Archive for the ‘Innovation’ Category

vers du wecena 2.0 ?

Saturday, March 31st, 2012

64 informaticiens ont fait du wecena pendant leur intercontrat depuis notre démarrage il y a 4 ans, pour un total d’environ 700 jours.hommes de prestations numériques au profit d’associations dédiées à l’accessibilité (handicap), l’éducation ou l’insertion sociale. C’est bien. Mais c’est loin d’être assez. C’est notamment insuffisant pour continuer à faire bouillir la marmite familiale et je ne peux tout simplement pas continuer à en vivre. Il me faudrait au moins 3 équivalents-temps-plein de contributeurs en intercontrat pour être à l’équilibre. Cet équilibre a été atteint et dépassé au premier semestre puis 2 des 3 SSII mécènes les plus importantes ont suspendu leurs envois de nouveaux contributeurs et ne reprennent que petit à petit. Depuis début 2012, je tourne à 1 équivalent-temps-plein, soit une rémunération d’un tiers seulement de ce qui est nécessaire pour ma famille. Du point de vue chiffres, il est temps de tirer une conclusion : le wecena est un échec.

Que peut-on en apprendre ? Voici mes impressions :

  • Le wecena est un modèle économique innovant et compliqué. Il nécessite un effort d’éducation des SSII que j’avais sous-estimé. Je tablais sur des délais de vente initiaux d’environ 9 mois à 1 an (classique pour de la vente de service en B2B) mais, bien souvent, il a fallu entre 18 mois et 2 ans entre la rencontre initiale avec la SSII (“Le wecena ? J’ai compris, quelle bonne idée ! Ça va motiver nos salariés et ça ne va pas nous coûter grand chose !”) et le premier contributeur en intercontrat effectivement mobilisé pour une association. Bien souvent, mon interlocuteur à la communication ou aux RH doit convaincre son comité de direction et ce n’est pas choses facile. Sur des aspects plus techniques, comme par exemple le calcul des économies d’impôts permises par le mécénat, la plupart des SSII vérifient le calcul avec moi et se l’approprient. Mais j’ai été surpris dans 10% des cas, de rencontrer des “comptables” d’entreprises (internes à l’entreprise et non des cabinets d’expertise comptable) qui n’arrivaient pas à comprendre comment calculer correctement l’économie d’impôts sur les sociétés permise d’une part par un don en nature (avec perte de déductibilité des charges faisant l’objet du don) et d’autre part par un don en numéraire (pour laquelle l’impact de la réintégration extra-comptable est nul puisqu’il s’agit de donner une part de bénéfices qui sont imposés dans tous les cas, avec ou sans don). Les entreprises françaises ne sont pas habituées au mécénat. Elles sont encore moins habituées au mécénat de compétences. C’est encore moins le cas dans le secteur des SSII. Et lorsqu’il s’agit de calculer quel montant d’économie d’impôts peut être consacré au financement d’un projet, certains contrôleurs de gestion ou chargés de comptabilité s’arrachent les cheveux. C’est compréhensible.
  • La RSE et le mécénat ne sont pas une urgence pour les SSII. Lorsque le wecena est mis à l’ordre du jour du comité de direction, c’est en tout dernier item sur la liste et il est donc reporté de CODIR en CODIR… Quand la décision est prise, les choses trainent, le passage à l’acte souffre d’autant plus de l’inertie de l’organisation que la conduite de ce changement ne revêt aucun caractère d’urgence pour le business : RH, image, éthique, convictions personnelles, les enjeux sont trop “soft” et pas assez cash. Le wecena est relégué sur la voie des véhicules lents. Aux yeux du business, la moindre affaire sera toujours plus urgente que l’optimisation des intercontrats (à moins que celle-ci ne rapporte du cash, mais c’est une autre histoire).
  • La RSE et le mécénat sont parfois réduits à un outil de communication corporate. Pour pouvoir communiquer sur sa RSE, il suffit parfois de recueillir un témoignage de salarié, inutile d’en mobiliser 100 sur l’opération. Il n’y a pas besoin de s’engager sur du volume, ou de faire bouger son entreprise pour mobiliser un grand nombre de salariés. Communication corporate ne rime pas avec volume, valeur économique et impact social. Donc une fois qu’un contributeur a été envoyé sur un projet (voire même avant), la SSII communique publiquement sur son engagement et ne se sent pas vraiment obligée de traduire son engagement par du volume ou de la régularité. Ce n’est pas de l’engagement sérieux.
  • Un projet RSE qui ne rapporte pas de cash a une valeur quasi-nulle pour les dirigeants de SSII. De nombreuses SSII ont refusé de faire du wecena au motif que le mécénat ne rapporte d’argent immédiatement : le mécanisme fiscal est utilisé pour financer la formation et l’encadrement des contributeurs en intercontrat, pas pour être encaissé par l’entreprise mécène. L’utilité sociale auprès des personnes démunies n’a pas de valeur pour la plupart des dirigeants de SSII. Pire, les bénéfices qu’en tirent sa société sur le plan de la gestion des ressources humaines (motivation des salariés, fierté d’appartenance, …) sont négligeables pour la plupart d’entre eux. Les dirigeants les mieux renseignés au sujet du développement durable et du concept de “triple bottom line” argumentent : ” Si le mécénat ne rapporte pas d’argent, c’est qu’il ne s’agit pas de développement durable puisqu’il ne produit pas un impact positif sur la bottom line financière” et en concluent : ” On veut bien faire du wecena, mais uniquement si ça rapporte du cash”. Autrement dit : ” Si le wecena ne nous rapporte pas de cash, ça ne nous intéresse pas, et ce même si ça ne nous coûte rien. ” Au final, seuls les plus convaincus acceptent d’en faire. Mais un peu trop “à la légère” pour la plupart d’entre eux.
  • Convaincre une SSII de faire du mécénat, ça ne suffit pas à la convaincre d’en faire beaucoup et régulièrement. Il y a celles qui en font “pour la communication” et se satisfont donc d’un maigre volume. Et il y a celles qui en font “pour les RH” mais, même dans ce cas, la frustration des porteurs RH est grande devant l’incompréhension et le manque d’enthousiasme et d’attention des dirigeants commerciaux. Dans le secteur de sous-traitance qu’est celui des SSII, la culture commerciale l’emporte largement sur celle du développement des ressources humaines. Et même quand le comité de direction est enthousiaste et partant, le moindre coût de Trafalgar sur le business met le mécénat en danger : ce n’est pas une priorité et ça passe à la trappe si le RH a d’autres soucis à gérer pour un temps. Le mécénat est la dernière roue du carrosse, juste après les RH vus comme centre de coût voire comme un luxe inutile. “Faire de la RSE” en soi ne suffit pas, “occuper utilement les intercontrats” non plus, rendre ses salariés heureux ou fiers d’eux-même ou de leur société est un luxe.
  • Ce qui freine la RSE, ce n’est pas son coût mais la difficulté à en percevoir et à en communiquer la valeur aux parties prenantes. Dans ce contexte, le modèle économique du wecena est trop compliqué. Ce DG de SSII l’avait bien compris : ” Monsieur Millerat, j’ai beaucoup de sympathie pour votre projet !” me dit-il tout sourire en me confiant une coupe de champagne lors du cocktail d’assemblée générale de Syntec Numérique. Plusieurs mois après, une responsable RH de sa société m’avoue : ” Nous avons bien compris que le coût du wecena est remboursé par des économies d’impôts. Mais, finalement, nous ne ferons pas de wecena car, même si cela ne nous coûte rien, notre DG serait alors obligé d’expliquer à la maison mère pourquoi notre résultat avant impôts a baissé même si cette baisse est compensée à 100% par l’économie d’impôts. Les échanges avec la holding corporate sont déjà assez compliqués comme ça, notre ‘bande passante’ est limitée, on ne va pas ajouter le wecena en plus, les actionnaires ne prendraient pas la peine de comprendre. De plus, comme les bonus de nos managers sont indexés sur notre résultat avant impôts, cela nous obligerait à expliquer à nos managers pourquoi nous modifions la définition de leur bonus et donc pourquoi nous faisons du wecena. Le jeu n’en vaut pas la chandelle… “. Le wecena, même si il ne coûte rien en soi, revêt un caractère d’engagement social de toute l’entreprise et de toutes ses parties prenantes. Dans une culture dominante éloignée de l’innovation sociale, la communication sur le wecena risque soit d’être insuffisante et donc inefficace, soit trop coûteuse car le message serait trop éloigné des réalités et réflexes habituels de l’entreprise qui n’est pas habituée à ce genre d’initiative.
  • Une forte proportion des grosses SSII ne paie pas d’impôts sur les sociétés. Même bénéficiaires, les grandes entreprises ont tiré partie de règles fiscales leur permettant d’éviter l’impôt sur les sociétés. Il s’agit notamment des mécanismes de report de déficit : si une société avait un gros déficit une certaine année, elle pouvait reporter son déficit pour compenser les bénéfices des années suivantes et, ainsi, ne jamais avoir d’impôts sur les sociétés à payer jusqu’au moment où ses bénéfices excèderaient largement les déficits des années passées.
  • Le montage contractuel du wecena est trop compliqué : une convention de mécénat entre chaque SSII et chaque association, ça fait beaucoup de paperasses, des négociations contractuelles parfois disproportionnées en temps (au regard du volume des dons obtenus par la suite), des délais de gestion administratives, des reçus fiscaux et des flux financiers qui se multiplient.

Conclusion pour faire au plus court : le wecena version 1.0 est trop compliqué et pas assez stratégique.

Alors que faire ?

Première chose à faire, pallier aux urgences :

  • refaire bouillir la marmite familiale en prenant un job salarié, je deviens à partir de ce lundi directeur de l’innovation du CNED (de l’innovation numérique à finalité sociale, je poursuis dans mon élément),
  • suspendre le remboursement de mes 2 prêts Antropia : l’incubateur social Antropia m’avait permis de financer cette phase de vente initiale aux SSII qui s’était avérée plus longue que prévue, grâce à un prêt d’honneur à Wecena SARL. L’activité n’est pas suffisante pour continuer à rembourser. Antropia m’aide à trouver la meilleure solution pour la suite.
  • faire l’économie de la prospection des SSII : trop de temps passé à essayer de convaincre sur une offre qui n’emporte pas assez d’enthousiasme, mes moyens commerciaux ont été dépassés par l’ampleur de la tâche ; il faudra s’y remettre mais sous une autre forme qui reste à définir et à maintenir dans les limites d’un emploi secondaire (puisque mon engagement professionnel principal devient mon job salarié au CNED)…
  • imaginer un wecena plus simple et/ou plus stratégique : centraliser les dons en créant un fonds de dotation unique et d’intérêt général ? simplifier la tarification ? appuyer le développement des dons sur un réseau d’affiliés (cf. les 20.000 ¤ de cadeaux que vous pouvez gagner et partager sur http://defi.wecena.com/via/jean) ? construire avec un partenaire comme LIENS une offre à plus forte valeur stratégique pour les SSII et lui confier le “développement commercial” ? se focaliser sur des projets de solidarité plus proches des métiers et mettant les contributeurs en contact direct avec des populations en difficulté ? proposer aux SSII de conserver une part de l’économie d’impôts mécénat progressant avec leur engagement et espérer que cela suffise à déclencher un bouche à oreilles plus efficace et vertueux ? proposer aux SSII des contreparties plus “stratégiques” telles que des actions de formation technique au bénéfice de leurs salariés, des actions de recrutement de nouveaux salariés issus de la diversité, des actions d’animation et de communication en lien avec des directions achats de grands comptes … ? vous demander votre avis pour imaginer ce que serait une opération de mécénat de compétences qui pourrait revêtir un caractère réellement stratégique pour une SSII ? Sans doute un peu de tout cela et d’autres choses encore (vos suggestions seront les bienvenues)…
  • poursuivre le wecena au quotidien : plusieurs SSII continuent à jouer le jeu, malgré toute la frustration que je peux ressentir au vu du faible volume d’engagement, et leurs salariés contributeurs continuent à s’activer au quotidien de manière extrêmement utile et appréciée auprès des associations de solidarité. Il faut donc continuer à les accueillir, les former, les encadrer, assister l’association bénéficiaire dans la conduite des projets. Je continue à m’en charger : pour le flux actuel de 1 équivalent-temps-plein, ça me prend environ 2 demi-journées par semaine, réparties entre les mêlées téléphoniques qui ont lieu entre midi et deux, et les travaux du soir, sans compter que mon nouvel employeur accepte que je consacre quelques jours de congés sans solde à cette période de transition. Des amis consultants sont prêts à prendre le relais dans ce rôle d’assistance à la conduite de projets agiles et à distance. Pour moi, il s’agit également de maintenir en conditions opérationnelles la plate-forme wecena.com et de continuer à l’exploiter pour la production des reçus fiscaux et des éléments de reporting nécessaires aux associations et aux SSII.

Voila, voila. Vous l’aurez compris, c’est la crise aussi pour le wecena. Le wecena se poursuit malgré tout et, tant qu’il reste des SSII prêtes à remonter les manches de leurs salariés pour les faire contribuer à des projets de solidarité, le wecena continuera à exister. Le fait de reprendre un boulot de salarié me permet d’envisager avec plus de sérénité l’avenir du wecena (je n’ai plus le couteau sous la gorge), cela se traduira peut-être par un rythme d’évolution plus modeste, mais cela se traduira sans doute également par une plus grande ouverture et l’implication d’un plus grand nombre de partenaires.

Qu’est-ce que tout cela vous inspire ? À vous lire !

Partagez 20.000 euros de cadeaux solidaires avec votre réseau d’amis

Monday, March 5th, 2012

Mobilisez votre réseau d’amis pour une association de solidarité et partagez jusqu’à 20.000 EUR de chèques cadeaux bios, solidaires et équitables.

L’entreprise sociale Wecena offre des chèques cadeaux aux personnes qui s’inscrivent sur son  site, invitent leurs amis à s’inscrire à leur tour, jusqu’à ce qu’un ami d’ami d’ami (etc.) réussisse à convaincre un informaticien d’offrir au moins 2 jours de travail gratuit à une association de solidarité Wecena. Les associations soutenues par Wecena ½uvrent dans le domaine du handicap, de l’éducation et de la lutte contre la pauvreté. Plus vos amis d’amis d’amis (etc.) réussissent à convaincre des informaticiens d’aider les associations dans le cadre du wecena, plus vous et votre réseau d’amis gagnez de cadeaux. Ces associations ont besoin de compétences numériques, elles ont besoin de vos réseaux.

Alors si vous avez des amis :

  1. Inscrivez-vous en cliquant sur le lien envoyé par votre ami :

    http://defi.wecena.com/via/jean

  2. Vous obtenez un lien personnalisé avec votre propre pseudo, par exemple :
    http://defi.wecena.com/via/francoise
  3. Faites suivre ce lien personnalisé à plusieurs amis pour qu’ils s’inscrivent à leur tour et obtiennent leur propre lien personnalisé à faire suivre
  4. À chaque fois qu’un nouvel informaticien offre 2 jours de travail gratuit à l’une des associations dans le cadre du wecena, sa chaîne d’amis partage 200 EUR de cadeaux !

Pour une fois, il s’agit d’une chaîne de l’amitié qui sert vraiment à quelque chose : à mobiliser des informaticiens pour des associations de solidarité qui ont besoin d’eux, et à partager avec vos amis quelques cadeaux bios, équitables et solidaires. (Les cadeaux peuvent aussi être convertis en dons pour les associations.)

Faites bouger des informaticiens et recevez vos cadeaux… Inscrivez-vous en cliquant sur le lien envoyé par votre ami, recevez votre propre lien puis offrez-le à vos amis !

Le calcul causal peut prouver l’utilité d’une innovation sociale sans expérimentation

Thursday, January 26th, 2012

Quand on est décideur politique, entrepreneur social ou financeur d’innovations sociales (fondations,…), on aimerait bien savoir si l’innovation sociale ou la politique publique que l’on décide de financer ou de mettre en ½uvre sera réellement utile ou non pour la société. Par exemple, si je promets un sac de lentilles gratuit à toute famille africaine qui vient au dispensaire pour faire vacciner son enfant, est-ce qu’il y aura plus d’enfants vaccinés que si je ne fais pas cet effort ? Cet effort en vaut-il la peine ?

