bien pour certaines mamans d’enfants handicapés, c’est louche. Au mieux. C’est perçu comme une histoire de profiteur, d’égoïste, de menteur, d’escroc. Certains bénévoles sont scandalisés : “Quoi ! Un entrepreneur au service du social, c’est n’importe quoi !”, “Je suis sûre qu’il s’engraisse sur de l’argent qui devrait plutôt me revenir pour m’aider à m’occuper de mon enfant handicapé !”, “Il veut faire des profits sur la solidarité, quel scandale ! ”, “Il veut être payé par des mécènes pour son travail alors que nous sommes bénévoles ? C’est du détournement de fonds ! ” Comment leur expliquer que je suis là avant tout pour faire à temps plein mon métier de directeur de projet informatique ? Que ce travail mérite salaire ? Que les risques d’entrepreneur que je prends méritent aussi des bénéfices ? Que le travail que je fais pour leur association est entièrement financé par des mécènes privés et par les économies d’impôts mécénat encouragées par l’État ? Que mon projet d’entreprise vise à créer une communion avec les plus pauvres, à qui je voudrais destiner mes bénéfices ? Pas facile de faire des affaires avec le milieu associatif… Surtout quand on leur propose un mélange innovant de gratuité, de don et d’activité économique professionnelle. Ça paraît louche.

D’un autre côté, une partie de mon travail consiste à transformer de nouvelles SSII en mécènes et donc à convaincre leurs dirigeants : “ Plutôt que de laisser vos salariés ne rien faire entre deux missions lucratives, faites-en don à mes associations clientes ! ”. En France, chaque jour, environ 10.000 informaticiens de ce secteur sont payés à ne rien faire pendant quelques jours, en attendant le début de leur prochain mission chez un client. On appelle ça “être en inter-contrat”. C’est un fonctionnement normal et l’une des raisons d’être de ces sociétés de prestation. Quand je vais voir leur patron pour leur présenter les besoins en compétences numériques de mes associations clientes, leur premier réflexe est souvent : “ Ces associations ne peuvent pas payer, alors pourquoi leur donnerait-on notre temps ? ”. J’essaie de leur expliquer que, “plus ils donnent, plus ils reçoivent” : leurs salariés deviennent moins stressés, plus fiers d’appartenir à cette entreprise, plus riches d’une expérience de solidarité professionnelle qui a la place sur leur CV… Je leur explique que leur image d’entreprise responsable se trouve renforcée et qu’ils attireront plus facilement de nouvelles recrues. Que cela fait partie de leur Responsabilité Sociale et Environnementale (RSE). Et comme ils comprennent qu’il s’agit de donner du temps perdu, ils acceptent parfois. Je leur explique alors qu’il faut rémunérer mon travail d’encadrement de ces chantiers et que ça leur sera remboursé par l’État à 100%. Là, la réaction épidermique revient : “ Quoi ? Vous voulez qu’on vous donne les temps morts de nos salariés et, en plus, vous voulez qu’on vous paye ? D’habitude ce sont nos clients qui nous payent, pas l’inverse ! ” Apprendre à un dirigeant commercial à donner sans attendre de retour en cash, ce n’est pas chose facile. Le don n’est pas dans leur culture. Ils ont l’impression d’être volés. Les directeurs administratifs et financiers me demandent à leur tour : “ Comment modéliser le retour sur investissement sur ces opérations de mécénat ? Combien est-ce que ça va nous faire gagner d’argent à l’horizon d’un an, à 3 ans, à 5 ans ? ” Je leur réponds, via des tableaux Excel, que l’opération est très peu coûteuse, grâce à l’encouragement financier de l’État, mais que les bénéfices à attendre sont dans le c½ur de leurs salariés et de leur clients. Des fois, ça passe ! Souvent, je dois traiter avec des schizophrènes qui me ressemblaient, comme ce directeur d’agence qui m’avoue à voix basse, un peu honteux : “ Je trouve votre activité formidable et j’aimerais qu’on fasse du wecena : enfin un peu d’air frais dans notre secteur ! Mais il n’est pas question qu’on en fasse car faire ce genre de dons serait inacceptable pour notre comité de direction. ” Où ce directeur général d’une grosse SSII filiale d’un groupe industriel : ” J’ai énormément de sympathie pour votre projet mais le justifier financièrement aux yeux du président de notre maison-mère serait beaucoup trop difficile. ” Et chacun se demande qui est le plus fou : “ Plus on donne, plus on reçoit ? Allez expliquez ça à nos actionnaires ! ”. Comme si les managers et dirigeants d’entreprise avaient du mal à vivre en unité avec eux-même… Comme si ils pensaient qu’il n’y a d’enrichissement que financier. Comme si ils devaient renoncer à leurs intuitions faute de pouvoir les rationaliser économiquement avec leurs outils habituels. Comme si ils pensaient que la seule unité possible avec leurs actionnaires passe par le montant du dividende et l’évolution du cours de bourse. Ce qui n’apparaît pas dans la bottom line financière n’existe pas. Donner plus pour gagner plus ? On ne peut pas gagner des élections présidentielles avec un slogan de ce genre…