On aimerait mesurer (et même prédire) l’impact social de sa nouvelle initiative, de sa nouvelle intervention. Il y a des méthodes pour cela, comme par exemple la méthode du Social Return On Investment (SROI). Mais l’un des points faibles de ces méthodes (outre leur important coût de mise en ½uvre) est qu’elles ne permettent pas d’évaluer de manière très fiable si l’effet obtenu (il y a plus d’enfants vaccinés qu’auparavant ou bien qu’ailleurs) est réellement causé par son intervention (la distribution du sac de lentilles) ou bien si elle n’est pas due à d’autres facteurs (une meilleure information des familles par le bouche à oreilles, le fait que les familles aient pris l’habitude de se rencontrer sur les lieux de vaccination, ou l’influence astrale de la position des planètes…). On peut raisonnablement supposer que le sac de lentilles a contribué à une meilleure vaccination. Mais peut-on attribuer cet accroissement de la vaccination à cette intervention ? Difficile à dire…

Alors on recourt souvent à des hypothèses contestables et peu solides sur “ce qui se serait passé si mon innovation sociale n’avait pas été mise en ½uvre” et sur “ce qui, maintenant que mon innovation sociale existe, contribue à produire le même effet ou à le renforcer”. Comme les historiens qui cherchent à identifier la cause d’un événement, on essaie de faire preuve d’imagination et on formule des hypothèses peu solides car difficilement prouvables : ” Et si mon innovation n’existait pas, que se passerait-il ?”. Malheureusement, la méthode SROI a un niveau de complexité tellement inhabituel pour le champ de l’innovation sociale, que ces hypothèses au c½ur de la méthode restent souvent cachées, réduites à un 1 ou 2 ratios rapidement posés dans un coin du calcul et sont rarement contestés par les décideurs et financeurs, déjà impressionnés de voir que tel innovateur a mis en marche une telle méthode aux apparences de rigueur scientifique… Bref, le SROI, c’est très bien et généralement vertueux, c’est assez bluffant et utile, mais c’est loin d’être parfait.

Alors comment aller plus loin ? Et comment prouver que le projet que l’on promeut (distribuer des sacs de lentilles) est bien la cause que l’on peut attribuer à l’effet que l’on promet (avoir plus d’enfants vaccinés) ? Pour pouvoir prouver la cause réelle de l’effet attendu, il est préférable, et souvent indispensable, de mettre en place une expérimentation randomisée en double aveugle, comme le promeut par exemple le Poverty Lab d’Esther Duflo. C’est le même genre de problème, et de rigueur expérimentale nécessaire, que dans le domaine médical où l’on veut être sûr de l’impact d’une nouvelle thérapie avant de la mettre sur le marché.

Cependant, les études randomisées en double aveugle sont elles-mêmes coûteuses à mettre en ½uvre puisqu’il faut étudier deux fois plus de personnes. Il faut comparer l’effet attendu sur un groupe de personnes qui bénéficient de l’innovation (combien de familles font vacciner leur enfant parmi celles  à qui on promet le sac de lentilles) et le même effet sur un groupe de personnes que l’on prive de notre intervention (combien de familles font vacciner leur enfant en l’absence d’une promesse de sac de lentilles). Ce doublement du coût de la mesure est-il vain ? Certainement pas, il est indispensable sinon l’expérimentation ne démontre rien. Mais ce coût est à prévoir et donc à financer…

Et ces situations posent aussi des problèmes éthiques et de relations publiques : allez-vous priver “pour la science” des enfants d’une chance supplémentaire de se faire vacciner en décidant que leur famille ne se verra pas motivée par un sac de lentilles ? Allez-vous laisser mourir des enfants du “groupe témoin” pour pouvoir prouver que votre sac de lentilles est vraiment efficace et aurait pu les sauver si vous aviez été moins rigoureux ? Un raisonnement éthique bien posé devrait permettre de trouver rapidement la réponse. Mais ce raisonnement n’en reste pas moins difficile à communiquer.

Une solution nouvelle à ce problèmes semble émerger d’une théorie mathématique appelée la théorie du calcul causal, en probabilité. En effet, cette théorie permet, dans certains cas, de “remplacer” de manière tout aussi rigoureuse l’étude randomisée en double-aveugle par l’étude statistiques de données supplémentaires. Cette théorie aide à déterminer quels sont les indicateurs qui, si ils sont mesurés dans la situation actuelle (donc sans expérimentation randomisée en double aveugle), permettent par le biais de calculs, de démontrer l’efficacité d’une intervention. C’est presque magique, l’application de cette théorie permet de répondre de manière rigoureuse à des questions du type ” Que se serait-il passé si ces personnes avaient été privées de mon innovation ?” ou bien, à l’inverse, “Que se serait-il passé si ces personnes avaient été forcées à bénéficier de mon innovation ?”. Le prix à payer réside dans la nécessité de devoir formuler des hypothèses plus précises sur la  manière dont la cause promue (le projet, l’intervention, l’innovation, le sac de lentilles) produit l’effet promis (l’impact social, le nombre d’enfants vaccinés), par exemple par quelles étapes intermédiaires la cause produit son effet. Et ces hypothèse peuvent à leur tour être contestées. L’autre prix à payer, c’est qu’il faut mesurer un plus grand nombre d’indicateurs, correspondants aux hypothèses supplémentaires qui ont été formulées. Enfin, la théorie du calcul causal ne s’applique pas à tous les cas de figure. Mais l’avantage est énorme : pas besoin d’expérimentation !

Je découvre tout juste cette théorie et je ne saurais pas la mettre en ½uvre. D’ailleurs, je ne pense pas qu’elle ait déjà été mise en pratique par qui que ce soit dans le domaine de la mesure d’impact social (si ?). Mais quelle formidable découverte si elle permet, par l’analyse de données (vive l’open data), de s’économiser la mise en ½uvre d’une procédure expérimentale coûteuse, longue et à l’éthique parfois douloureuse.

Vivement que des chercheurs et des ingénieurs puissent outiller cette théorie et en faire bénéficier le champ de l’entrepreneuriat social !

NB : au passage, j’ai découvert le paradoxe de Simpson (rien à voir avec Bart) qui démontre combien notre intuition interprète mal la signification des probabilités.

Crowd sourcing, machine learning et intérêt général

Thursday, December 15th, 2011

[ J'avais envie d'envoyer ce message par mail à mes anciens collègues du laboratoire de recherche Personalization and Knowledge Lab de Motorola mais je me suis dit que ça pourrait inspirer d'autres personnes alors je le poste sur mon blog... ]

Salut les ex-PKLers…

J”ai une idée tordue et j’aimerais avoir votre avis à son sujet, si vous avez le temps et que le c½ur vous en dit… C’est un peu long, je vous préviens, on ne se refait pas…

La finalité de mon idée est de faire bénéficier certaines associations humanitaires (ou d’autres organismes d’intérêt général) des possibilités de prédiction et de recommandation offertes par les technos du machine learning.

La raison pour laquelle je réfléchis à ce sujet est triple :

  1. le machine learning, c’est vachement rigolo et ça me manque…
  2. il y a une grosse SSII qui me propose des informaticiens mais uniquement si c’est sur des projets ayant une dimension plutôt innovante sur le plan scientifique,
  3. je rêve de trouver un moyen d’utiliser mes notions de  machine learning pour des projets humanitaires ou d’intérêt général.

Pour avoir encore un peu de contexte, mes sources d’inspirations, pour cette idée, sont :

Mon idée est de trouver un moyen pour faire travailler de nombreux salariés de SSII en intercontrat sur la production de services de prédiction/recommandation, pour des ONG, via une plate-forme conçue à cet effet. Ma question est : est-ce faisable et si oui comment ?

Autrement dit, peut-on abaisser la “barrière à l’entrée” pour permettre à des informaticiens non spécialistes du machine learning et qui ont peu de temps à consacrer à ce projet, de contribuer de manière utile pour produire à plusieurs un service de prédiction/recommandation ?

Autrement dit encore et avec quelques détails en plus : en supposant que j’ai chaque jour 20 informaticiens en intercontrat à ma disposition, que chacun reste sur le projet sur une durée de 2 à 5 semaines, est-ce que je peux utilement les faire travailler via une plate-forme conçue à cet effet pour produire un service de prédiction/recommandation ? Est-ce que les résultats produits risquent de converger très rapidement (en 1 ou 2 mois) vers un certain niveau de qualité médiocre et ne jamais en décoller pendant le reste de l’année ? Ou bien est-ce que je peux espérer, en les faisant travailler de manière adéquate, produire une progression qui se poursuive pendant 1 an sur le même dataset ? jusqu’à obtenir des prédictions de qualité acceptable ?

Là où mon idée commence à devenir tordue, c’est que les informaticiens en question n’ont aucune compétence en machine learning. Ça va de l’analyste-réalisateur mainframe senior au spécialiste du module SAP dédié à la comptabilité des amortissements des sociétés de transports, en passant par le développeur J2EE junior et l’administrateur réseau Cisco. Comment faire travailler ensemble sur ce projet une foule d’informaticiens non spécialisés en analyse de données ?

Or, à la fois dans le Netflix prize et dans les prix de kaggle, il semble y avoir comme un leitmotiv :

  1. bien sûr, la qualité et la taille du dataset d’origine est absolument essentielle,
  2. au final, c’est l’approche “ensemble learning” qui semble marcher le mieux,
  3. les types d’algorithmes à mettre dans cet ensemble (réseaux de neurones, classifieurs bayésiens, ou autres) n’importent pas tant que ça, et il y a des algorithmes généralistes assez robustes qui donnent des résultats souvent pas trop mauvais (les decision trees mis en random forests par exemple), l’important c’est d’avoir une bonne diversité d’algorithmes et de paramétrage de ces algorithmes,
  4. la différence entre les gagnants se fait en grande partie sur leur capacité à traiter les données en amont de ces algorithmes : pour en extraire des indicateurs et des paramètres qui seront pertinents pour les algorithmes (normalisation, moyennage, discrétisation, combinaison de données, réduction/sélection des données, dérivation des données éventuellement en faisant intervenir des jeux de données de référence supplémentaires, etc.)
  5. pour avoir de bonnes intuitions quand aux enrichissements/dérivations/réductions à apporter au dataset en amont des algorithmes d’apprentissage, une certaine connaissance du métier ou du domaine fonctionnel dont parlent les données peut aider, mais ce n’est pas indispensable et une absence de connaissance du métier peut être partiellement compensée par la mise en place de bonnes visualisations de ces données.

Résumé de l’approche qui est sensée marcher le mieux : Bon dataset => Visualisation inspirantes => Nombreuses et diverses dérivation ou réductions => Divers algos d’apprentissage => Ensemble.

Est-ce que ce que je dis là vous semble plutôt vrai ? ou est-ce que le démon se cache dans le détail de mes erreurs ?

En continuant sur cette lancée, je me dit que des informaticiens qui ne sont pas des “data scientists” mais ont 3 ou 4 semaines à consacrer à ce type de problèmes pourraient commencer par apprendre à produire des visualisation du jeu de données pour chercher des intuitions quant à la manière dont il faudrait l’enrichir (point 5 ci-dessus). Ensuite, ils pourraient écrire des petits scripts dans le langage de leur choix pour enrichir le dataset avec des données dérivées (point 4 ci-dessus) ou pour en réduire la dimension en sélectionnant certaines de ces données. Leur travail s’arrêterait là.

Ensuite, une batterie pré-définie de quelques algorithmes plutôt pas mauvais en général pourrait mouliner ces datasets enrichis et, en mettant le tout dans un Ensemble, fournir des résultats pas trop médiocres ? En ayant un nombre et une diversité suffisamment grands de contributeurs, en les faisant partager leurs intuitions via une bonne animation en ligne (rencontres, discussions, forum, wiki,…) et en les faisant travailler avec les bons outils collaboratifs (partage de code, …), qu’est-ce que ça donnerait ?

Autrement dit, est-ce qu’on peut compenser une absence d’expertise en machine learning par :

  • une population suffisamment grande et diverse d’informaticiens non experts et ne pouvant rester plus d’1 mois ou 2 sur le sujet,
  • et une plate-forme de machine learning bien pensée.

Est-ce que, ainsi, pour un dataset donné et moyennant un travail initial de quelques semaines pour mettre en place la plate-forme puis pour la “régler” pour ce dataset, je pourrais faire utilement travailler pendant un an 20 informaticiens disponibles chacun pour une durée de 2 à 6 semaines ?

Ou bien est-ce que je ne fais qu’énoncer le paradoxe du singe savant ?

Voila. Si jamais cela inspire quelqu’un, qu’il réagisse en commentaire SVP !

Elèves de Grandes Écoles = carottes pour SSII ?

Thursday, August 18th, 2011

Vous connaissez le concept des carrotmob ? On trouve un commerçant qui accepte un deal du style : ” On vous amène 200 clients ce soir et, en échange, vous vous engagez à consacrer 30% du chiffre d’affaires correspondant pour remplacer toutes vos ampoules à incandescence par des ampoules basse consommation et pour ajouter des produits équitables dans votre catalogue pendant un an”.

Bref, on agite devant le commerçant une carotte (les nouveaux clients) en échange d’un engagement solidaire pour la planète ou les plus démunis (investissement dans du nouveau matériel, changement de fournisseur d’électricité, etc.). Ensuite, “yapluka” rameuter les clients en foule “pour la bonne cause”. Si ça marche, tout le monde y gagne :

  • les clients bénévoles ont fait leur bonne action (et leurs courses !)
  • le commerçant a un chiffre d’affaire suffisant pour investir dans du nouveau matériel bon pour l’environnement ou dans de nouvelles pratiques plus solidaires et durables
  • une bonne cause a été servie de manière concrète (environnement, solidarité, …)

Le concept est américain, sympa et se développe en Europe : avec un certain succès en Allemagne, plus lentement en France. Le plus dur semble être de trouver les commerçant prêts à s’engager : c’est nouveau alors ça suscite forcément un peu de méfiance…

Dans le cas qui m’intéresse, les commerçants sont des SSII. Et les carottes pourraient être… les futurs jeunes diplômés de grandes écoles ! Les élèves intéressés pourraient participer en acceptant d’assister à des journées de recrutement de SSII (présentation de la boîte, simulations d’entretiens) en échange d’un engagement concret de la SSII au profit d’une grande cause (handicap, éducation, pauvreté…). L’idée serait donc la suivante : je trouve une ou plusieurs SSII prêtes à s’engager : pour tout élève de telle ou telle école qui participe à son événement de recrutement, elle s’engage à offrir X journées de travail de ses salariés à une association de solidarité. Les SSII ne s’engagent pas à embaucher les élèves ni les élèves à répondre à n’importe quelle offre d’emploi de la SSII. Les étudiants participants s’engagent juste à participer à l’opération de recrutement, à ouvrir leurs yeux et leurs oreilles pour découvrir l’entreprise, à y déposer leur CV, éventuellement à s’entretenir avec des salariés ou des manages de l’entreprise… De leur côté, les SSII s’engagent à un offrir un nombre important de jours de prestations pour chaque participant. Et je contrôle par la suite que les engagements sont tenus dans les temps. En bonus, les élèves les plus motivés peuvent également aider bénévolement les associations de solidarité qui bénéficient de l’opération.

L’intérêt principal que j’y vois, c’est que les SSII raffolent des futurs jeunes diplômés des grandes écoles et que ce serait une sacrée carotte pour faire en sorte qu’elles fassent davantage don des temps morts de leurs salariés aux associations de solidarité pour lesquelles je travaille. Actuellement, les SSII qui font déjà du wecena font preuve de bonne volonté. Mais, en interne chez elles, convaincre ses collègues, patrons et subordonnés de l’importance de faire du mécénat de compétences n’est pas chose aisée : il manque une carotte concrète !

La question que je me pose encore est la suivante : y aurait-il suffisamment d’élèves de grandes écoles prêts à participer à de telles opérations de recrutement de manière à développer les dons de compétences des SSII au profit des associations de solidarité ? A votre avis ?

Les business models rentables des entreprises sociales…

Wednesday, May 18th, 2011

… étude des solutions innovantes. C’est le titre du mémoire de fin d’études que prépare Coralie Gaudoux, qui vient de me contacter. Avec son accord, je publie ici (sous licence CC-BY-SA) le questionnaire qu’elle a préparé pour cette étude. Régulièrement, des étudiants m’interrogent sur Wecena. J’essaie désormais de leur répondre publiquement, pour que cela profite éventuellement à d’autres.

Questionnaire pour l’étude terrain

La mission sociale

Quelle est le constat de départ ? Le problème social et/ou environnemental à résoudre ?

Constat de départ : les associations innovantes ont difficilement accès aux compétences technologiques qui leur permettraient de faciliter leur mission de transformation/résolution de problèmes de société. 2ème constat : chaque jour, de l’ordre de 10.000 informaticiens salariés des SSII sont payés à ne rien faire (phénomène structurel de l’intercontrat).

Quelle est la mission sociale de l’Entreprise ?

Démultiplier la capacité de résolution de problèmes de société des innovateurs sociaux en leur donnant accès à l’agilité et aux compétences technologiques des professionnels de l’informatique.

Quels sont ses objectifs ? Ses principes d’action ?

cf. notre business plan social, partie “mission”

La cible

Qui sont les bénéficiaires directs et indirects de l’activité de l’entreprise sociale ?

Bénéficiaires directs = les associations d’intérêt général dont les projets reçoivent les contributions d’informaticiens. (Exemple : association BrailleNet)

Bénéficiaires indirects = les bénéficiaires finaux des activités de ces associations (Exemple : lecteur handicapé utilisant la bibliothèque numérique de l’association BrailleNet).

Autres bénéficiaires indirects = les informaticiens participants, qui y trouvent leur compte en termes de fierté personnelle et professionnelle, de sens du service, de sentiment d’utilité, etc.

cf. notre business plan, partie “bénéficiaires”

Qui sont les clients ?

Les clients sont les associations porteuses de projets.

Le produit/service

Quel est le produit/ le service proposé ?

Package de 3 prestations :

  1. accès à une plate-forme de travail collaboratif permettant l’intervention, via Internet, d’informaticiens au profit de l’association
  2. assistance de l’association à l’encadrement des prestations réalisées par ces volontaires informaticiens et assistance technologique (conseil et réalisation de logiciels sur mesure)
  3. représentation des projets de l’association en recherche de volontaires, auprès des sociétés de service en informatique (pour les convaincre de faire du wecena et faciliter la relation association/entreprise au quotidien)

Comment est-il produit ? Quelles sont les particularités, les innovations dans la production de ce service ?

cf. notre business plan social, partie processus de production

La principale innovation dans la production de ce service consiste à appliquer au secteur de la solidarité et du mécénat de compétences les pratiques, méthodes et outils de “crowdsourcing” (mobilisation d’une foule de contributeurs occasionnels) déjà exploitées par les communautés d’informaticiens du logiciel libre (open source) et par les communautés d’internautes contribuant à des projets tels que la wikipédia. Cette transposition offre des modalités de gestion de la connaissance des contributeurs compatible avec le taux de rotation astronomique de ces contributeurs sur les projets associatifs.

Comment est-il distribué ? Quelles sont les particularités, les innovations dans la distribution de ce service ?

Le service est distribué en direct aux associations via Internet dans la plupart des cas (certaines missions s’effectuent “sur place” dans les locaux de l’association bénéficiaire, en région parisienne, mais c’est plus rare). La prestation de représentation des associations auprès des SSII s’effectue sous la forme d’un process de vente B2B de services en face à face avec les interlocuteurs RH, communication ou marketing des SSII.

L’environnement

Qui sont les concurrents ?

cf. notre business plan social, parties “alternatives”

Qui sont les partenaires ? Sous traitants ?

Les principaux partenaires jouent un rôle de prescripteur du wecena auprès des SSII, ou de réseau d’accompagnement (ESSEC/Antropia). cf. rubrique “partenaires” du site wecena.com

Les fournisseurs principaux sont un cabinet d’expertise-comptable, un hébergeur Internet pour le serveur de la plate-forme collaborative et une banque pour les opérations courantes.

Quelle est la législation relative au projet ?

Le principal cadre législatif est celui du régime fiscal du mécénat (article 238 bis du code général des impôts) renforcé depuis la “loi Aillagon d’août 2003″.

Dans un second temps, Wecena expérimente un financement alternatifs de certaines opérations via le mécanisme de déductibilité de certaines dépenses de l’entreprise du montant de leur contribution annuelle à l’AGEFIPH au titre de leur obligation d’emploi de travailleurs handicapés (arrêté du 9 février 2006).

Le droit du travail français est également très structurant pour l’activité puisque c’est lui qui justifie en grande partie le volume du phénomène de l’intercontrat en SSII.

L’organisation

Quel est le type d’organisation ? La structure juridique ?

Société unipersonnelle à Responsabilité Limitée (EURL).

cf. “pourquoi avoir choisi un statut de société ?”

Quelles sont les ressources humaines ? Il-y-a-t-il des particularités dans les ressources humaines sélectionnées ?

Pour le moment, le gérant est seul (c’est moi !). J’envisage l’embauche d’un consultant en conduite de projets informatiques ayant une expérience du secteur de la solidarité puis d’un business developer pour accélérer le développement.

Les créations de valeurs

Quel est le modèle de revenus ? (explication rapide des postes de dépenses et de revenus)

Les prestations aux associations clientes et bénéficiaires donnent lieu à une facture mensuelle d’une valeur proportionnelle (deux tiers) à la valeur des prestations reçues par l’association sous la forme de dons en nature des SSII mécènes. Plus les SSII mécènes envoient des salariés volontaires, plus Wecena a du travail à fournir à l’association pour aider à les accueillir et à les encadrer et plus Wecena facture aux associations.

Mais les associations n’ont pas les moyens de payer par elles-mêmes. Les SSII participantes s’engagent donc à financer l’intégralité de l’opération en y consacrant leur économie d’impôts (ou bien un budget de leur mission handicap si les dépenses sont déductibles de leur contribution AGEFIPH). Plus elles réalisent de prestation via leurs salariés volontaires, plus leur “don en nature” a de valeur, plus elles ont droit à une économie d’impôts. Cette économie d’impôts fait l’objet d’un don à l’association bénéficiaire qui peut ainsi régler Wecena. Au final, le wecena ne rapporte pas directement d’argent à la SSII mécène (ni ne lui coûte, d’ailleurs), pas plus qu’à l’association bénéficiaire. Les bénéfices pour la SSII mécène sont immatériels et relatifs au renforcement de sa RSE (fierté d’appartenance, marque employeur, motivation des salariés, employabilité renforcée, limitation des risques psycho-sociaux, etc.).

cf. le schéma du modèle économique du wecena

Quelle est la valeur sociale et environnementale créée le long de la chaine de valeur ?

Est-ce que les liens ci-dessous répondent suffisamment à cette question ?

Comment se mesure l’impact social ?

cf. cette partie de la FAQ ainsi que notre business plan social, partie “évaluation et mesure de l’impact social”

La méthode SROI a été mise en ½uvre sur l’un des projets associatifs.

Voila !

Free money

Monday, February 14th, 2011

Not “free money” as in “free beer” but free as in “free speech”. I mean “Libre money”, like “Libre software”. Money made free. Goods made free so that they make people freer. What could this mean ?

Could the concept of copyleft found in the realm of software and intellectual creativity be transposed to material and rival goods so that humans get freer from their dependency on material goods and property ?

Let’s pretend I have a pencil in hand (or 10 euros). Here is my (imaginary) offer to you be : you can get this pencil if and only if :

  • after some predefined time (let’s say after 10 seconds) you must accept to give this pencil (or an equivalent pencil ?) further (not back) to anyone who asks for it and accepts some predefined conditions (the contract)
  • the most important condition this futher person/borrower must accept is to further transfer the goods along with their freedom contract once the defined delay has expired : they can’t put any additional restrictions to the freedom of people wishing to get these pencil(s)
  • maybe you will have some interest to add to it (for instance the condition may be that you must accept also giving a second pencil under these conditions after 10 seconds)

Once you get the pencil under such a contract, you are free to do anything you want with this pencil (you may draw a picture for instance). 10 seconds later, you may still keep it as your own (and keep on drawing pictures meanwhile) until someone comes to you and asks for this pencil. Then you must propose this pencil and an additional one under the conditions above. If the further person accepts these conditions, she may take this pencil (or these 2 pencils) and do the same : do anything she wishes during some time then keep doing anything she wants until someone gets the (1, 2, 3 or 4) pencil(s) under the same contract.

From now on, these pencils are made free. They are still the property of the persons who initially set them free. But, as long as the conditions of the contract are respected, they will freely flow from person to person. If there is an interest rate defined in the contract (the second pencil or 100% interest rate in the example above), then these interests are also made free and will contribute to the total amount of free rival goods in circulation. In some future, the whole population of pencils of planet earth may be made free in such a process !

You may note that this whole concept I am proposing here :

  • is rooted in the free culture of free software
  • is also rooted in the culture of giving in freedom which the economy of communion tries to promote
  • gets inspiration from the current trend of sharing stuff via the Internet, and optimize the ownership and use of material goods, including the fabulous freecycle network
  • somehow relates to the American ideal of “giving back to the community” (once you are richer) but with a twist
  • allows charitable gifts to poor people to be made less humiliating because the gift is now a loan and “officially” recognizes that the person receiving goods (the “poor” person) also receives a debt not toward the giver but toward humanity, while still giving merit to the initial loaner who “sufffers” from the “loss” of the items made free
  • is a common practice in many traditions such as master/apprentice  or teacher/student or parents/children relationships : master transfers some trade knowledge to apprentices as long as a moral obligation to further transfer this tradition/knowledge to future generations of apprentices/would-be-masters.

Now there are several practical problems with any attempt at contractualizing these practices of “giving back to the community” :

  • what if someone is materially not able to further give/transfer the good when the loan delay has expired ?
  • how to limit the risks of having malicious people exploit the system at their own profit and break the chain of freedom ?
  • are interests rate desirable or even morally acceptable ?
  • which sets of conditions would best guarantee the development of the freedom of humanity with regards to these goods ?
  • could such contracts be drafted and enforced world-wide despite borders and disparities among national laws ?
  • in order to maximize the probability that people don’t abuse the system and protect the freedom of these goods in further paying their debts, should the power of this contract mainly rely on justice (a judge may take your goods in order to pay your freedom debt) ? or on social mechanisms (such as only accepting female borrowers or borrowers who come as a group of independent but socially related people, in a way similar to some practices in the field of microcredit) ? or both ?
  • could such a system be made viable offline ? or will it necessarily rely on online trust mechanisms (identity, reputation, social networks, cryptography, …) ?
  • could such a system be made viable without a central platform ? can it work in a peer-to-peer fashion in the same way free software licences work (the only central point of failure for the GPL is the unique power of the FSF to release later versions of the GPL) ?
  • could the risk of failing borrowers (people not paying their debt further) be covered by some insurance mechanisms and agents ?

My real purpose here (beyond playing with an attractive concept) is to invent a contract which can be useful in order to augment the freedom of people to access and use goods they don’t own while still protecting (and contributing to) the freedom of further people to do so.

With your comments and contributions, maybe we could find the perfect combination of conditions a freedom loan contract should impose in order to meet the purpose above.

In further comments or posts, we/you may :

  • tell the fiction of several goods released under free loans/free debt contracts in order to explore the potential advantages and drawbacks of some combinations of conditions,
  • propose several such loans “for real” to readers in order to practically experiment and play with these concepts.

(But please DO NOT ASK for money here. Money will not be given to you. People asking for money and not usefully contributing to this conversation may be banned as spammers.)

De l’entreprise responsable à l’entreprise sociale

Tuesday, December 21st, 2010

[Je rédige cet article comme introduction d'un dossier spécial "RSE" pour les revue des anciens des écoles Centrale de Lille, Lyon, Nantes et Marseille. Je devrai en zapper certains paragraphes pour le ramener de 5 à 4 pages. Vos suggestions et corrections sont les bienvenues...]

Votre entreprise paie des impôts, maintient des emplois, sert des clients et des actionnaires, elle respecte la loi… Pour autant, exerce-t-elle pleinement sa responsabilité vis-à-vis de la société ? Pas forcément si l’on en croit le concept de Responsabilité Sociale de l’Entreprise.

Définition

La RSE va plus loin que les obligations légales. La Responsabilité Sociale de l’Entreprise, c’est la déclinaison du concept de développement durable au monde de l’entreprise. La RSE propose donc une vision de l’entreprise articulée autour de 2 concepts clefs : les parties prenantes et le triple bilan.

Parce qu’elle n’interagit pas seulement avec des clients ou des actionnaires, l’entreprise responsable prend en compte toutes ses parties prenantes : dirigeants, clients, actionnaires, fournisseurs, employés, collectivités publiques, familles des employés, associations et ONGs, habitants, personnes en marge de l’économie…

Et parce qu’avec chacune de ces parties prenantes, elle ne produit pas qu’un résultat économique, l’entreprise responsable évalue sa performance dans un triple bilan : économique mais aussi environnemental et social. On parle ici de bilan social au sens large, c’est-à-dire concernant :

  • autant les relations humaines au sein de l’entreprise (notamment avec les employés)
  • que les relations humaines à l’extérieur de l’entreprise (avec les familles des employés, les concurrents, les personnes éloignées de l’emploi, …) c’est-à-dire au sein de la Société avec un grand S (d’où l’expression de bilan sociétal parfois utilisée).

Les relations avec chaque partie prenante sont autant de chantiers pour le développement de la RSE.

L’entreprise et ses dirigeants

L’amélioration de la gouvernance est historiquement l’un des premiers chantiers d’action pour les grandes entreprises inventant leur RSE. Il s’agit d’améliorer la transparence du gouvernement d’entreprise et la responsabilité individuelle de ses dirigeants : règles de nomination des dirigeants et des administrateurs, mécanismes de contrôle et de sanction, répartition et régulation des pouvoirs des dirigeants… Plus de transparence et de responsabilité de la direction peut amener à un comportement plus responsable de l’entreprise.

Les fournisseurs

L’audit social ou environnemental des fournisseurs de l’entreprise est un autre levier historique de la RSE. Lorsqu’une marque grand public ou une enseigne de distribution se retrouve au centre d’un scandale médiatique parce que ses fournisseurs, dans des pays pauvres, font travailler des enfants ou des esclaves, il y a matière à faire changer l’entreprise et la faire devenir plus responsable. Limiter les risques de scandales est un premier pas pour motiver une politique d’achats responsables. De manière plus volontariste et positive, l’implication étroite des fournisseurs dans une politique RSE peut avoir un effet vertueux et significatif sur la situation économique, sociale et environnementale de pays très éloignés.

En France aussi, par le biais de sa politique achat responsable ou achat durable, l’entreprise peut exiger de ses fournisseurs qu’ils améliorent leurs pratiques sociales ou environnementales. Certaines grandes banques attribuent chaque année une note RSE à tous leurs fournisseurs et cette note est prise en compte dans les négociations de nouveaux contrats.

L’entreprise peut aussi davantage recourir au secteur protégé des entreprises employant des personnes handicapées et ainsi mieux satisfaire à ses obligations légales en faveur de l’insertion professionnelle des personnes handicapées. Recourir à une entreprise d’insertion, c’est une autre manière d’exercer sa RSE en favorisant le retour à l’emploi de personnes exclues. Les entreprises d’insertion embauchent des personnes très éloignées de l’emploi (non diplômés, anciens détenus, personnes handicapées). Elles leur proposent non seulement un emploi d’un an ou deux ans mais aussi et surtout un parcours personnalisé pour se réinsérer dans le marché classique du travail (accompagnement psychologique, administratif, médical, social, …).

Les clients

L’attention que les clients apportent à la RSE de leur fournisseur est essentiel dans la motivation de l’entreprise à devenir plus responsable. Cette attention peut être telle qu’elle fait émerger de nouveaux marchés : le consommateur soucieux de naturel souhaitera acheter bio, le consommateur soucieux du bien-être des petits producteurs dans les pays pauvres souhaitera acheter équitable plutôt que d’enrichir des intermédiaires. Certaines marques de grande consommation peuvent s’associer à des Organisations Non Gouvernementales (ONG) en leur reversant un pourcentage des ventes effectués sur certains produits-partage. Le rôle du client est cependant limité par sa capacité à s’informer sur les produits. C’est pourquoi les labels de qualité environnementale (écolabels) ou sociale se multiplient : Forest Stewardship Council pour les bois et papiers issus d’exploitation forestières durables, Marine Stewardship Council pour les produits issus de la mer, etc.
Une autre manière d’associer le consommateur à la politique RSE de l’entreprise consiste à lui proposer d’arrondir sa facture à l’euro supérieur et à offrir ces centimes à un organisme d’intérêt général. C’est le concept du microdon ou de l’arrondi solidaire sur facture.

Que ce soit dans les appels d’offres des marchés publics, dans ceux du secteur bancaire ou dans les questionnaires référencement d’un nombre grandissant de grands comptes du secteur privés, les critères environnementaux et sociaux se multiplient. Certes, la crise modère leur importance pendant un temps. Mais la RSE est devenu un facteur de différenciation et un avantage concurrentiel pour nombre d’entreprises qui en font, à raison, un argument de vente.

Les salariés

Les pratiques managériales sont l’un des champs essentiels de la RSE.