Malgré tout, j’arrive à avancer. 8 SSII (dont des grosses, comme Open puis AtoS) sont déjà passées à l’acte et ont commencé à faire du wecena. Ensemble, elles ont déjà donné 520 jours de travail à travers la mobilisation de 41 salariés. Mais, pour développer leurs dons et mon activité, je butte encore sur l’inertie des cultures et des organisations. Les dirigeants ont une pression au quotidien : faire plus d’argent, ils croient que c’est l’essentiel de leur métier. Alors, c’est déjà bien d’avoir commencé à faire des dons de compétences, mais pourquoi donner plus ? Une poignée de salariés qui se sont portés volontaires, c’est déjà bien. Alors pourquoi généraliser le don ? Même si le coût financier est pris en charge par l’État sous forme d’économies d’impôts mécénat, où est l’urgence à donner régulièrement et plus massivement ? Pour arriver à intégrer totalement cette logique de don à l’entreprise, pour proposer à tout salarié disponible quelques jours de faire du wecena, pour institutionnaliser le don dans les processus de management, le chemin sera long. Les signes qui m’encouragent viennent notamment des salariés eux-mêmes et des élus du personnel : ils voient et disent la valeur qu’a le bien-être d’un salarié. Ils voient le surcroît de motivation (et donc de productivité) de celui qui a donné du sens à son métier. Le bouche-à-oreille entre salariés commence à fonctionner pour mobiliser des nouveaux volontaires pour mes associations clientes. Mais il ne peut prendre de l’ampleur que si il est alimenté par des dirigeants visionnaires et qui apprennent à vivre la richesse du don. Peut-on mettre en chiffre cette richesse pour entrer dans le reporting du directeur financier ? C’est difficile. Quand bien même on y arriverait, de là à la ramener à une évaluation financière de retour sur investissement, devrait-on le faire ?

Le wecena, en chiffres

August 25th, 2011

Avec Aude, de l’incubateur social Antropia, nous avons fait un point sur l’impact social de Wecena depuis sa création. Voici les chiffres…

Les SSII participantes :

  • 7 SSII ont déjà fourni des volontaires
  • Le comité de direction d’une 8ème a donné son aval fin juin et leur premier envoi de volontaire est prévu pour septembre

Les chantiers associatifs soutenus :

  • 2 chantiers pour des associations ont eu lieu et sont terminés
  • 1 chantier a commencé l’an dernier et se poursuit en activité permanente
  • 1 autre chantier a été entamé mais non terminé et ne le sera peut-être pas
  • 1 dernier chantier est en phase d’amorçage (sur le point de démarrer).

Nombre d’ingénieurs volontaires et/ou nombre d’heures de mécénat réalisées :

  • 2009 : 6 volontaires = 70,5 jour.homme
  • 2010 : 14 volontaires = 213 j.h
  • 2011, 1er semestre : 22 volontaires = 236,5 j.h

Au total :

  • 41 volontaires distincts
  • 527,5 j.h (soit 2,4 années.hommes) de travail réalisé par les volontaires
  • auxquels il faut ajouter environ 100 j.h de conseil technologique et méthodologique directement réalisés par Wecena et financés par les SSII participantes.

Précision de vocabulaire : 2 personnes qui travaillent chacune 5 jours, ça fait un total de 10 jours.hommes. On peut également faire 10 jours.hommes avec 5 personnes qui travaillent chacune 2 jours ou bien une qui travaille 5 jours et 5 autres qui ne travaillent que le 1er de ces 5 jours. C’est l’unité de base en gestion de projet. On parle aussi de  semaine.homme, de mois.homme ou d’année.homme. Par exemple, pour construire une fusée, il faut plusieurs siècle.homme.

Le 1er semestre a été super, notamment depuis que Atos (la plus grosse SSII européenne) a rejoint Open et les autres SSII mécènes, et depuis que j’interviens directement dans les agences en province pour mobiliser les salariés en intercontrat sous la forme d’ateliers organisés dans leurs locaux. Du coup, mon chiffre d’affaires du 1er semestre m’a enfin permis de me verser un salaire 100% couvert par l’activité.

Par contre, hormi quelques vaillants volontaires qui n’ont pas pris de congé en juillet, cet été a été bien morne : tout le monde est reparti en mission ou en vacances (et, moi-même, je randonnais en montagne avec ma jolie famille, j’avoue…). Vivement le redémarrage de la rentrée !

Elèves de Grandes Écoles = carottes pour SSII ?

August 18th, 2011

Vous connaissez le concept des carrotmob ? On trouve un commerçant qui accepte un deal du style : ” On vous amène 200 clients ce soir et, en échange, vous vous engagez à consacrer 30% du chiffre d’affaires correspondant pour remplacer toutes vos ampoules à incandescence par des ampoules basse consommation et pour ajouter des produits équitables dans votre catalogue pendant un an”.