En matière de recrutement, une entreprise responsable lutte contre les discriminations à l’embauche et peut rechercher une certaine parité hommes-femmes. Pour une responsabilité positive, elle peut développer des programmes de soutien à la diversité dans le recrutement, par exemple en recrutant auprès de populations plus en marge de l’emploi, par exemple les jeunes issus de quartiers en difficulté, ou en embauchant 6% de ses salariés parmi les personnes handicapées, comme l’y invite la loi française. Créer une filiale labellisée entreprise d’insertion est un moyen extrêmement puissant pour l’entreprise d’exercer son métier en offrant à des “accidentés de la vie” de retourner vers l’emploi.

La RSE vis-à-vis des salariés se traduit aussi par les politiques de formation et l’attention portée à l’employabilité des salariés.

Le syndicalisme doit jouer son rôle de représentation et de défense des intérêts des salariés. Mais la RSE appelle l’entreprise à ne pas s’en contenter et, éventuellement, à explorer les voies plus directes du management participatif comme, par exemple, à travers les expérimentations démocratiques des Sociétés À Gestion Partagée (SAGP). C’est aussi l’une des ambitions principales des sociétés coopératives et de leur principe “une personne, une voix”.

L’implication responsable des salariés passe aussi par la participation des salariés aux bénéfices de l’entreprise, notamment via les politiques de participation, d’intéressement ou d’épargne salariale.

Plus récemment, les politiques de mécénat des entreprises développent de nouveaux champs d’implication des salariés dans la responsabilité de leur entreprise. Le mécénat associé consiste à laisser les salariés proposer ou sélectionner les associations bénéficiaires de dons de l’entreprise, voire à abonder les dons individuels décidés par les salariés. L’arrondi solidaire sur salaire consiste à proposer aux salariés, via le gestionnaire de paye, d’arrondir son salaire mensuel à l’euro inférieur et d’offrir les bénéfices à une oeuvre caritative, avec ou sans abondement de l’entreprise.

Pour partager la RSE avec les salariés autrement que via leur portefeuille, certaines entreprises encouragent leurs salariés à mettre leurs compétences professionnelles au service d’associations d’intérêt général. Lorsqu’il s’agit d’y consacrer le temps libre du salarié, on parle de bénévolat de compétences. L’entreprise facilite la mise en relation avec l’association qui a besoin du métier du salarié mais c’est le salarié qui donne son temps. Lorsqu’il s’agit d’y consacrer du temps de travail, c’est l’entreprise qui fait ce don et on parle alors de mécénat de compétences. Le salarié peut être invité à consacrer à une association de solidarité une partie de ses congés ou jours de RTT, avec abondement de l’entreprise qui l’autorise alors, en proportion, à y consacrer quelques jours de temps de travail. Lorsque l’association de solidarité est à l’étranger (par exemple en Afrique), on parle de congé de solidarité internationale.

Le mécénat de compétences à l’américaine consiste à mobiliser un grand nombre de salariés pendant une unique journée autour de chantiers solidaires très simples : repeindre une école, débroussailler un terrain vague pour une association, nettoyer une plage, collecter des vieux téléphones à recycler… Le mécénat de compétences peut aussi se développer plus en lien avec les compétences professionnelles sur les gisements de temps de travail peu productifs dans l’entreprise. Il s’agit par exemple du wecena qui mobilise les périodes d’intercontrats (ou “interchantiers” ou “rompu”) en sociétés de conseil ou de services informatiques, ou encore qui peut exploiter les périodes de mobilité interne, de transition de carrière ou permettre de consacrer à une association de solidarité les quelques mois qui précèdent la mise à la retraite d’un cadre supérieur.

Les actionnaires

Les entreprises ont à faire à de multiples sources de pression, via leurs actionnaires, pour renforcer leur RSE. Les autorités publiques traduisent une partie des attentes RSE des investisseurs sous la forme d’obligations légales minimales. Le reporting social puis environnemental est devenu un exercice obligatoire pour les sociétés cotées en France depuis la loi en faveur des “Nouvelles Régulations Economiques” (NRE) de 2001. En matière de relations avec les salariés (“affaires sociales”), d’hygiène et de sécurité (accidents du travail, maladies), les obligations de reporting sont nombreuses. C’est aussi devenu le cas pour l’environnement naturel. Et, pour qu’il y ait reporting, il faut qu’il y ait mesures d’indicateurs quantitatifs et donc un certain effort de modélisation comptable en matière environnementale et sociale. Le reporting aux actionnaires peut ainsi dépasser l’obligation légale et devenir, parfois, un outil de management de la performance environnementale ou sociale.

Quelques agences privées de notation se sont spécialisées dans la notation de la performance sociale et environnementale : les agences de notation extra-financière. Sous leur pression, les entreprises gagnent en transparence… et en motivation pour renforcer leur RSE. Mais la fiabilité des agences de notation a ses limites que la crise de 2008 boursière a révélées. Estimant que les agences de notation n’emploient pas de processus rationnels, des bidouilleurs informatiques soucieux de la responsabilité économique des entreprises proposent des solutions alternatives basées sur la modélisation publique des données financières de ces sociétés (http://www.freerisk.org/).

Certains individus, ONGs ou groupes de pression privés, jugeant que telle ou telle sociétés sont trop peu responsables, s’engagent dans le militantisme actionnarial. Cela consiste à devenir actionnaire de manière à prendre la parole en assemblée générale et interpeler les dirigeants pour les appeler à une plus grande RSE.

L’argent restant le nerf de la guerre, les relations entre une entreprise et ses actionnaires sont un énorme champ d’innovation pour la RSE. A minima, les investisseurs classiques peuvent choisir d’exclure les entreprises d’armement ou de tabac de leurs portefeuilles. Mais les pratiques d’Investissement Socialement Responsable gagnent en maturité et adoptent des démarches plus constructives avec la tendance de l’impact investing. Il s’agit de privilégier des prises de capital dans des entreprises allant au-delà de la RSE car s’engageant sur la production d’un impact social (sociétal ou environnemental) mesurable, au détriment d’une rentabilité financière qui est donc parfois moindre. La méthode du Social Return On Investment permet à une personne défavorisée bénéficiant de l’action de solidarité d’une entreprise d’exprimer, en euros, la valeur qu’elle attribue à cette action. L’investisseur peut alors comparer cette valeur perçue par le bénéficiaire avec le coût consenti pour cet investissement. Il peut ainsi choisir d’investir dans les entreprises au plus fort impact social.

Dans les entreprises à capital altruiste, des pactes d’actionnaires ou les statuts prévoit qu’un pourcentage immuable du capital (et donc les dividendes qu’il produit, mais pas forcément les voix) revient à un organisme d’intérêt général désigné à la création de l’entreprise.

Dans toute entreprise, pour rendre les actionnaires plus solidaires des salariés, une prime de fidélité proportionnelle à la masse salariale peut être prévue en abondement des dividendes annuels et devenir ainsi le miroir de la participation aux bénéfices parfois versée aux salariés. A l’extrême, actionnaires et salariés ne font plus qu’un, comme dans les sociétés de personnes du mouvement coopératif. Les bénéfices sont réinvestis ou distribués aux salariés coopérateurs.

Les générations futures

Pour préserver les possibilités des générations futures, l’entreprise à forte RSE peut chercher à dresser son bilan environnemental : bilan carbone, bilans d’émissions de polluants et autres mesures de l’empreinte environnementale de l’entreprise. Connaître le bilan des polluants, de la consommation en eau ou en matières premières permet de minimiser l’empreinte environnementale et, du même coup, de réaliser des économies. Dans le domaine agricole, cette démarche fonde le concept d’agriculture raisonnée. Le reporting environnemental donne également à l’entreprise les moyens intellectuels pour compenser les effets négatifs des activités : par exemple en plantant des arbres pour captures le dioxyde carbonique émis par des usines ou des transports. Les mesures environnementales globales peuvent donner à l’entreprise l’occasion d’innover en analysant et en optimisant le cycle de vie complet de son produit : depuis sa conception jusqu’à son recyclage en passant par les phases d’achat, de mise en place, d’usage, de mise en déchet. On parle alors d’éco-conception.

L’entreprise étant un moteur essentiel de l’innovation, il ne s’agirait pas non plus qu’elle s’approprie l’exclusivité d’idées ou de connaissances au détriment des capacités d’innovation des générations futures. Les technologies de l’information facilitent le partage des créations intellectuelles. Cette baisse des coûts de partage et de modification des idées représente une menace pour des modèles économiques anciens (industrie du disque, cinéma, …). Pour compenser cette menace du partage, la tentation est forte d’étendre la durée des droits d’auteur et de rendre brevetables des éléments qui ne l’étaient pas (algorithmes et logiciels, connaissance du génome, …). La privatisation accrue des créations intellectuelles introduit des obstacles juridiques à la création, obstacles et défenses qui limitent la capacité d’innover des contemporains et des générations futures. A l’inverse, s’assurer qu’une de ses productions n’est pas encombrée de brevets est un moyen pour l’entreprise responsable d’en assurer une diffusion plus large et de donner aux les moyens de développer leur propre créativité. De même, le copyleft consiste pour une entreprise à utiliser le droit d’auteur pour garantir que les tiers bénéficieront de la liberté d’utiliser les produits de l’entreprise, de les étudier, de les copier et d’en redistribuer des versions modifiées sous les mêmes conditions juridiques. Ces pratiques responsables en matière de propriété intellectuelle encouragent la démocratisation de l’innovation et rendent possibles de nouveaux modèles économiques basés sur l’encouragement de la créativité des clients (marché des pro-amateurs et du do-it-yourself) ou sur la valorisation de la relation avec les créateurs (organisations de concerts, consulting, support…).

Les exclus

Le mécénat de solidarité, même lorsqu’il n’associe pas les salariés, est un autre moyen de soutenir la survie ou le développement humain des personnes les plus éloignées de l’entreprise par le biais du soutien financier aux associations de solidarité. Ceci peut se traduire par la création d’une fondation d’entreprise dédiée à ce soutien ou, pour utiliser une forme juridique plus récente et plus souple, par la création d’un fonds de dotation.

Parfois, l’offre de produits ou services de l’entreprise a pour objet direct la réponse à un besoin insatisfait de ses populations, en France ou à l’étranger. L’activité a alors un impact social direct significatif. C’est le cas par exemple de certaines offres de microcrédit ou de micro-assurance qui permettent aux plus pauvres d’accéder aux services bancaires ou assurantiels dont ils étaient exclus.

Pour pousser à son extrémité la recherche d’impact social au profit des plus démunis, certaines entreprises adoptent le principe du social business. Il s’agit de viser exclusivement la création d’un impact social ou environnemental positif et de ne reverser aucun dividende aux investisseurs tout en leur permettant de sortir du capital. Les bénéfices d’un social business sont réinvestis ou servent à rembourser les investisseurs pour leur permettre de sortir du capital mais sans intérêts financiers. Les parts ainsi libérées deviennent alors la propriété d’un organisme d’intérêt général gouverné démocratiquement par les personnes en difficulté bénéficiant de l’entreprise. C’est le cas de la Grameen Bank du prix Nobel de la Paix Mumahad Yunus, au Bangladesh et de toutes ses filiales. C’est aussi le cas de la joint-venture Danone-Grameen qui est dédiée à l’amélioration de la nutrition et du développement économique des populations pauvres au Bangladesh et qui est le premier exemple au monde de social business filiale d’un grand groupe privé “classique”. Une entreprise en social business est faite pour “faire le bien” de manière économique viable mais pas pour “faire de l’argent”.

Dans un esprit similaire, pour lutter contre la pauvreté, 800 entrepreneurs du mouvement chrétien des Focolari ont décidé de mettre leur entreprise au service des plus pauvres. Quel meilleur moyen, pour “faire de l’argent” et l’offrir aux plus démunis, que de créer ou développer une entreprise performante, responsable et profitable ? L’ambition de ce mouvement de l’économie de communion est double : lutter contre la pauvreté grâce aux dons des dividendes et montrer que l’on peut vivre, jusque dans le management quotidien de l’entreprise, une culture du don qui met l’entreprise au service de l’ “amour de son prochain”.

L’entreprise peut-elle devenir sociale ?

De l’environnemental au social en passant par l’économique, le spectre de responsabilité des entreprises est large. Et le curseur peut être poussé plus ou moins loin : depuis l’entreprise qui respecte ses obligations légales (et notamment fiscales) jusqu’à celle dont la finalité est davantage (voire exclusivement) environnemental ou social qu’économique en passant par l’entreprise “à forte RSE”. La notion d’entreprise sociale désigne justement cette catégorie d’entreprises pour lesquelles la recherche d’impact environnemental ou social dépasse significativement la recherche de profitabilité financière. L’avenir semble être fait d’entreprises appelées à être plus responsables. Mais l’entreprise responsable peut-elle évoluer progressivement jusqu’à devenir sociale ? Ou ce luxe est-il est-il trop révolutionnaire et réservé aux entrepreneurs sociaux qui inscrivent cette finalité de solidarité dans l’ADN-même de leur création ?

Comment transformer les SSII en mécènes

Thursday, April 1st, 2010

Hier soir, grâce à Antropia et au club entrepreneuriat social de l’ESSEC, 10 personnes de bonne volonté sont venues me prêter main forte pour trouver les meilleurs moyens de transformer les SSII en mécènes.

Le problème

Depuis 2 ans, j’ai rencontré plusieurs dizaines de dirigeants de SSII pour tenter de les convaincre de faire don de leurs intercontrats aux associations d’intérêt général pour lesquelles je travaille. 4 SSII à l’avant-garde du mécénat sont passées à l’acte (Open, Neoxia, AMD et IORGA) : leurs salariés volontaires ont rejoint certains chantiers de ces associations, jusqu’à leur retour en mission lucrative. Mais, j’ai essuyé un grand nombre de refus ou de résistances. Les sociétés que j’ai essayé de convaincre mais que je n’ai pas encore réussi à amener jusqu’au passage à l’acte sont les suivantes :

  • Abylène, Accenture, Alpha Technologies, Alterway, Apside, Asset Technologies, Atos, Aubay, Bull, Devoteam, Euriware, Exakis, GFI, Groupe Helice, HP Services, IBM, Innovans, ITS Group, Logica, Maltem, Octo, Orange Business Services, Silicom, Solucom, Steria, STIME, Sungard/Cadextan, Thalès Services, T-Systems.

Voici les objections que j’ai entendu chez plusieurs d’entre elles :

  • Où est le cash ?
    • “Le mécénat ne nous rapporte pas d’argent ; il faudrait qu’on puisse garder une partie (ou toute) l’économie d’impôts pour nous et là ça pourrait commencer à nous intéresser.”
  • Déni d’intercontrat
    • “Il n’y a pas d’intercontrat chez nous, nous sommes suffisamment petits et agiles pour affecter intelligemment nos collaborateurs disponibles sur des projets internes.”
  • On a déjà donné
    • “Nous avons déjà une fondation et nos habitudes pour donner de l’argent ou du temps salarié aux associations.”
  • Le RH s’enlise
    • “En tant que responsable RH, je suis favorable à ce que ma SSII fasse du wecena mais je n’arrive pas à faire bouger la direction générale sur ce sujet.”
  • Nous n’avons pas les mêmes valeurs
    • “En tant que directeur d’agence, j’aimerais faire faire du wecena à mes troupes, mais la direction RH du siège pense que ce n’est pas compatible avec notre culture maison.”
  • Ce n’est pas le moment
    • “Nous sommes mobilisés sur une grosse affaire/une grosse réorganisation et il n’y a aucune urgence à faire du mécénat, revenez plus tard.”
  • Nos actionnaires ne comprendraient pas
    • “Nos actionnaires ne comprendraient pas qu’on abaisse notre résultat avant impôts à cause du wecena, même si c’est compensé à 100% dans la résultat net par une économie d’impôts.”
  • Nous ne payons pas d’impôts !
    • “Notre société est et sera déficitaire encore longtemps alors nous ne pourrons pas financer les chantiers wecena par nos économies d’impôts.”
  • Concurrence déloyale !
    • “Vous obtenez du temps ingénieur gratuit pour des associations caritatives ? Mais c’est de la concurrence déloyale !”
  • C’est louche !
    • “Nous ne voulons pas financer la conduite de chantiers pour des associations caritatives si ces associations font appel à une société privée comme Wecena car nous vous soupçonnons de vouloir réaliser des profits.”
  • Laissons pourrir…
    • “Nous préférons que nos collaborateurs en intercontrat continuent à stresser et à tourner en rond puis finissent par démissionner d’eux-même.”
  • Terrain miné
    • “Nos relations avec les syndicats sont tellement conflictuelles qu’on ne veut pas prendre le risque d’aviver les tensions sociales en amenant un nouveau sujet sur la table.”

Comme tout bon vendeur en herbe, j’ai préparé des réponses à (presque) toutes ces objections. Malgré cela, je ne suis pas “vendeur dans l’âme” et convaincre une SSII de se transformer en mécène constitue une “vente” complexe et donc difficile à mener ! Il s’écoule donc fréquemment plus d’un an entre le premier entretien et la réponse définitive (acceptation ou refus) que j’obtiens, lorsque j’en obtiens une. Comment améliorer ma vente ?

Les solutions

Les participants à cet atelier/café ont donc planché sur ce problème et m’ont donné les conseils suivants.

Améliorer mes techniques de vente

  • Ne pas polluer le discours par la présentation du modèle économique (aspects fiscaux) ni par la question du statut (société vs. association), garder cela pour des entretiens ultérieurs et uniquement à la demande des SSII,
  • D’une manière générale, ne pas chercher à vendre mais à donner envie d’acheter (donner envie de donner)
  • Ne pas présenter le problème auquel répond le wecena par une phrase négative (“L’intercontrat nuit à la santé”)
  • Résumer le message à 2 (voire 3) points clefs synthétiques
  • Avoir une belle présentation à laisser (pour qu’ils la fassent circuler en interne) et en limiter la longueur à 5 diapositives max
  • Donner plus de rythme et de sens de l’urgence via les relances, quitte à introduire artificiellement des deadlines et des événements via la vie des projets associatifs (“j’ai un chantier extraordinaire qui commence demain”, “l’association machin a besoin d’un nouveau volontaire avant le mois prochain à cause de …”, …)

Améliorer mon marketing

  • Trouver un chantier plus “vendeur”, plus “sexy” à mettre en exemple (“tête de gondole”)
    • par exemple en s’appuyant sur une grande marque de l’associatif (du style “Restos du coeur”, “Croix-Rouge”, …)
    • ou en ayant un sujet de travail valorisant ou “à la mode” (séïsme à Haïti, projet très hightech, projet environnemental, …)
  • Pour l’argumentaire RH, utiliser le vocabulaire métier et le découpage en 3 grandes cibles RH :
    • “attraction” (recrutement)
    • “fidélisation”
    • “engagement” (motivation, performance)

Développer des réseaux de prescripteurs

  • Les acheteurs dans les entreprises clientes des SSII
    • via les questionnaires développement durable/RSE des appels d’offres et opérations de référencement
    • est-il possible d’y introduire des questions orientées dans ces questionnaires pour suggérer le wecena comme solution aux SSII ?
  • Les écoles d’ingénieurs
    • oui mais en proposant quoi ?
  • Les syndicats
    • par exemple CFDT, CFTC, …. sachant que je suis déjà partenaire MUNCI (qui se rapproche du Specis/UNSA)
    • en vue d’une diffusion interne progressive de l’information vers les directions générales
      • via les CE
      • et via les CHSCT et la médecine du travail (question du stress au travail)
    • mais attention au risque d’image et à la mauvaise perception des syndicats par les directions générales
      • prendre contact avec ces syndicats pour mieux comprendre les enjeux et demander conseil, pas pour “vendre” les projets Wecena
  • Les informaticiens

Les conseils qui me sont donnés me semblent pertinents et plein de bon sens. Plus encore, ils ne me semblent pas trop compliqués à mettre en oeuvre, même si certains mettront du temps à porter leurs fruits (notamment les réseaux de prescripteurs). Mes économies familiales m’imposent de doubler mon volume d’activité dans les 3 mois qui viennent et ces conseils, plus toutes les opérations de “vente” que je mène actuellement, pourraient me permettre d’y arriver. Il ne manque plus qu’à me retrousser les manches !

Les bonnes surprises

Une bonne surprise de la soirée : le lieu de notre réunion a été le café associatif Z2C, tout juste inauguré la veille (au 11 rue des Tournelles, Paris Bastille). J’y ai découvert un concept sympa : les boissons sont vendues sous forme de carnets de tickets (comme des tickets de tombola), en vue d’être achetées par des organisations qui peuvent ainsi privatiser le café pour une soirée. Et 25% des ventes sont reversées à un collectif d’associations pour l’enfance et l’éducation ! J’ai acheté 5 tickets boisson au Z2C que j’offre aux 5 prochaines personnes que je rencontre et qui m’en font la demande.

Autre surprise, encore meilleure : grâce à mon buzz sur le Net (notamment via Twitter, Viadeo, Linked In), une ingénieure d’affaires en SSII a entendu parler de cette réunion et a convaincu son patron d’y venir. En arrivant, il ne me connaissait pas. En repartant, il m’a promis un volontaire en intercontrat !!! Ca, c’est de la SSII qui sait se transformer vite en mécène !

Voila pour mon compte-rendu. Je le modiferai/complèterai dès que Sophie m’enverra les notes qu’elle a prises. Et les participants à cette réunion, ainsi que vous, cher lecteur internaute, êtes invité à continuer la discussion via le formulaire “commentaire” ci-dessous (indiquez-y votre adresse email pour recevoir les commentaires suivants par email). Un immense merci à vous !

Economiquement, le wecena peut-il réussir ?

Friday, February 12th, 2010

Je suis régulièrement contacté par des personnes réalisant des études sur le mécénat de compétences, l’entrepreneuriat social ou l’informatique en tant que levier d’innovation sociale, pour démultiplier la portée ou les effets de solutions à nos problèmes de société. Ces personnes sont parfois des étudiants qui réalisent un mémoire sur l’un de ces sujets, ou d’autres fois des personnes qui se lancent elles-mêmes dans l’entrepreneuriat social et ont des projets liés au mécénat de compétences.

Aujourd’hui, c’est une porteuse de projet qui engage la conversation avec moi par email et je choisis de lui répondre via ce blog dans l’espoir que vous vous joigniez à notre échange (via les commentaires en  bas de page) :

Je suis arrivée sur votre site par le biais du site de l’incubateur de l’ESSEC, Antropia. J’ai regardé votre vidéo et visité votre site. Votre concept très intéressant et très bien construit. Je réalise actuellement, une étude ( besoins / marché/ contexte) , en amont d’un projet [...]

Je saute la description du projet puisqu’il s’agissait d’un email privé…

[Pour mon projet], j’accorde une place particulière à ce que les [systèmes d'information] peuvent et doivent apporter aux porteurs de projet en [économie sociale et solidaire]. Pour le moment la fracture m’apparait importante … Il se trouve que j’ai travaillé dans les SI comme consultante durant 5 ans ([assistance à maîtrise d'ouvrage] – accompagnement du changement) et pour le mécénat d’entreprise pendant 2 ans ( dans le monde de l’art). Je suis donc en mesure d’apprécier pleinement votre concept . Je partage de plus avec vous la conviction que l’on peut agir sur le plan social et dans l ‘intérêt général au sein d’une SARL classique. C’est une question de personne et de valeurs.

Ca fait toujours du bien de dialoguer avec quelqu’un qui ne confond pas statut juridique, gouvernance et utilité sociale. :)

Dans la mesure où vous êtes en plus, soutenu par l’ESSEC, je pense que votre modèle économique fonctionne mais j’avoue que j’aimerais savoir si les SSII sont vraiment mûres pour accueillir votre concept.

Si j’écoute la plupart des ingénieurs salariés en SSII que je rencontre, la réponse est plutôt non : nombre de leurs managers leur donnent l’image de personnes sclérosées par les oeillères du profit financier à court terme. Mais mon expérience au contact des dirigeants de quelques SSII ne les rejoint pas. A titre individuels, ces dirigeants ne sont pas tous aussi axés “fric” qu’on le pense ou qu’on veut bien le dire. Ca ne m’étonnerait pas, dans certains cas, de découvrir que certains mènent une double-vie : manager en SSII le jour et bénévole la nuit ! :)

Et les outils conceptuels comme le développement durable et la responsabilité sociale des entreprises se sont suffisamment ancrés dans d’autres secteurs économiques pour que la culture managériale des SSII en ressente l’influence. Ne serait-ce que par la présence croissante de volets “développement durable”/RSE dans les appels d’offres et questionnaires référencements des grands acheteurs de prestations informatiques (banque, industrie, secteur public, …).

Moi aussi, j’aimerais être sûr que les SSII sont suffisamment “mûres” pour le wecena. J’en fais le pari mais cela demande encore beaucoup d’efforts d’information et de conviction.

En d’autres termes quel pourcentage de votre temps de manager, consacrez vous à convaincre, voire évangéliser ?

Je suis à temps plein sur ce projet depuis maintenant 2 ans. Ce n’est que depuis novembre 2009 que la gestion des opérations de wecena (avec les volontaires envoyés par Groupe Open pour Dyspraxique Mais Fantastique-DMF) me prend du temps. Avant cela (donc hors gestion des opérations), et pifométriquement, je dirais que mon temps s’est découpé ainsi :

  • 5% gestion administrative et financière courante
  • 20% relations avec les associations (sélection et préparation des projets)
  • 25% réalisation du système d’information wecena.com et maintenance
  • 50% évangélisation/”marketing”/relations avec les sociétés mécènes

Ce temps vous semble-t-il très raisonnable au regard du CA généré pour votre société ou est-il objectivement trop lourd pour un développement économique satisfaisant?

Il ne me semble pas déraisonnable qu’un entrepreneur consacre 70% de son temps à développer et gérer les relations avec ses clients et fournisseurs. Et comme mon rôle pour mes associations clientes est accessoirement de leur trouver des mécènes (mon rôle principal est de les conseiller dans la conduite technologique de leurs projets et le management opérationnel de leurs volontaires), c’est normal que ces relations avec les SSII aient pris 50% de mon temps jusqu’à aujourd’hui.

Par contre, étant donné que le CA généré par mon premier exercice  (jusque fin septembre) était de l’ordre de 10 kEUR, il y a effectivement un problème ! Pour que le système wecena soit viable économiquement, il faut entre 3 et 4 équivalents-temps-plein volontaires en moyenne (envoyés par les mécènes) pour chaque consultant Wecena (moi) intervenant auprès des associations . Au mois de décembre, j’ai dépassé cet objectif et j’ai pu répartir mon temps de manière satisfaisante pour rôder cette première opération au profit de l’association DMF et envisager de continuer à ce rythme.

A condition d’obtenir cette quantité de volontaire, le système est viable.

Tout le problème est d’obtenir cette quantité de volontaires et ce de manière régulière. Deux facteurs me paraissent aujourd’hui limitants :

  1. le délai de passage à l’acte pour une SSII : combien de temps s’écoule entre le moment où un dirigeant (DRH, directeur communication) de SSII me dit “le wecena, c’est très intéressant pour ma société, je suis favorable à ce que nous en fassions” et le moment où, très officiellement, les salariés sont informés du dispositif et invités à se porter volontaires sur le ou les projets pré-sélectionnés par la direction,
  2. et, dans une moindre mesure, le taux de transformation de salariés en volontaires : une fois qu’une SSII appelle ses salariés au volontariat, quel pourcentage des salariés vont percevoir cet appel (tout le monde ne lit pas sa messagerie corporate dans le monde du service informatique, loin de là…), y faire attention sur le coup et y penser lors de leur prochain intercontrat ? et combien vont effectivement se porter volontaires ?

L’obstacle le plus dur à franchir est le 1er (le passage à l’acte) car le mécénat, même si il ne coûte rien à l’entreprise mécène, n’est jamais un dossier prioritaire pour une direction générale. En l’absence de sentiment d’urgence, chacune des directions à convaincre à l’intérieur de l’entreprise (finances, juridique, communication, RH, management opérationnel, …) aura toujours un dossier très-très-urgent à traiter avant de décider d’accorder de l’attention au wecena. Et, même dans le cas favorable où un responsable mécénat/développement durable/RSE a été nommé, il dépendra toujours de la disponibilité de ses collègues pour pouvoir conduire le changement dont il a la charge et, éventuellement, introduire le wecena dans les pratiques et les moeurs de son entreprise.

Pour revenir à la question posée : non, aujourd’hui le wecena n’est pas encore rentable et sa viabilité économique reste une affaire de foi personnelle (et de moyens financiers). Malheureusement pour nos économies familiales dirait ma moitié…

D’autre part, votre offre peut-elle s’appliquer aux petits porteurs de projets innovants pour lesquels un simple site et une base de données, de qualité, peuvent être un outil déterminant pour la réussite ?

En général non. Mais ça dépend de 2 facteurs principaux :

  1. Si les volontaires demandés ont pour vocation de concevoir et de réaliser un outil logiciel, le wecena n’est habituellement pas une bonne solution. En effet, à tout moment et sans préavis, le volontaire peut interrompre (définitivement) son intervention pour retourner en mission lucrative. Dans ces conditions, il est difficile de répartir entre plusieurs volontaires successifs des tâches intellectuelles à très forte valeur ajoutée et nécessitant une grande continuité de connaissance pour les mener à bien. Le volontaire suivant risque de devoir reprendre à zéro tout ce que son prédécesseur avait commencé quelques jours auparavant.
  2. Si, en plus, la technologie à employer est “moderne” (web, mobile…) alors il y a de fortes chances que les volontaires compétents soient plus difficiles à trouver et disponibles sur des durées plus courtes. En effet, ce genre de compétences “se vend bien” et les intercontrats sont plus rares et plus courts. Un consultant mainframe/COBOL a des intercontrats souvent plus longs que son confrère spécialiste J2EE.

Cependant, si le projet comporte une importante masse de travail découpable en petites tâches nombreuses et courtes (1 à 2 jours de travail chaque), en dehors de la conception d’un petit site web/base de données, alors le wecena est une bonne réponse : les volontaires s’occuperont des ces tâches sur lesquels ils peuvent être productifs et utiles dès leurs premiers jours de présence. Et Wecena SARL, dans son rôle de conseil et d’assistance technologique, peut prendre à sa charge les tâches de conception et de réalisation nécessitant de la continuité et des compétences “à la pointe de la technologie”.

D’ailleurs, même si le projet et la demande de volontaires se limitent à des tâches informatiques éloignées de la création d’outils, Wecena proposera probablement des améliorations technologiques à l’association bénéficiaire car c’est aussi sa mission que de faire progresser l’innovation technologique au service de l’innovation sociale.

Un questionnaire d’autodiagnostic est disponible pour permettre aux porteurs de projet de se poser ce genre de questions et de se faire une meilleure idée de l’adéquation de l’offre wecena à leur besoin.

J’espère que vous accepterez de me répondre.

Merci pour ces questions. :)

Je suis parfois taxée d’utopie et cela me ferait plaisir de savoir que votre excellent concept est bien perçu, voire soutenu par des managers mécènes sincères et éclairés.

Le monde de l’entrepreneuriat social est un monde d’utopistes pragmatiques. Bienvenue ! :)

Concernant les mécènes, j’ai donc réussi à faire passer à l’acte un cabinet de conseil de quelques dizaines de consultants (Neoxia) puis une société de services de quelques milliers de consultants (Open). Je m’attelle maintenant à transformer ces essais en pratiques durables. J’ai des rendez-vous prévus avec des managers de plusieurs autres sociétés qui me disent être “favorables” à l’adoption du wecena en leur sein, même si elles n’ont pas encore “acté” de décision, en interne. Et le syndicat patronal des SSII, Syntec Informatique, suit ces développements avec une bienveillance active en faisant occasionnellement la promotion de ce concept auprès de leurs adhérents. J’ai quelques bonnes fées mais est-ce que ce sera suffisant ? Pas sûr.

Après, tout est une question de rapidité de changement et de lutte contre l’inertie des organisations : aurai-je les moyens financiers de me consacrer au wecena jusqu’à ce que les pratiques changent suffisamment dans le secteur des SSII ? Il “suffirait” d’un flux moyen de 3 ou 4 ETP volontaires mais rien n’est joué… A suivre…

En retour, si je peux vous informer sur un domaine touchant à l’ESS ou à l’accompagnement du changement, n’hésitez pas.

Si vous avez des pistes d’idées pour accélérer le passage à l’acte des SSII que je rencontre, je suis plus que preneur ! Ne loupez pas non plus la rubrique “participer au wecena” sur le site.