Bref, on agite devant le commerçant une carotte (les nouveaux clients) en échange d’un engagement solidaire pour la planète ou les plus démunis (investissement dans du nouveau matériel, changement de fournisseur d’électricité, etc.). Ensuite, “yapluka” rameuter les clients en foule “pour la bonne cause”. Si ça marche, tout le monde y gagne :

  • les clients bénévoles ont fait leur bonne action (et leurs courses !)
  • le commerçant a un chiffre d’affaire suffisant pour investir dans du nouveau matériel bon pour l’environnement ou dans de nouvelles pratiques plus solidaires et durables
  • une bonne cause a été servie de manière concrète (environnement, solidarité, …)

Le concept est américain, sympa et se développe en Europe : avec un certain succès en Allemagne, plus lentement en France. Le plus dur semble être de trouver les commerçant prêts à s’engager : c’est nouveau alors ça suscite forcément un peu de méfiance…

Dans le cas qui m’intéresse, les commerçants sont des SSII. Et les carottes pourraient être… les futurs jeunes diplômés de grandes écoles ! Les élèves intéressés pourraient participer en acceptant d’assister à des journées de recrutement de SSII (présentation de la boîte, simulations d’entretiens) en échange d’un engagement concret de la SSII au profit d’une grande cause (handicap, éducation, pauvreté…). L’idée serait donc la suivante : je trouve une ou plusieurs SSII prêtes à s’engager : pour tout élève de telle ou telle école qui participe à son événement de recrutement, elle s’engage à offrir X journées de travail de ses salariés à une association de solidarité. Les SSII ne s’engagent pas à embaucher les élèves ni les élèves à répondre à n’importe quelle offre d’emploi de la SSII. Les étudiants participants s’engagent juste à participer à l’opération de recrutement, à ouvrir leurs yeux et leurs oreilles pour découvrir l’entreprise, à y déposer leur CV, éventuellement à s’entretenir avec des salariés ou des manages de l’entreprise… De leur côté, les SSII s’engagent à un offrir un nombre important de jours de prestations pour chaque participant. Et je contrôle par la suite que les engagements sont tenus dans les temps. En bonus, les élèves les plus motivés peuvent également aider bénévolement les associations de solidarité qui bénéficient de l’opération.

L’intérêt principal que j’y vois, c’est que les SSII raffolent des futurs jeunes diplômés des grandes écoles et que ce serait une sacrée carotte pour faire en sorte qu’elles fassent davantage don des temps morts de leurs salariés aux associations de solidarité pour lesquelles je travaille. Actuellement, les SSII qui font déjà du wecena font preuve de bonne volonté. Mais, en interne chez elles, convaincre ses collègues, patrons et subordonnés de l’importance de faire du mécénat de compétences n’est pas chose aisée : il manque une carotte concrète !

La question que je me pose encore est la suivante : y aurait-il suffisamment d’élèves de grandes écoles prêts à participer à de telles opérations de recrutement de manière à développer les dons de compétences des SSII au profit des associations de solidarité ? A votre avis ?

Exercez vos neurones pour une bonne cause

May 23rd, 2011

Nicolas et Maxime sont élèves à l’École Centrale de Paris. C’est la 3ème fois qu’on se rencontre. Cette fois-ci, ils m’ont invité à faire plancher leurs camarades sur la résolution de problèmes éventuels que rencontrerait Wecena. Un amphi de 300 centraliens qui exercent leur créativité pour me filer un coup de main ? Je ne dis pas non ! D’autant moins que je garde au chaud, depuis le lancement de cette aventure, une liste de problèmes à résoudre. Je maintiens cette liste sous la forme d’une carte heuristique mais je vais d’en extraire, sous forme linéaire, 3 problèmes essentiels pour les partager sur ce blog. Attention, il ne s’agit pas de problèmes technologiques ! Des futurs ingénieurs peuvent-ils contribuer à leur résolution ?

Comment attirer plus de volontaires parmi les salariés des SSII participantes ?

L’effectif cumulé de toutes les SSII qui ont accepté de faire du wecena est de plusieurs milliers de salariés, soit plusieurs centaines de salariés en intercontrat chaque jour. Pourtant, le volume de volontaires (salariés qui décident de faire du wecena pendant leur intercontrat) a du mal à décoller au-delà de 3 équivalents-temps plein (et encore, ya certains mois…). Sans chercher à mobiliser de nouvelles SSII (c’est un autre problème), comment transformer une plus grande proportion de leurs salariés disponibles en volontaires Wecena ?

Deux conditions me semblent nécessaires et suffisantes :

  1. que les salariés en intercontrat soient informés qu’ils peuvent faire du wecena : le taux d’information dépend des actions de communication interne par le service communication lorsqu’il y en a un (mais leur bande passante est limitée et leurs canaux facilement saturés et faiblement efficaces car les salariés qui passent leur vie “chez le client” n’ont pas le réflexe de lire le mag interne, l’intranet corporate ni même leur boîte email corporate), et des actions des équipes de management dans les agences. Lorsque le responsable RH local est motivé et que le directeur d’agence (manager commercial) lui donne son feu vert, l’effet est visible : des volontaires pointent le bout de leur nez. Mais, parfois, certaines agences ne donnent aucun signe de vie. Puis-je y faire quelque chose sachant que je n’ai pas la main sur la vie interne de ces entreprises ?
  2. une fois informés, qu’ils décident de se porter volontaires : actuellement, c’est peut-être ce taux de recrutement de volontaires qu’il faudrait optimiser en priorité (l’information semble déjà passer). Les volontaires sont “recrutés” soit par leur RH local soit par d’autres volontaires mais uniquement dans le cas où ceux-ci effectuent leur intercontrat en agence (et non à domicile comme c’est parfois le cas en région parisienne), grâce au bouche à oreilles. Cependant, la proportion de volontaires reste faible. Le bouche à oreilles demande des efforts et est difficilement stimulable de l’extérieur. La “viralité” a ses limites surtout quand les salariés en intercontrat ne se croisent que quelques jours et surtout parce que l’effet du bouche à oreilles est limité à la portée de la machine à café (une poignée de salariés qui se cotoient en intercontrat pendant quelques jours seulement). Par ailleurs, j’observe que près de 50% des volontaires sont des femmes alors qu’elles représentent moins de 15% des effectifs. Pourquoi ? La marque Wecena manque apparemment d’attractivité pour les hommes ? Résonne plus avec l’instinct maternel, compatissant et nourricier (“les pauvres enfants handicapés du Tiers-Monde…”) et pas assez l’instinct du mâle (protecteur ? séducteur ? conquérant ?…) ? Faut-il masculiniser cette marque et comment ? Comment éviter les clichés marketings masculins ? Comment développer l’univers symbolique de la marque en veillant à sa “compatibilité” avec des cultures très hétérogènes et parfois allergiques au marketing (le manager commercial de SSII qui pense performance et profit, l’informaticien salarié qui pense maîtrise technologique, le salarié d’association qui pense respectabilité et dévouement, …) ?