Groupe Open fait du wecena

Wednesday, January 20th, 2010

01 Informatique a offert la semaine dernière une double page au wecena de Groupe Open. Depuis fin novembre, Groupe Open, la 10ème SSII française (dont les sociétés anciennement TEAMLOG et Sylis), s’est en effet engagé dans cette forme innovante de mécénat qui consiste à offrir les compétences de ses ingénieurs en intercontrat à des associations d’intérêt général. Pour ma société, c’est un premier succès car cet engagement prouve aux associations pour lesquelles je travaille que je suis en mesure de leur trouver des mécènes puis de les aider à faire travailler, au quotidien, les informaticiens volontaires envoyés par ces mécènes. Il y avait déjà eu l’engagement du cabinet Neoxia en août-septembre 2009. Il y a maintenant aussi Groupe Open.

En décembre, l’association d’intérêt général Dyspraxique Mais Fantastique a ainsi pu accueillir les compétences de 5 volontaires Groupe Open : Stéphanie, Thomas et Ana, à Lyon, et Alain et Pascal à Paris. Ensemble et à distance (via l’extranet projet sur wecena.com), nous avons commencé à prendre le relais de Caroline dans son travail d’informatisation de manuels scolaires pour les enfants dyspraxiques.

En effet, les manuels scolaires papiers du CP au CM2, tels que nous les connaissons, sont très difficilement utilisables pour les 250.000 enfants qui, en France, souffrent de troubles de l’apprentissage (dyspraxie, dyslexie, dys-…). Leur ergonomie n’est pas adaptée. Caroline est chercheuse en sciences cognitives à l’INSERM. Elle est également maman d’une petite fille dyspraxique. Depuis l’an dernier, elle informatise les manuels de sa fille, chaque soir, de manière artisanale, dans sa cuisine… Sur ordinateur, l’ergonomie des contenus pédagogiques peut être adaptée : un seul exercice par écran, des polices de caractère de grande taille, des interlignages importants, des conventions de couleur pour distinguer centaines, dizaines et unités, etc. Ainsi adapté, le manuel devient utilisable malgré le handicap.

Avec les volontaires Groupe Open, nous avons donc pris le relais de Caroline à partir de la page 51 du manuel de mathématiques de sa fille en CE1. Chaque page contient 4 ou 5 exercices qu’il faut donc recomposer manuellement sur informatique, à l’aide d’un logiciel spécifique. Elle indique aux volontaires les adaptations à réaliser. Les volontaires adaptent. Je les assiste. Ensemble, nous avons adapté plus de 20 pages de ce manuel.

Mais surtout, nous avons commencé à rôder une méthode de travail à distance (c’est la plus grosse partie de mon boulot) : mise en place d’outils de travail collaboratif (mailing list, wiki, outil de partage et de suivi des tâches), mise au point du process pour partager les consignes d’adaptation (c’est le travail de Caroline) et pour que chaque volontaire puisse auto-contrôler la qualité des pages adaptées avant de les remettre à Caroline (mise au point d’une “checklist” d’adaptation), recueil du feedback de notre “enfant-beta-testeur” et de son enseignante, toujours via Caroline. Le logiciel utilisé, Didapages, ne nous donne pas satisfaction. Nous avons donc poursuivi la recherche d’une solution alternative. J’ai ainsi eu le plaisir de proposer un prototype de logiciel libre pour adapter les manuels scolaire mais celui-ci est encore à l’étude et notre choix définitif n’est pas fait pour ce projet.

Après plus d’un mois de travail, nous avons donc bien rôdé nos méthodes, même si nous avons encore des gisements importants de productivité à exploiter. L’objectif reste d’aller jusqu’au bout de ce manuel de maths de CE1 avant de passer aux auters manuels, et de soulager Caroline de manière à ce qu’elle puisse préparer la suite du projet et, pourquoi pas, organiser une expérimentation avec un plus grand nombre d’enfants dès la fin du printemps.

La plupart des volontaires ont terminé leur période d’intercontrat et sont repartis en mission lucrative, avec le souhait de poursuivre sur leur temps libre, à titre bénévole. Aujourd’hui, un seul volontaire poursuit son travail à temps plein. Nous attendons avec impatience que de nouvelles candidatures au volontariat nous parviennent de Groupe Open.

Parmi les dirigeants des sociétés que j’essaie de convaincre depuis déjà 2 ans, quels seront les prochains à franchir également le pas et à faire don des temps morts de leur consultants en attente de mission : Euriware ? Thalès Services ? IBM ? Apside ? Sungard ? Groupe Hélice ? GFI ? … La générosité leur plait (ainsi que l’idée d’offrir ainsi du sens et de la fierté à leurs troupes, le tout sans vraiment avoir à dépenser d’argent…). Mais de là à passer à l’acte… il n’y a que Neoxia et Groupe Open qui répondent à l’appel ? Ce lancement avec Groupe Open a été très prometteur. Que donnera la suite ?

SVG as an alternative to Flash, here comes bliotux

Tuesday, December 22nd, 2009

As a follow-up to my SMIL-animated SVG for accessible textbooks article, here is a copy of the README file of wecena.bliotux. I currently have 4 full-time wecena volunteers currently making accessible textbooks for children with cognitive disabilities (mainly dyspraxia) under the supervision of an INSERM medical research lab and of a dyspraxia-related non-profit organization, Dyspraxique Mais Fantastique. They currently use Didapages, a Flash-powered proprietary authoring tool to make these would-be accessible textbooks. But we are not satisfied by this tool and I wanted to propose an open-standards free software alternative. So I wrote wecena.bliotux as a proof-of-concept of such an alternative technological framework.

Beyond dyspraxia and children with disabilities, I think bliotux may be of some use for any developer looking for an alternative to Flash as a technology to make highly-graphical, ineractive and animated offline or online applications. The source code is available under the wecena subversion repository (until I create a dedicated repository). Here is a full copy of the README file :

wecena.bliotux

This software package is a framework for building web applications having the following buzzwords

  • web
    apps: run in your web browser
  • offline
    apps: no web server, no Internet connection required
  • rich
    applications : highly graphical user interfaces, using SVG
  • animated
    applications : pages can include (interactive) animations using (SMIL-powered) animated SVG templates
  • interactive
    : interaction/behaviour is defined in a simple Javascript file corresponding to a given page
  • with persistence
    of user data and application state : using local storage with persistence engines such as Google Gears (or HTML5 localstorage when it’s mature enough in Firefox)
  • template-based
    : pages sharing a common layout/structure are based on template files
  • document-oriented: a simple data structure in a data.js file defines the data used to populate the corresponding SVG template for any given page
  • free software: distributed under the Affero GPL License (even though I am not 100% sure of the exact meaning of the Affero version for offline applications BTW…)
  • based on open standards: SVG now (Daisy Profile for SMIL+SVG, CSS and WAI-ARIA in the roadmap) rather than based on proprietary technologies such as Microsoft Silverlight or Adobe Flash
  • highly accessible
    even though using JavaScript (see open standards…)
  • as cross-browser
    compatible as possible: apps should run on any web browser as long as they offer some support for SVG and Javascript; and bliotux users should not have to care much about browser compatibily.

The original aim of this package is to build a non-Flash interactive animations management framework so thataccessible
textbooks can be made for children with cognitive disabilities (mainly dyspraxia)
.
But it could be used to produce any set of interactive animations
such as books, websites, interactive animations or I don’t know what.
You imagine.
You experiment.
You tell me what it may be useful for !

The following JavaScript libraries are used

Disclaimer with regards to JavaScript as a programming language :
Ahemm… Javascript was selected because we wanted to have one and only one language to be used both for the making
of bliotux-powered templates and pages and for their execution.
And their execution should not require any
prior installation of software : the web browser should be the only required stuff.
And Javascript seems to be the only open-standards-oriented way to offer rich interactivity to SVG in web browsers.
Too bad.

How to use wecena.bliotux ?

At the moment wecena.bliotux is nothing but a proof-of-concept.
More will come in case the project I’m working on selects this technology
as a viable alternative to the Flash-based proprietary product we are
currently using in order to make accessible textbooks for children
with cognitive disabilities.

Download and install bliotux

It’s in a subversion repository.
There is some subversion documentation available in
case you don’t know how to download software from a subversion repository
. Bliotux is stored
in the wecena repository but it will get its own repository some day.

Create a template

Bliotux pages are based on templates.
Let’s create a first template.

Name your template

Choose a name for your template. In this example,
the name is

simpleOperation

because it is a template page for textbooks
for children learning additions and other simple mathematical operations.

Name a template folder accordingly.
For instance, I have

wecena.bliotux/templates/simpleOperation/

Define the layout of your template

This part is the job of a graphics designer.

The layout of a template is defined by a SVG file.
(Download, install and) use any SVG editor to create such a file.
I personnally use Inkscape, which is free software.

Your SVG template should be named

layout.svg

and
should be stored under the template folder.
Here it goes:

wecena.bliotux/templates/simpleOperation/layout.svg

The next version of Inkscape should allow you to use its new timeline-based animation editor capabilities to add
animation to your template.
At the moment, you will have to have an XML developer edit the source code of your SVG
template and add animation (animated SVG) instructions “by hand” if needed.

Here is a clue about how to possibly accelerate the development of such SVG animations without waiting for the
next version of Inkscape :

  1. Download and install Open Office Impress
  2. Make a (duplicate) sketch of your layout in Impress
  3. Add the desired animation effects to it using the rich set of animation features Impress offers
  4. Save your animated Impress presentation in its native .ODP format
  5. Open this file using an archive handler (such as winzip under windows) :
    Open Office files are nothing but ZIP archives containing XML and graphics
  6. Edit the source code of the main XML file this .ODP archive contains.
  7. Ask your XML developer to copy, paste and adapt the animations instructions therein
    into your

    layout.svg

    file.
    (The animation instructions can easily be located : they use the

    anim:

    namespace).

Define the interactivity of your template

This part is the job of a Javascript developer.

This is the hardest part if you are not a developer.
It should be easy if you have any experience in web development.

In the case of a children textbook for teaching additions and other simple mathematical operations,
we’d like our “simpleOperation” template to display a simplified virtual keyboard with numbers.
When the child clicks on a number, this number is added to a “result” text element in the template layout.
So we need to know how to use an SVG element (the number we want to click on) as an interactive button
which will display some text result as the content of an other SVG element.

The interactivity of your template is first prepared in your

layout.svg

file.
Using Inkscape XML Editor (Ctrl + Shift + X), you add event attributes
to the SVG elements you want to add some interactivity to. This involves accessing
the XML source code of the SVG file, which you should not be afraid of thanks to
Inkscape XML Editor.

For instance, let’s say you have a SVG group of elements which you want to
act as a button. You select this group using Inkscape. You press Ctrl+Shift+X. The
XML Editor opens. There you see the group of elements as a <g … > element.
You then want to add interactivity to this group. You have to add a

onclick

attribute.
The value of this attribute should be “clickButton(evt)”. This means that whenever the
user mouse clicks on this button, a MouseEvent event called “evt” will be fired and
some Javascript function called “clickButton” will have to handle this event so that
something special happens.

Now you have injected some interactivity attributes into the XML source code of
the SVG file of your template. This source code now includes things like this :

<g onclick="clickButton(evt)" ...

Let’s develop this clickButton Javascript function so that you define what should
happen whenever the button is clicked. This definition is written in a Javascript file
you have to name “interaction.js” and which sits under the template folder:

wecena.bliotux/templates/simpleOperation/interaction.js

For instance, this file could contain the code below (see included examples, too, if needed) :

function clickButton(evt){
    alert('You clicked the button !');
    $('.whereResultShouldBeDisplayed', svg.root()).html('Clicked !');
    $('.someSVGElementsWhichShouldBeEmptiedWhenButtonGetsClicked', svg.root()).html('');
    storageSave('.whereResultShouldBeDisplayed', 'Clicked !');
    storageSave('.someSVGElementsWhichShouldBeEmptiedWhenButtonGetsClicked, '');
}

If you are as unfamiliar with Javascript as I am, you need some more explanations here.
What does this function says ?

It says that it takes an input parameter called “evt”. But it won’t use it in this case.

It first displays a popup alert window with a message (‘You clicked…’)

Then it changes the content of the SVG displayed in the web browser. It writes the text ‘Clicked !’ in
every SVG (or HTML BTW) element which has an attribute called “class” (the same attribute which can be used
for CSS files) including the value “whereResultShouldBeDisplayed”.

For instance, let’s say you have this text element in your layout.svg file :

<text
  id="text4790"
  y="386.98224"
  x="454.43787">
  <tspan
    y="386.98224"
    x="454.43787"
    id="tspan4786"
    class="whereResultShoudlBeDisplayed someOtherClass">Not clicked yet.</tspan>
</text>

Then, once the user clicks the button, your interaction.js file will have this text element changed into this :

<text
  id="text4790"
  y="386.98224"
  x="454.43787">
  <tspan
    y="386.98224"
    x="454.43787"
    id="tspan4786"
    class="whereResultShoudlBeDisplayed someOtherClass">Clicked !</tspan>
</text>

Can you see the difference ?

For more information about how Javascript can have the web browser manipulate
the content of the page at runtime, please see jQuery API documentation. Just remember to
apply jQuery selectors to the root of the SVG document (

svg.root()
) and you should be fine.

There is also this call to storageSave in your interactivity function. What does it mean ?


storageSave

is a function defined by bliotux.
It takes 2 input parameters : a key and its value.
It will have this pair of (key, value) made persistent in the local web browser.
Even if the browser (and possibly computer) is closed (shutdown), this (key, value) pair is still available
and can be later retrieved using another bliotux function :

storageLoad(key)
.
Next time the same page is displayed, any SVG element which corresponds to key (as a jQuery selector) will have
its content filled with value.

In this example, storing the text

"Clicked !"

as
the value of the key

.whereResultShouldBeDisplayed

means 2 things:

  1. this text

    "Clicked !"

    can be further retrieved with any Javascript call to

    storageLoad('.whereResultShouldBeDisplayed')
  2. next time this page is displayed using the same web browser, the

    "Clicked !"

    text will be added to all SVG elements which have the

    whereResultShouldBeDisplayed

    class attribute in their source code.

As a result of this, the state of each page can be made persistent
so that when the user returns to a given page he already interacted with
this page displays the exact same info/aspect/behaviour as before.

Now you have your

interaction.js

file which defines the full interactivity of your template document.

Create a page

Creating a page is much easier than creating the template a page is based on.
But it requires writing some (extremely simple) code using any text editor (Windows notepad…).
Any brave user should be enabled to do so.

You have a full bliotux template, including an SVG layout (possibly including animation) and Javascript interactivity.
Now let’s create a page based on this template.

Name the folder with the page name

In this example, let’s name a first page

Sesamath_CP_page-094_exercice-001

along the name of a French free (as in free speech) textbook vendor.
In order to do so, we create this folder:

wecena.bliotux/pages/Sesamath_CP_page-094_exercice-001/

When we want to access this page, we’ll have to direct our web browser to such an URL as

file:///home/jean/wecena.bliotux/index.xhtml?page=Sesamath_CP_page-094_exercice-001

Define the template this page uses

Which template will this page use ?
The answer comes as a Javascript file we have to create:

wecena.bliotux/pages/Sesamath_CP_page-094_exercice-001/data.js

This file contains the declaration of variables describing this page.
The variable called template defines the template to be used for this page:

var template = 'simpleOperation';

Populate the template

The next variable in this

data.js

file define data which will get injected into the template so that
the page is built :

var data = {
  '.pageCentaine':'',
  '.pageDizaine':'9',
  '.pageUnite':'4',
  '.exerciceCentaine':'',
  '.exerciceDizaine':'',
  '.exerciceUnite':'2',
  '.operande1Centaine':'',
  '.operande1Dizaine':'',
  '.operande1Unite':'7',
  '.operateur':'-',
  '.operande2Centaine':'',
  '.operande2Dizaine':'',
  '.operande2Unite':'5',
  '.resultatCentaine':'',
  '.resultatDizaine':'',
  '.resultatUnite':'',
};

This data associative array lists (key, value) pairs which define which content should be injected where.
The key (for instance

.pageCentaine

) is a jQuery selector to be applied to the root of the SVG template.
The value is some SVG code which is to be inserted as the content of any SVG element matching the key.

Rather than using

id

attributes as selectors (

#pageCentaine

), it seems preferable to use

class

attributes (

.pageCentaine

) which carry the meaning (semantics) of the corresponding SVG element and can be reused
several times in the same template (whereas IDs should be unique, I suppose).
Anyway, the SVG template should be edited so that the corresponding

class

attribute are present where needed.

Include some page-specific graphics

Using the mechanism of templates and the data.js file, you may have your SVG template include some areas where
pages could have specific bitmap (JPEG, PNG) files displayed.
This is just the matter of including such a JPEG file in the

layout.svg

file,
giving the corresponding SVG element an appropriate class attribute (using Inkscape XML editor for instance)
and then defining in

data.js

the name of the picture file to insert in this area of your layout for this specific page.