Et comment agir sans créer d’effet de “fatigue” ? Il ne peut pas s’agir exclusivement de communication événementielle sur le mode “notre société a décidé de venir en aide de telles associations : devenez volontaire si vous êtes en intercontrat” ? L’effet doit être constant puisque de nouveaux intercontrats débutent chaque jour. Quel intérêt pour le management et pour les salariés à désirer, à chaque nouvel intercontrat, devenir volontaire Wecena ?

Bref, quand on n’y connait pas grand-chose en marketing et qu’on se rend compte que c’est une partie absolument essentielle de son problème, comment faire ? :)

Comment s’adapter à la cyclicité des taux d’intercontrat ?

Sans en avoir les preuves, je suppose que les taux d’intercontrat connaissent deux cyclicité :

  • une cyclicité sur un an, au rythme des achats de prestations par les clients : dépenses de fonds de tiroir en fin de cycle budgétaire, fins de projets en fin d’année civile et en fin d’année scolaires, absence des commerciaux en périodes de vacances soclaires et intercontrat de pré-rentrée, etc.
  • une cyclicité sur plusieurs années, au rythme de l’état général du marché et notamment du marché de l’informatique : grosso modo, au rythme de la bourse ! quand les DSI doivent se serrer la ceinture pour cause de réduction budgétaire, les SSII vendent moins de prestations et l’intercontrat augmente (puis se stabilise) ; quand on contraire, les directeurs des finances débloquent des budgets d’investissement pour leur DSI, les SSII vendent à tour de bras et recrutent, et l’intercontrat baisse puis se stabilise.

Cette variabilité du taux d’intercontrat influe fortement sur le débit en volontaires. Dans une certaine mesure, plus il y a d’intercontrat, plus le potentiel de chiffre d’affaire de Wecena est élevé (même si il y a de nombreuses limites et effets contraires à cela). En tout cas, dans une situation de reprise après crise, les taux d’intercontrat baissent jusqu’à un certain point (sans jamais s’annuler), le temps pour les SSII de recruter à nouveau. Même si le nombre de salariés en intercontrat parmi les SSII déjà participants est dans tous les cas de plus de 100 (il y a toujours un gros “vivier” de volontaires potentiels), la proportion de salariés décidant de faire du wecena (devenir volontaires) reste sans doute constante et le volume de volontaires est donc a priori proportionnel au volume d’intercontrat. Comment s’adapter à cette cyclicité ? Comment éviter un intercontrat interne à Wecena ??? Ou comment le gérer intelligemment ??? Et comment le prévoir et le financer en conséquence ?

Comment mesurer l’impact social du Wecena ?

L’impact social du Wecena sur les bénéficiaires finaux (exemple : personnes handicapées lisant les livres de braillenet, etc.) est d’autant plus difficile à mesurer que les méthodes de mesure de l’impact social (SROI), déjà balbutiantes et à la fiabilité toute relative, supposent un accès direct aux bénéficiaires finaux pour pouvoir les impliquer dans la démarche, recueillir leur parole et leurs données. Sachant que cet accès direct n’est pas possible, que cette méthode est déjà coûteuse à mettre en ½uvre dans les cas simples et qu’il s’agit de mesurer l’impact social sur plusieurs projets à la fois, comment faire ? Quelle meilleure méthode ? Comment garantir que l’État (le contribuable), en rendant possible le financement du wecena via le régime fiscal du mécénat, “en a pour son argent” ?

Voila. Si on pouvait déjà résoudre ces trois problèmes (et en particulier le 1er !), ma vie serait laaaaaargement plus facile. :)

Les business models rentables des entreprises sociales…

May 18th, 2011

… étude des solutions innovantes. C’est le titre du mémoire de fin d’études que prépare Coralie Gaudoux, qui vient de me contacter. Avec son accord, je publie ici (sous licence CC-BY-SA) le questionnaire qu’elle a préparé pour cette étude. Régulièrement, des étudiants m’interrogent sur Wecena. J’essaie désormais de leur répondre publiquement, pour que cela profite éventuellement à d’autres.

Questionnaire pour l’étude terrain

La mission sociale

Quelle est le constat de départ ? Le problème social et/ou environnemental à résoudre ?

Constat de départ : les associations innovantes ont difficilement accès aux compétences technologiques qui leur permettraient de faciliter leur mission de transformation/résolution de problèmes de société. 2ème constat : chaque jour, de l’ordre de 10.000 informaticiens salariés des SSII sont payés à ne rien faire (phénomène structurel de l’intercontrat).

Quelle est la mission sociale de l’Entreprise ?

Démultiplier la capacité de résolution de problèmes de société des innovateurs sociaux en leur donnant accès à l’agilité et aux compétences technologiques des professionnels de l’informatique.

Quels sont ses objectifs ? Ses principes d’action ?

cf. notre business plan social, partie “mission”

La cible

Qui sont les bénéficiaires directs et indirects de l’activité de l’entreprise sociale ?

Bénéficiaires directs = les associations d’intérêt général dont les projets reçoivent les contributions d’informaticiens. (Exemple : association BrailleNet)

Bénéficiaires indirects = les bénéficiaires finaux des activités de ces associations (Exemple : lecteur handicapé utilisant la bibliothèque numérique de l’association BrailleNet).

Autres bénéficiaires indirects = les informaticiens participants, qui y trouvent leur compte en termes de fierté personnelle et professionnelle, de sens du service, de sentiment d’utilité, etc.

cf. notre business plan, partie “bénéficiaires”

Qui sont les clients ?

Les clients sont les associations porteuses de projets.

Le produit/service

Quel est le produit/ le service proposé ?

Package de 3 prestations :

  1. accès à une plate-forme de travail collaboratif permettant l’intervention, via Internet, d’informaticiens au profit de l’association
  2. assistance de l’association à l’encadrement des prestations réalisées par ces volontaires informaticiens et assistance technologique (conseil et réalisation de logiciels sur mesure)
  3. représentation des projets de l’association en recherche de volontaires, auprès des sociétés de service en informatique (pour les convaincre de faire du wecena et faciliter la relation association/entreprise au quotidien)

Comment est-il produit ? Quelles sont les particularités, les innovations dans la production de ce service ?

cf. notre business plan social, partie processus de production

La principale innovation dans la production de ce service consiste à appliquer au secteur de la solidarité et du mécénat de compétences les pratiques, méthodes et outils de “crowdsourcing” (mobilisation d’une foule de contributeurs occasionnels) déjà exploitées par les communautés d’informaticiens du logiciel libre (open source) et par les communautés d’internautes contribuant à des projets tels que la wikipédia. Cette transposition offre des modalités de gestion de la connaissance des contributeurs compatible avec le taux de rotation astronomique de ces contributeurs sur les projets associatifs.

Comment est-il distribué ? Quelles sont les particularités, les innovations dans la distribution de ce service ?

Le service est distribué en direct aux associations via Internet dans la plupart des cas (certaines missions s’effectuent “sur place” dans les locaux de l’association bénéficiaire, en région parisienne, mais c’est plus rare). La prestation de représentation des associations auprès des SSII s’effectue sous la forme d’un process de vente B2B de services en face à face avec les interlocuteurs RH, communication ou marketing des SSII.

L’environnement

Qui sont les concurrents ?

cf. notre business plan social, parties “alternatives”

Qui sont les partenaires ? Sous traitants ?

Les principaux partenaires jouent un rôle de prescripteur du wecena auprès des SSII, ou de réseau d’accompagnement (ESSEC/Antropia). cf. rubrique “partenaires” du site wecena.com

Les fournisseurs principaux sont un cabinet d’expertise-comptable, un hébergeur Internet pour le serveur de la plate-forme collaborative et une banque pour les opérations courantes.

Quelle est la législation relative au projet ?

Le principal cadre législatif est celui du régime fiscal du mécénat (article 238 bis du code général des impôts) renforcé depuis la “loi Aillagon d’août 2003″.

Dans un second temps, Wecena expérimente un financement alternatifs de certaines opérations via le mécanisme de déductibilité de certaines dépenses de l’entreprise du montant de leur contribution annuelle à l’AGEFIPH au titre de leur obligation d’emploi de travailleurs handicapés (arrêté du 9 février 2006).

Le droit du travail français est également très structurant pour l’activité puisque c’est lui qui justifie en grande partie le volume du phénomène de l’intercontrat en SSII.

L’organisation

Quel est le type d’organisation ? La structure juridique ?

Société unipersonnelle à Responsabilité Limitée (EURL).

cf. “pourquoi avoir choisi un statut de société ?”

Quelles sont les ressources humaines ? Il-y-a-t-il des particularités dans les ressources humaines sélectionnées ?

Pour le moment, le gérant est seul (c’est moi !). J’envisage l’embauche d’un consultant en conduite de projets informatiques ayant une expérience du secteur de la solidarité puis d’un business developer pour accélérer le développement.

Les créations de valeurs

Quel est le modèle de revenus ? (explication rapide des postes de dépenses et de revenus)

Les prestations aux associations clientes et bénéficiaires donnent lieu à une facture mensuelle d’une valeur proportionnelle (deux tiers) à la valeur des prestations reçues par l’association sous la forme de dons en nature des SSII mécènes. Plus les SSII mécènes envoient des salariés volontaires, plus Wecena a du travail à fournir à l’association pour aider à les accueillir et à les encadrer et plus Wecena facture aux associations.