But you can also have given pages include full SVG files.
For instance, the left part of

simpleOperation/layout.svg

is meant to display a funny but didactic illustration
where characters (such as Tux the penguin) invite the child to perform the mathematical operation at hand.
Such an illustration could contain page-specific animations.
Adding an animated GIF file would not be enough.
The full power of SVG for animations may be required.
In such cases, you can define an svgParts variable in the data.js file of the page :

var svgParts = {
  '#illustration': 'illustration.svg'
}

This variable says : “Hey, bliotux, please look at my template
and find the SVG element with

illustration

as the value of its

id

attribute.
Then replace this full SVG element with the first

g

element (SVG group) you will find
in the

illustration.svg

file sitting under this page folder. Thanks.”

That’s it

You can access and test your page at a URL which should look a bit like that (the exact path depends on the folder hierarchy
on your hard drive):

file:///home/jean/wecena.bliotux/index.xhtml?page=Sesamath_CP_page-094_exercice-001

Side note : Now I realize I can’t use doctestjs for this document so it’s pretty useless to me.
It would have been much useful if only I had figured out a way to have some Javascript code generate
a template document in the filesystem during the doctest so that I can further test bliotux on it
using doctestjs. Maybe later…

The “social horror stories” prize

Friday, December 11th, 2009

Technologie et Innovation Sociale” is a French initiative which aims at having more technology-based solutions available to solve major social issues. It’s a would-be incubator for hightech social enterprises. As a first step, Technologie et Innovation Sociale wants to identify those major social issues : which ones are real stakes ? which ones are to be prioritized ? which ones are the most urgent ones ? How to proceed ? If plain surveys are to be published on the Internet, then we will identify social issues for geeks and internauts, for the information haves. What about the information have-nots ? How to leverage the power of Web 2.0 technologies and have online volunteers sort, classify and prioritize those issues ? How to gain some legitimity and to preserve some representativeness ? Here are my suggestions.

Let’s launch a “social horror stories” prize and website. It’s an open and collaborative website where any user can register and publish any social horror story : “John Doe is a bank employee. He is also homeless. This week, it’s snowing and it’s -12°C at night. The homeless shelters are full and John Doe could not find any bed yesterday. It was so cold he stuffed his coat with personal papers before trying to sleep in the park. He died of hypothermia. One of the papers he was using in his coat was his last last paysheet. Read the full story “Homeless dying without bonus” in the Coldcity New Tribune Dec 10, 2009.” The more they propose such stories the higher their “storytelling” score.

The story (and any data published on the site) is published under a share-alike Creative Commons license. All content and data can be fully downloaded, copied, aggregated, analyzed, criticized and redistributed by anyone under the same license. Hence users get the guarantee that their contributions are kept from being owned and controlled by some editors for their sole interest.

The user adds any available reference in order to check the facts.

Further contributors read this story as a blog post. They tag this story with freely chosen keywords (selecting from or added to a search-as-you-type list) :  “homeless, weather, death, cold, bank, shelters, urgent, revolting, astonishing, fact-checked, important, life-or-death, so-modern, poverty, …”. The more they tag, the higher their “tagging” score. Some tags are worth a higher increase in score : these are tags selected by the site editor for special purposes (“worth-donating-my-money, worth-petitioning, worth-more-attention-by-the-government, illustrative-of-a-very-common-issue, unsolvable, …”).

The story itself can be edited by any reader (wikipedia-style), and the record of subsequent changes are being kept and displayed with a click. Comments allow users to self-regulate these changes through discussion. If needed, controversial stories can be locked by a group of power-contributors and displayed as such, following a (hopefully rare) vote by commenters about the “controversiness” of editions for this stories by commenters.

The site proeminently displays a list of tags : “urgent, important, incredible, imaginary, cheesy, …“. Clicking on the “revolting” tag (or any other tag) displays an (almost-randomly-picked) pair of stories sharing this tag. The user is presented with a simple question : In your opinion, which one of these stories and the underlying social issues they illustrate is the most “revolting” one ? The user clicks their answer and is given another pair of horror storie/social issues to compare in a given dimension. The more they click such story-fights, the higher their “ranking” score. Stories are also ranked along tags according to the number of pair-fights they win.

The higher a story gets ranked on a tag, the higher the “tagging” score of the person who put this tag on the story and the higher the “storytelling” score of the authors of this story.

The site is invite-only. Each user has a single sponsor (the person who sent them the invitation). The higher a score for a person (+1), the higher the score for their sponsor (+1/2), the higher the score of the sponsor of this sponsor (+1/4), etc. This multi-level scoring gives a strong incentive for users to recruit good storytellers, good rankers, good recruiters and so on.

What can are these scores used for ? First, it’s like a game : there is a hall of fame for best taggers, best storytellers, best recruiters, best rankers, best overall user and so on. In each category and for the overall ranking, the top best gamers/users win the prize. What’s the prize ? It’s money of course !

Not usual money users can save in their bank accounts though. It’s money donated to the NGO of their choice (proabably selected in a huge pre-filtered list). There will be money donated to some NGOs. But which ones ? The winner choose.

How much money is to be donated ? There is a jauge on the home page displaying the amount of donation at stake. The initial amount may be low. But any user can donate to the game (paypal or similar micropayment systems). Corporate sponsors can bid on special category prizes (check the “Hilton Hotels prize for the most revolting homeless story”). Philanthropists money is donated to the NGOs picked by the users.

In the end what do we get ? Much fun. Better awareness and illustration of a wide variety of more or less common and revolting social issues. A huge and free (as in “free speech”, not as in “free beer”) base of content and data which can be used as a rich and stimulating source of inspiration for would-be social entrepreneurs and social innovators. Some insights about the perception people have of social issues and topics. Further data analysis can nourish a democratic debate about these issues and their relative importance and prioritization by public policy makers and social innovators. The site can act as a specialized social news aggregators platform as well as an advertising platform for social innovators proposing solutions in their respective field of action (along the corresponding tag).

That’s it.

At the moment, my best source of inspiration for a somehow similar implementation of such ideas (beyond the wikipedia) is Stack Overflow (which is still far from implementing all aspects of this though).

In fact I first had this whole idea for Wecena, my own social venture. I think such a scheme could be used to have volunteer contributors collaboratively rank and analyze the potential social impact of nonprofit projects. This would not be a “social horror stories prize” but a “social innovation project” prize in my very case. Some sort of a collaborative alternative to Social Return On Investment (SROI) analysis. And the multilevel-scoring-coupled-with-donations scheme could be used by me in order to recruit additional IT corporations as philanthropists for the nonprofits organizations I serve. I remixed my initial idea for the purpose of stimulating the conversation at Technologie et Innovation Solidaire. I hope this can be useful.

Please tell me what you think.

Cartes microdon : l’extrajob scout ultime ?

Thursday, October 15th, 2009

J’ai été scout (de France) depuis mes 8 ans. Chez les scouts, entre 14 ans et 21 ans, on est souvent amenés à réaliser des missions ou chantiers d’été, parfois à l’étranger. Pour financer ce genre de missions, les jeunes scouts font des “extrajob“, des petits boulots payés selon le bon vouloir et la générosité des gens qui en bénéficient : ventes de calendriers, jardinage, emballage de papiers cadeaux près des caisses des supermarchés du coin au moment des fêtes, nettoyages, vide-greniers… Or, cette semaine, j’ai rencontré Pierre-Emmanuel et Olivier, l’équipe de Microdon et ça m’a donné une idée d’extrajob que j’aurais bien aimé faire quand j’étais ado chez les scouts… l’extrajob ultime ? Jugez un peu… l’idée est la suivante.

Une équipe de jeunes scouts de 15 ans se lance. Elle rencontre les responsables des associations de solidarité locales, de leur ville. Les jeunes aident ces responsables à se connecter sur le site microdon pour y réaliser des genres de cartes de visite de chaque association, les “cartes microdon” : un logo, un visuel, le nom d’un projet solidaire à soutenir, l’adresse d’un mini-site web qui décrit le projet plus en détails, sur le site microdon. Pour des jeunes agiles avec le web, c’est facile et rapide à réaliser : tout est expliqué sur le site. Et c’est un vrai service rendu aux associations locales qui ne sont pas forcément à l’aise avec la manipulation de ce genre de sites Web interactifs.

Ensuite, l’équipe scoute démarche les responsables des petites et grandes surfaces de la ville. Là aussi, le “comment faire” est entièrement expliqué sur le site. Les supermarchés qui acceptent de parrainer ces opérations prennent à leur charge les frais d’impression et de gestion des cartes microdon des associations locales. Le logo du supermarché figure sur les cartes et ça lui fait un peu de pub avec une image sympa de solidarité locale. L’équipe scoute place alors des présentoirs avec les cartes près des caisses du supermarché, au moment des fêtes de Noël (au moment où il y a le plus de clients, donc). L’équipe se relaie pour “animer” ce présentoir, interpeller (gentiment) les clients et leur expliquer le principe.

Ce sont les clients du supermarché qui décident (ou non) d’acheter ces cartes au supermarché, pour 1, 3 ou 5 euros. Ces quelques euros sont intégralement reversés à l’association dont la carte a été achetée.

Voila pour l’opération. L’équipe scoute y gagne en rendant service aux associations locales (avec ou sans rétribution, plutôt avec…), en faisant la connaissance des commerçants locaux (ce qui peut donner d’autres idées d’extrajob) et en créant les cartes Microdon de ses propres projets qui seront présentées aux clients du supermarché. Bien sûr, le tout peut être combiné avec une opération “papiers cadeaux” mais ça peut faire un peu beaucoup à gérer.

D’après les premières expériences réalisées par Microdon, une collecte peut rapporter entre quelques centaines et quelques milliers d’euros, selon le dynamisme que mettent les bénévoles dans l’animation autour des présentoirs.

Qu’en pensez-vous ? Acheteriez-vous une carte microdon à 1 euro à la caisse de votre supermarché pour soutenir un projet solidaire de jeunes de votre ville ? Si vous étiez scouts, aimeriez-vous aider les associations locales à s’approprier cette technologie pour se faire connaître et collecter des dons ? Si vous étiez patron d’une superette, accepteriez-vous de payer une petite opération de pub sur des cartes vendues en caisse et présentant votre magasin comme parrain des projets de solidarité des associations de votre ville ? Si vous étiez une petite asso de quartier et qu’une équipe scoute débarquait et vous proposait un moyen de collecter quelques dons faiclement, seriez-vous intéressée ?

Encore une idée astucieuse proposée et développée par un entrepreneur social ! Ai-je précisé que Pierre-Emmanuel, l’entrepreneur social en question, est un ancien scout ?

Mobile health applications for Africa

Tuesday, October 6th, 2009

My friends at Pesinet are building a mobile health technology and system which will save the life of thousands of babies in poor countries such as Mali, in Africa. It happens that I identified several similar solutions and I want to share these pointers with them (and with you !).

The open mobile consortium (OMC) is definitely an organization Pesinet should get to know in details and consider joining. RapidSMS is a mobile, SMS-based, data collection solution promoted by the OMC.Rapid Android is a mobile, Android-based system also by the OMC. The Open Data Kit is another OMC solution for mobile data collection and exploitation. Mesh4X, yet another OMC solution, for information sharing. CommCare aims at supporting mobile health workers. The OMC does not only provide technology but also access to expertise and insights from other social innovators.

LittleFish is another open source initiative which aims (aimed until 2002 ?) at providing  technologies for mobile health workiers. Why do they seem to have stopped ? Maybe there are some interesting lessons to learn from their experience for Pesinet ?

The Grameen Foundation runs an “AppLab” program which aims at creating applications and technologies for social development. One of their project builds technology for community health workers in Ghana (also funded by the Bill and Melinda Gates Foundation).

Do you know any other similar initiatives ?

Propales de sortie de crise

Tuesday, June 2nd, 2009

Rien à voir avec des propositions à faire à des clients… Je prends le temps, aujourd’hui, de réfléchir aux propositions que l’économie de communion pourrait inspirer à notre gouvernement et au G20 pour nous aider à sortir transformés de la crise économique actuelle. Vous vous souvenez peut-être d’une allocution télévisée de Nicolas Sarkozy fin 2008 : “et si on partageait autrement les bénéfices des entreprises : un tiers pour être réinvesti, un tiers pour les salariés, un tiers (seulement) pour les actionnaires ?”. A l’époque, ça avait marqué plusieurs entrepreneurs qui pratiquaient depuis plusieurs années un partage un peu différent : “un tiers pour être réinvesti, un tiers pour promouvoir la culture du don et de l’amour de son prochain dans les entreprises, un tiers pour les plus pauvres”. C’est en effet l’une des bonnes pratiques de l’économie de communion.

Aujourd’hui, le gouvernement s’interroge et consulte ces entrepreneurs : que pourrait-on proposer au G20 pour aller plus loin vers une “refonte du capitalisme” comme disent certains auteurs ?

Alors je jette ici en vrac mes idées. La dernière est celle que je préfère car c’est celle qui est le plus directement inspirée de l’économie de communion.

1) Promouvoir le capital altruiste :

Une entreprise qui entre dans ce système dédie X% de son capital à des organismes d’intérêt général qu’elle choisit et ce pourcentage reste constant à chaque variation de capital. Les organismes d’intérêt général n’ont pas forcément les droits de vote correspondant, il s’agit essentiellement d’un moyen de les financer sans interférer avec la gestion de l’entreprise. C’est différent de l’esprit de l’économie de communion dans la mesure où une entreprise en capital altruiste peut être pourrie jusqu’à l’os mais, du moment qu’elle rapporte des dividendes, ses “actionnaires” d’intérêt général peuvent en profiter.

Plus d’infos sur http://www.capital-altruiste.org/fr/.

L’objectif est non seulement de financer directement les organismes d”intérêt général mais également d’indexer ce financement sur la croissance économique. Des avantages fiscaux pourraient être consentis à ces entreprises en
fonction de leur indice de capital altruiste ?

2) Introduire un statut juridique inspiré des L3C américaines :

L’administration Obama s’intéresse à un nouveau statut de société à profit modérés qui permet, si je comprends bien, d’institutionnaliser des sortes de joint ventures entre sociétés et organismes d’intérêt général, avec un fonctionnement fiscal proche des GIE : la L3C elle-même ne paie pas d’impôs mais c’est à chaque participant de prendre en charge la fiscalité de la L3C selon les règles qui s’appliquent à lui et selon son pourcentage de participation.

http://en.wikipedia.org/wiki/L3C
http://www.fredcavazza.net/2009/05/10/vers-un-nouveau-modele-daffaire-avec-lentreprise-a-profit-modere/

L’objectif est de faciliter les partenariats (et donc le dialogue et la coopération) entre entreprises et ONG, de faire un pont entre non-profits et for-profits.

3) Introduire en France les social businesses à la Yunus

Je n’ai pas lu le bouquin mais, à ce que je comprends, la principale différence juridique entre un social business à la Yunus et une association loi 1901, c’est que les investisseurs peuvent retirer leur capital à la fin alors que, pour l’asso loi 1901, le capital reste consacré ad vitam eternam à l’objet social de l’asso et, même si l’asso
est liquidée, il doit être transféré à une asso à objet équivalent.
L’avantage éventuel d’un tel statut serait d’encourager le développement de l’entrepreneuriat social.

http://fr.wikipedia.org/wiki/Social_business

Dans mon cas perso, je me suis lancé dans l’entrepreneuriat social en créant une SARL. Je n’ai pas créé une association car il s’agit d’un projet individuel et non collectif. Je n’avais donc pas vocation à m’entourer d’associés. Pour une entreprise individuelle de ce type, le statut juridique le plus naturel est la SARL à associé unique. Pour autant, je vise avant tout un objectif social d’intérêt général et non l’idée de faire fortune.

Ce qui manque vraiment pour développer l’entrepreneuriat social, ce serait un statut juridique adapté qui permet :

  • de se lancer seul, comme une SARL à associé unique,
  • de bénéficier de la protection d’une SARL,
  • de rémunérer du capital financier mais avec un plafond,
  • de bénéficier du régime fiscal du mécénat sans pour autant interdire à l’entrepreneur de se rémunérer, et donc en proposant une alternative au critère de gestion désintéressée ; ce critère de bénévolat des dirigeants est une condition sine qua non pour pouvoir bénéficier du régime fiscal du mécénat, alors qu’il devrait pouvoir être remplacé par des critères de contrôle exercés par des organismes d’intérêt général à gestion désintéressée, comme c’est indirectement le cas pour des SARL filiales de groupes associatifs d’intérêt général

Cela mériterait un truc un peu plus français que les social business à la Yunus mais en restant à peu près dans le même esprit. L’objectif serait d’encourager davantage de créations d’entreprises visant directement à résoudre des problèmes de société.