Mais les associations n’ont pas les moyens de payer par elles-mêmes. Les SSII participantes s’engagent donc à financer l’intégralité de l’opération en y consacrant leur économie d’impôts (ou bien un budget de leur mission handicap si les dépenses sont déductibles de leur contribution AGEFIPH). Plus elles réalisent de prestation via leurs salariés volontaires, plus leur “don en nature” a de valeur, plus elles ont droit à une économie d’impôts. Cette économie d’impôts fait l’objet d’un don à l’association bénéficiaire qui peut ainsi régler Wecena. Au final, le wecena ne rapporte pas directement d’argent à la SSII mécène (ni ne lui coûte, d’ailleurs), pas plus qu’à l’association bénéficiaire. Les bénéfices pour la SSII mécène sont immatériels et relatifs au renforcement de sa RSE (fierté d’appartenance, marque employeur, motivation des salariés, employabilité renforcée, limitation des risques psycho-sociaux, etc.).

cf. le schéma du modèle économique du wecena

Quelle est la valeur sociale et environnementale créée le long de la chaine de valeur ?

Est-ce que les liens ci-dessous répondent suffisamment à cette question ?

Comment se mesure l’impact social ?

cf. cette partie de la FAQ ainsi que notre business plan social, partie “évaluation et mesure de l’impact social”

La méthode SROI a été mise en ½uvre sur l’un des projets associatifs.

Voila !

Recycler des vieux PC, bonnes et mauvaises pistes.

April 5th, 2011

Il y a 4 ans, j’ai récupéré par mon employeur une quarantaine de PC qui dataient de 2000 à 2003 et devaient partir à la casse. J’étais un peu dégoûté du gâchis consistant à les détruire au prétexte que leur valeur comptable était nulle et permettait donc à l’entreprise d’en acheter de plus récents. J’ai donc récupéré ces PC. J’ai exploré plusieurs pistes pour essayer de leur offrir une nouvelle vie. Mauvaises et bonnes pistes, voici mon bilan :

  1. les configurer pour les limiter à un usage associatif dans un quartier sensible : MAUVAISE PISTE => On a craint que l’association visée ne fasse don des PC dans le quartier et que ceux-ci terminent vendus “aux puces” plutôt qu’utilisés dans un contexte solidaire. J’ai donc verrouillé les PC en utilisant des logiciels de gestion de configuration (FAI et BCFG2). Cela a pris du temps de mes soirs et week-ends (beaucoup trop de temps… mais j’ai découvert que BCFG2 est un super logiciel qui pourra me servir pour le boulot…). Au final, me voici avec 40 PC sous contrôle. Entre temps et avant livraison, l’association pressentie a vu son local dévasté et vandalisé par des jeunes du quartier et la mairie a refusé de lui attribuer un nouveau local. Le local a-t-il été dévalisé parce que des jeunes du quartier espéraient monter un business avec les PC en question et ont été déçus du “retard à la livraison” ? Qui sait ? On peut tout imaginer. Au final, plus de local. Donc plus d’utilisation associative. Le responsable de l’association, courageux, récupère malgré tout une douzaine de ces vieilles machines qu’il installe pour les jeunes dans le sous-sol d’un pavillon. Mais mon système de contrôle à distance m’indique que, plusieurs années après, ils n’ont jamais été connectés au Net : jamais utilisés ? utilisés sans connexion ? ou déverrouillés malgré mon système de contrôle ? impossible à dire et peu importe…
  2. les prêter via une petite annonce sur mon blog ? MAUVAISE PISTE. Si cette association-là ne peut pas en prendre plus, peut-être que quelqu’un d’autre en voudra ? Je tente la petite annonce sur mon blog. Je reçois deux réponses mais la discussion se perd, une personne se dit intéressée et ne donne plus suite… Ca n’avance plus.
  3. envoyer 20 PC en Afrique ? MAUVAISE PISTE. Je contacte une ONG à Yaoundé (Cameroun). Le responsable local est ravi. Il contacte une société de transport en France. Après plusieurs mois de discussion, le devis est exorbitant et il doit renoncer.
  4. les confier à une asso française qui les envoie à son tour en Afrique ? MAUVAISE PISTE.Les 20 PC dorment dans mon salon et dans le garage de ma grand-mère… Nous contactons une association française qui collecte les vieux PC pour les envoyer en Afrique. Cette association les refuse : les PC sont certes rapides sur le Net si ils sont configurés sous linux (xubuntu) mais, en Afrique, les utilisateurs veulent du Windows XP et, même si les locaux promettent d’accepter du Windows 98 ou du Windows 2000, ils ont l’habitude de trouver ça “trop vieillot” et des petits malins les remplacent par du Windows XP puis se plaignent que la machine rame à mort et donc la considèrent comme foutue, bonne pour la poubelle… Quant à linux, qui connait linux dans les associations de solidarité en Afrique ? Pas assez de monde. Donc l’association française refuse de relayer ces PC.
  5. Les donner à des écoles en France ? MAUVAISE PISTE. L’école primaire de mes enfants dispose déjà d’une salle informatique flambant neuve. Les élèves n’y vont quasiment jamais car les enseignants n’aiment pas l’informatique, ne sont pas compétents ou ont peur. Quant aux écoles non équipées, le responsable informatique de circonscription n’accepte pas les dons de vieilles machines car il ne sait pas utiliser linux et souffre du syndrome “si c’est pas la dernière version de Windows, c’est que c’est une machine trop vieille pour être utilisable”. Comme les entreprises en fait…
  6. Les donner sur Freecycle ? MAUVAISE PISTE ! Grosse déception. Je publie d’abord sur le freecycle de ma ville, puis celui de la grosse ville voisine enfin sur celui de Paris. Après plusieurs semaines d’attente, il n’y a que 2 ordinateurs qui partent.
  7. Les donner via donnons.org ? BONNE PISTE ! Je publie mon annonce de don sur donnons.org et, en moins d’une semaine, j’ai plus de 20 personnes qui répondent et sont preneurs. Ca y est, tous les PC sont partis… Enfin… sauf 4 dont les demandeurs ne sont pas venus les chercher. Je relance quelques-uns des autres demandeurs et j’espère qu’ils partiront dans les jours qui viennent.

Ouf. Vive donnons.org !

Pourquoi professionnaliser les associations ?

March 2nd, 2011

Dans le cadre du wecena de sa société, Florence conduit une mission de conseil auprès d’une association du secteur handicap. Dans cette interview, elle explique pourquoi et comment les entreprises peuvent aider le monde associatif à gagner en rigueur et en sécurité.

Jean (Wecena) : Florence Dietsch, tu es consultante chez Neoxia, cabinet de conseil en systèmes d’informations. Quel est ton métier ?

Florence (Neoxia) : Je suis consultante sénior en organisation et systèmes d’information. J’interviens actuellement dans des projets de transformation d’entreprises ou d’administrations portant sur la qualité logicielle et sur l’usage des tablettes de type iPad dans le cadre de l’enseignement.

Jean : Ta hiérarchie t’a proposé de consacrer quelques jours de travail à une association de solidarité, entre deux missions lucratives. Comment t’ont-ils présenté la chose ?

Florence : Il s’agit d’une décision et d’un mécénat de mon entreprise, que j’effectue donc dans le cadre de mon travail normal. J’ai d’autant moins hésité à y contribuer que c’est tout à fait dans la lignée de mes engagements personnels en tant que bénévole auprès d’associations et en matière de solidarité.

Jean : En quoi consiste ta mission pour cette association ?

Florence : L’association Dyspraxique Mais Fantastique (DMF) regroupe des familles d’adultes et d’enfants handicapés du fait de leur dyspraxie. C’est un trouble de l’apprentissage qui touche plus de 5% des enfants en France. Ça leur pose d’énormes problèmes à l’école ou dans la vie de tous les jours. L’école n’est pas encore assez adaptée à ces handicaps et DMF mène plusieurs projets pour aider la société à s’adapter à la dyspraxie.

Pour cette mission, les bénévoles qui dirigent cette association ont demandé à Neoxia de les aider à analyser leurs procédures de gestion financière et de proposer des améliorations dans ces procédures. Ma mission permet également de proposer des améliorations dans leurs pratiques et outils de communication interne. Je suis donc chargée de mener à bien cette mission de conseil avec le soutien de quelques collègues.

Jean : Pourquoi as-tu accepté de te porter volontaire pour cette mission ? Qu’est-ce qui t’attire dans le fait de rendre service à cette association ?

Florence : En soi, je trouve que cette mission est très intéressante. Elle est étroitement liée à mon métier habituel de consultante. En plus, aider une association donne un intérêt supplémentaire à la mission car l’association a une forte utilité sociale. Alors j’essaie que ma mission fasse le plus grand bien possible à cette association.

Jean : Quel est le rôle que joue Wecena dans tout ceci ? Qu’est-ce que Wecena apporte à cette mission ?

Florence : Wecena repère les difficultés des associations qui pourraient être traitées par des sociétés de conseil et de service en informatique comme Neoxia. Ensuite, Wecena organise et supervise ces missions de manière à ce qu’elles puissent être menées à bien par des consultants qui n’ont que quelques jours à y consacrer entre deux chantiers lucratifs (ce qu’on appelle les périodes d’inter-contrat).

Jean : Ta mission pour cette association se termine bientôt. Qu’as-tu découvert ou appris au cours de cette mission ? Qu’est-ce qui t’a le plus surpris ?

Florence : Je ne connaissais pas la dyspraxie. La mission m’a permis de découvrir ce handicap et j’ai été abasourdie par le nombre de personnes concernées. En particulier, pour les enfants à l’école, ça fait 1 enfant concerné sur 20 soit plus de 1 par classe !

Ce qui me frappe aussi, avec les associations, c’est à quel point elles ont besoin de se professionnaliser. Pour gérer des problèmes de la taille de la dyspraxie, les associations devraient disposer d’énormes moyens. Mais ce n’est pas évident à gérer quand on vient d’une culture de familles et de bénévoles. Avec les dons collectés pour réaliser les projets, il y a toujours un risque de dérapage, d’incompréhension ou de mauvaise gestion. Les pratiques de contrôle, de communication et de gestion que l’on rencontre dans les entreprises ou les administrations bien gérées ont vraiment leur utilité pour les associations, surtout
pour celles qui grandissent et mènent des projets ambitieux.

Jean : Penses-tu que c’est le rôle de sociétés de conseil et de services en systèmes d’information comme Neoxia que de faire du wecena ? Pourquoi ?

Florence : Bien sûr ! Qui d’autre ?

The Humanitarian Openstreetmap Team had a conf call

February 16th, 2011

… today. And here is the recording of the audio (OGG format). Unfortunately, it is missing 3 or 4 minutes at the beginning (I had to realize nobody else was to record the call and launch a few pieces of software) and 20 seconds at the end. I did no post-processing.

There’s even a public piratepad with the agenda and notes from the call.

Free money

February 14th, 2011

Not “free money” as in “free beer” but free as in “free speech”. I mean “Libre money”, like “Libre software”. Money made free. Goods made free so that they make people freer. What could this mean ?

Could the concept of copyleft found in the realm of software and intellectual creativity be transposed to material and rival goods so that humans get freer from their dependency on material goods and property ?

Let’s pretend I have a pencil in hand (or 10 euros). Here is my (imaginary) offer to you be : you can get this pencil if and only if :

  • after some predefined time (let’s say after 10 seconds) you must accept to give this pencil (or an equivalent pencil ?) further (not back) to anyone who asks for it and accepts some predefined conditions (the contract)
  • the most important condition this futher person/borrower must accept is to further transfer the goods along with their freedom contract once the defined delay has expired : they can’t put any additional restrictions to the freedom of people wishing to get these pencil(s)
  • maybe you will have some interest to add to it (for instance the condition may be that you must accept also giving a second pencil under these conditions after 10 seconds)

Once you get the pencil under such a contract, you are free to do anything you want with this pencil (you may draw a picture for instance). 10 seconds later, you may still keep it as your own (and keep on drawing pictures meanwhile) until someone comes to you and asks for this pencil. Then you must propose this pencil and an additional one under the conditions above. If the further person accepts these conditions, she may take this pencil (or these 2 pencils) and do the same : do anything she wishes during some time then keep doing anything she wants until someone gets the (1, 2, 3 or 4) pencil(s) under the same contract.

From now on, these pencils are made free. They are still the property of the persons who initially set them free. But, as long as the conditions of the contract are respected, they will freely flow from person to person. If there is an interest rate defined in the contract (the second pencil or 100% interest rate in the example above), then these interests are also made free and will contribute to the total amount of free rival goods in circulation. In some future, the whole population of pencils of planet earth may be made free in such a process !

You may note that this whole concept I am proposing here :

  • is rooted in the free culture of free software
  • is also rooted in the culture of giving in freedom which the economy of communion tries to promote
  • gets inspiration from the current trend of sharing stuff via the Internet, and optimize the ownership and use of material goods, including the fabulous freecycle network
  • somehow relates to the American ideal of “giving back to the community” (once you are richer) but with a twist
  • allows charitable gifts to poor people to be made less humiliating because the gift is now a loan and “officially” recognizes that the person receiving goods (the “poor” person) also receives a debt not toward the giver but toward humanity, while still giving merit to the initial loaner who “sufffers” from the “loss” of the items made free
  • is a common practice in many traditions such as master/apprentice  or teacher/student or parents/children relationships : master transfers some trade knowledge to apprentices as long as a moral obligation to further transfer this tradition/knowledge to future generations of apprentices/would-be-masters.

Now there are several practical problems with any attempt at contractualizing these practices of “giving back to the community” :

  • what if someone is materially not able to further give/transfer the good when the loan delay has expired ?
  • how to limit the risks of having malicious people exploit the system at their own profit and break the chain of freedom ?
  • are interests rate desirable or even morally acceptable ?
  • which sets of conditions would best guarantee the development of the freedom of humanity with regards to these goods ?
  • could such contracts be drafted and enforced world-wide despite borders and disparities among national laws ?
  • in order to maximize the probability that people don’t abuse the system and protect the freedom of these goods in further paying their debts, should the power of this contract mainly rely on justice (a judge may take your goods in order to pay your freedom debt) ? or on social mechanisms (such as only accepting female borrowers or borrowers who come as a group of independent but socially related people, in a way similar to some practices in the field of microcredit) ? or both ?
  • could such a system be made viable offline ? or will it necessarily rely on online trust mechanisms (identity, reputation, social networks, cryptography, …) ?
  • could such a system be made viable without a central platform ? can it work in a peer-to-peer fashion in the same way free software licences work (the only central point of failure for the GPL is the unique power of the FSF to release later versions of the GPL) ?
  • could the risk of failing borrowers (people not paying their debt further) be covered by some insurance mechanisms and agents ?

My real purpose here (beyond playing with an attractive concept) is to invent a contract which can be useful in order to augment the freedom of people to access and use goods they don’t own while still protecting (and contributing to) the freedom of further people to do so.

With your comments and contributions, maybe we could find the perfect combination of conditions a freedom loan contract should impose in order to meet the purpose above.

In further comments or posts, we/you may :

  • tell the fiction of several goods released under free loans/free debt contracts in order to explore the potential advantages and drawbacks of some combinations of conditions,
  • propose several such loans “for real” to readers in order to practically experiment and play with these concepts.

(But please DO NOT ASK for money here. Money will not be given to you. People asking for money and not usefully contributing to this conversation may be banned as spammers.)