4) Renforcer encore le régime fiscal du mécénat

La France est déjà le paradis fiscal du mécénat. Mais plusieurs choses pourrraient être faites pour s’appuyer sur cet atout français :

  • relever le plafond fiscal du mécénat pour les PME (actuellement c’est 0,5% du CA pour tous) de manière à encourager toutes les entreprises à faire du mécénat et pas uniquement celles qui ont des compétences de communication institutionnelle suffisantes pour rentabiliser leur politique de mécénat,
  • allonger le délai d’exercice du droit à l’économie d’impôts au titre du mécénat ; actuellement, si vous faites un don mais n’êtes pas assez bénéficiaire sur les 5 années suivantes, alors l’économie d’imôts est perdue (ce n’est pas un crédit d’impôt remboursable) ; or on est embarqué pour une crise qui risque de durer bien plus que 5 ans (plutôt de l’ordre de 10 ans si on regarde l’évolution du PIB pour les crises de 1873 et de 1929, je crois) ; comment encourager les entreprises à se montrer solidaires au plus fort de la crise si on ne leur octroye pas leur avantage fiscal au moins jusqu’à la fin de la crise ?
  • la France pourrait encourager plus activement les autres pays de l’UE et du G20 à répliquer son régime fiscal du mécénat ; en particulier, là où il y a le plus de gisement de ressources d’entreprises à transformer en dons, c’est dans les ressources en nature qui restent inexploitées voire son gaspillées, (non pas dans les comptes en banque) ; par exemple, les industries agro-alimentaires peuvent donner des invendus aux banques alimentaires ; les industriels peuvent donner leurs invendus à des organisations humanitaires ; les sociétés de service en informatique peuvent donner leurs temps morts sous forme de wecena (pub !) ; le régime français encourage le don en nature bien plus que les régimes équivalents à l’étranger ; voila un axe de progression pour le G20.

5) Rendre transparentes les méthodes de notation et d’évaluation des risques

Il s’agit de forcer les agences de notation à publier leurs méthodologies de notation. Autrement dit, interdire l’exercice de l’activité de notation du risque de défaillance des entreprises et des emprunteurs à tout organisme qui ne divulgue pas ses méthodes de calcul dans le détail. En effet, ce n’est qu’en divulgant ces méthodes d’ingénierie d’évaluation du risque qu’on peut espérer capitaliser sur ces méthodes, en évaluer la fiabilité et la performance, les améliorer et progresser collectivement en la matière. La recherche scientifique ne peut progresser que parce que les affirmations des scientifiques sont appuyées par des publications complètes, reproductibles dans des conditions expérimentales similaires et donc que l’on peut contredire ou améliorer. Loin des rigueurs de la science, les agences de notation reflètent plutôt l’abitraire, la réputation et les illusions collectives. Nous souffrons tous du manque de fiabilité des systèmes actuels d’évaluation des risques financiers, sociaux et environnementaux. Il faudrait donc que ces systèmes soient soumis aux même impératifs de publicité que ceux des sciences pour qu’ils gagnent en fiabilité et donc nous en sécurité. Un groupe américain de chercheurs et d’entrepreneurs travaille d’arrache-pied sur ce sujet et propose déjà des outils et méthodes pour rendre ce champ d’activité public, transparent et fiable.

cf. le site http://freerisk.org et leur vidéo de présentation.

6) Représenter l’intérêt général des entreprises via les dons consentis par leurs parties prenantes, comptabiliser la solidarité autour de l’entreprise

Le point fort de la proposition de l’économie de communion, c’est d’introduire une démarche libre, désintéressée et volontaire de don, un don qui vient du coeur ; mais jusqu’ici ce don est personnel (c’est l’actionnaire qui donne à titre individuel) alors que, ici et maintenant, on parle des moyens d’inscrire ce don dans une démarche collective d’entreprise et de société, pour sortir transformés de la crise.

Mon idée serait donc de trouver un moyen pour pouvoir promouvoir et célébrer collectivement la culture du don autour de chaque entreprise. De célébrer (ou, au contraire, de sanctionner par le silence) l’entreprise comme vecteur d’avancement de l’intérêt général, de la société comme outil solidaire de redistribution des richesses.

Il s’agirait donc que l’Etat oblige l’entreprise à poser officiellement la question d’un don individuel, libre, volontaire et désintéressé  à chaque partie prenante : l’actionnaire, le mandataire social, le salarié, le client, le fournisseur… et à publier la réponse qu’elle en obtient. Plus précisément, il s’agirait que l’entreprise propose à chaque partie prenante d’affecter à un don d’intérêt général une partie de sa dette envers cette partie prenante (les dividendes qui doivent lui être versés, sa prime de fin d’année, l’abondement sur son épargne salariale, son avoir, le réglement de sa facture…) et à rendre des comptes quant à la générosité que l’entreprise inspire. Concrètement, voila comment cela pourrait se passer :

  1. C’est l’entreprise qui propose aux parties prenantes un ou des bénéficiaires possibles, forcément d’intérêt général (art. 238 bis du CGI), par exemple en vue de sa prochaine AG. Faire cette proposition devient une obligation légale et sanctionnée en cas de manquement (amende et surtout publicité de la sanction). Le bénéficiaire proposé peut être la fondation éventuelle de l’entreprise ou son fonds de dotation d’intérêt général.
  2. Chaque partie prenante peut ensuite librement, et en toute confidentialité, répondre à l’entreprise : “non merci, je garde pour moi ce que l’entreprise me doit” (mes dividendes, ma prime, mon épargne salariale, le réglement de ma facture, mon avoir…) auquel cas il n’y a aucune conséquence particulière, sa dette lui est réglée. Au contraire, elle peut librement répondre “oui, je décide d’en donner x euros à tel bénéficiaire” et ces dons ont leurs conséquences fiscales habituelles. L’entreprise verse ce montant au(x) bénéficiaire(s) choisi(s) par le donateur dans la liste proposée par l’entreprise. Mais c’est le donateur, comme d’habitude, qui reçoit le reçu fiscal émis par le bénéficiaire. Le donateur aurait pu choisir d’empocher ce que l’entreprise lui devait et ne pas faire de don (“je garde tout pour moi car l’entreprise ne me paie déjà pas beaucoup, alors…“, “je suis un fonds de pension bête et méchant et mes actionnaires ne veulent pas que je fasse du mécénat”). Ou bien faire un don direct sans passer par l’intermédiaire de l’entreprise (“je ne vois pas pourquoi je me montrerai comme solidaire de mon entreprise pour verser mon don annuel aux restos du coeur alors que mon entreprise ne mérite pas cela”). En acceptant de faire un don via ce mécanisme de solidarité d’entreprise, il accepte simplement que l’entreprise en question rende compte que l’un de ses actionnaires (ou l’un de ses salariés, ou de ses clients) a fait ce don “en tant qu’actionnaire” (ou en tant que salarié, …).
  3. Dans tous les cas, le résultat final est obligatoirement rendu public: “au total, cette année, nos parties prenantes ont donné tant d’euros“. La répartition de ce résultat par catégorie de partie prenante devrait également être rendue obligatoire (les salariés ont donné tant, les mandataires sociaux ont donné tant, les actionnaires ont donné tant, …) ce qui donne aux dirigeants un outil de management et de dialogue social sacrément intéressant. L’obligation de publication de répartition de ces dons par catégorie de partie prenante pourrait éventuellement ne s’appliquer qu’au-delà d’une certaine taille d’entreprise de manière à camoufler l’identité des donateurs personnes physiques (vie privée). Eventuellement, on pourrait imaginer que cette publication soit limitée aux seuls parties prenantes et à l’Etat lorsqu’on a affaire à une petite entreprise familiale…
  4. C’est la publication au sujet de ces dons associés à l’entreprise qui donne son sens au mécanisme. Ensuite, au moment de l’AG, on annonce donc combien chaque catégorie a donné et on célèbre collectivement les dons consentis (libre aux donateurs de s’identifier individuellement ou non, c’est à chacun de voir) ou bien on prend simplement acte que personne n’a rien donné cette année (“chacun pour soi !”) ; on peut compter sur les services communication des entreprises pour mettre en scène l’annonce des dons (façon Téléthon-maison…). De manière optionnelle, certaines entreprises pourraient choisir d’abonder les dons consentis par certaines de ces parties prenantes : “pour chaque euro que nos clients donneront aux bénéficiaires que nous proposons, l’entreprise donnera un euro supplémentaire au titre de son mécéant d’entreprise“.

Les dons restent personnels, libres et volontaires comme dans l’économie de communion. Le seul changement, c’est que l’Etat forcerait les entreprises à poser cette question lors de leurs AG et à comptabiliser les résultats, l’Etat “interpellerait” ainsi la bonne volonté de toutes les parties prenantes de toutes les entreprises (et non les entreprises elles-mêmes). Il y a un coût pour l’entreprise (choisir des bénéficiaires, demander à chacun son avis, verser les dons aux bénéficiaires et faire parvenir les reçus fiscaux aux donateurs) mais celui-ci est minime eu égard aux bénéfices en termes d’images et de management que l’entreprise solidaire peut en tirer.
La conséquence attendue est de promouvoir la culture du don par le biais des individus parties prenantes de l’entreprise, autour de l’entreprise comme lieu collectif de don de soi ; autrement dit, l’Etat insère une nouvelle condition dans le fait d’octroyer à des groupes d’individus la protection du statut juridique de société. Cette condition consiste à rendre la société plus transparente et plus responsable quant à l’usage qui en est fait par chacune de ses catégories de parties prenantes en tant que vecteur d’avancement de l’intérêt général. Les sociétés qui seront le plus utilisées comme vecteurs de don pour l’intérêt général gagneront un avantage en termes de réputation et d’image. Les sociétés qui seront les moins utilisées comme vecteurs collectifs de don individuels pour l’intérêt général ne bénéficieront pas de cet avantage. On donne la possibilité à chaque partie prenante d’associer ou non sa générosité personnelle et individuelle à l’image de l’entreprise, et de changer d’avis d’une année sur l’autre, pour exprimer ce qu’il/elle ressent quant au niveau de responsabilité sociale et environnementale de l’entreprise en question.

Voila. Qu’en pensez-vous ? Et vous, quelles sont vos pistes ?

Le wecena sur Planète Terra : qui sera le premier mécène ?

Tuesday, May 12th, 2009

Planète Terra, c’est le site Web d’actualité du développement durable, petit frère du magazine Terra Economica. Planète Terra consacre un article à Wecena dans le cadre de sa présentation des projets soutenus par l’incubateur social Antropia (ESSEC/Caisse d’Epargne).

J’en profite pour rebondir sur la fin de l’article :

Mais aucune SSII n’a encore signé avec Wecena. Les circuits de décision sont longs. “Je les travaille au corps” assure Jean Millerat.

En effet, ça fait bientôt 2 ans que je me consacre à temps plein à ce projet. Environ 9 mois pour amorcer le dispositif, identifier les premiers projets associatifs et atteindre les premiers contacts sérieux avec des directions de moyennes et grosses SSII. Puis 1 an de travail avec ces directions pour les préparer à franchir le pas. Faut-il s’étonner qu’aucune SSII n’ait encore signé ?

Je vous avoue que, moi aussi, je commence à trouver le temps long… Après tout, il faudra bien que, d’une manière ou d’une autre, je nourisse ma famille nombreuse lorsque j’aurai épuisé mon financement actuel ! A force de croiser les doigts pour un démarrage “dans les semaines qui viennent”, je me demande si je ne vais pas me faire des noeuds et avoir quelques difficultés pour taper au clavier.

D’un côté, il y a des raisons de douter du succès et je vais partager avec vous 3 histoires de SSII qui hésitent et n’arrivent pas (encore) à passer à l’acte :

La 1ère SSII emploie quelques milliers de consultants. Après plusieurs mois de préparation avec la responsable communication et mécénat, nous arrivons en septembre 2008 et avons obtenu l’accord de principe des principales directions de la boîte : managers de business units, direction financière, direction développement durable du Groupe, direction RH… Le DG est bienveillant. On envisage une signature “pour octobre, novembre ou décembre, le temps de prendre le DG entre 4-zyeux pour lui demander son feu vert final”. Mais la crise éclate, un gros projet interne prend du retard et bloque les nouvelles initiatives, le DG se met à douter (ne devrait-on pas plutôt essayer de faire faire de la recherche à nos intercontrats pour obtenir du crédit d’impôts recherche ?)… Le projet de signature est repoussé aux calendes grecques alors que j’y avais cru pour fin 2008. Glurps.

Deuxième SSII, deuxième histoire, également quelques milliers de consultants. Le président est très intéressé et souhaite démarrer quelque chose. Il exprime sa préférence pour l’un des projets bénéficiaires. Mais attention, “ne dites pas à mes managers qu’il s’agit d’un petit projet pilote” cela risquerait de les démotiver. Un an plus tard et malgré RDV et échanges par email, la responsable mécénat n’a toujours pas eu le temps d’étudier de près “les aspects administratifs et financiers” du wecena et le projet semble dans les choux. Déception.

Troisième SSII, quelques centaines de consultants, un comité de direction super-dynamique et qui m’accueille dès les jours suivants notre prise de contact. Je leur envoie la liste des projets à soutenir mais ils n’ont pas assez de compétences “nouvelles technologies” actuellement en disponibilité. En effet, il y a peu de demandes pour de compétences AS/400 ou mainframe dans le monde de l’innovation sociale. Qu’à cela ne tienne, je leur trouve un projet ne nécessitant aucune compétence nouvelles technologies. Quand est-ce qu’on démarre ? Je relance une dizaine de fois. Ils ne semblent plus avoir de raisons d’hésiter mais… 3 mois plus tard et c’est toujours le silence radio (ou presque, cf. plus bas).

Alors, on peut se permettre de douter n’est-ce pas ?

Oui, mais… la première qualité de l’entrepreneur serait, paraît-il, la perséverance. En plus, dans l’économie de communion, on n’oublie pas que l’on n’est pas seul aux commandes de sa boîte : il y a beaucoup de soutien, de sympathie et d’amour porté à ce projet. Certains croient même que j’ai un associé invisible qui me porte sur ses épaules ! :)

Plus concrètement, j’ai de bonnes raison de rester optimiste :

La première SSII vient de reprendre contact avec moi et nous envisageons ensemble une nouvelle manière de fonctionner : si ils me donnent un très fort engagement de volume et de durée ne pourrais-je pas minorer mes marges de sécurité (me permettre d’embaucher avec moins de risque par exemple) et, du coup, proposer une offre encore plus attrayante pour les aider à franchir le pas ?

La responsable administrative et financière de la troisième SSII me l’a promis : son directeur général va me rappeler dans la semaine pour me dire si oui ou non ils sont partants.

Et puis, je gardais le meilleur pour la fin, il y a d’autres SSII en course :

  • suite à mon passage dans 01 Informatique et sur BFM Radio, le DG d’une SSII d’envergure mondiale me convoque avec son bras droit, demain après-midi, pour envisager un démarrage prochain,
  • plusieurs SSII de taille moyenne (quelques centaines de consultants) étudient encore mon offre et je dois les relancer,
  • surtout, une quatrième grosse SSII de plusieurs milliers de consultants, avec laquelle je suis en relation depuis un an, arrive au bout de son processus de décision : le comité exécutif a donné son feu vert, les représentants du personnel ont été consultés, le président a annoncé l’ouverture prochaine du wecena pour leurs intercontrats, nous peaufinons les conventions avec les associations bénéficiaires et préparons un joli PDF pour les managers de manière à leur rappeler tous les aspects du processus de gestion du volontariat automatisé via wecena.com ; la directrice communication prévoit une page spécial wecena dans son journal interne de mi-juillet 2009 en espérant pouvoir y mettre les témoignages des premiers volontaires !

Comme dirait ma moitié, tant qu’il n’y a pas un sous qui arrive en banque, on ne peut être sûr de rien. Mon papa, un peu plus optimiste (quoique aussi prudent) me demandait quand il pourrait sortir la bouteille de champagne. Je lui demande d’attendre l’arrivée effective du premier volontaire sur l’un des projets qui bénéficient du wecena. Alors, les paris sont ouverts, qui sera la première société à apparaître dans la catégorie “Mécènes” (à surveiller sur wecena.com!) et quand ? Un volontaire de la 4ème SSII dès mi-juin ? La 3ème SSII dès courant mai ? Une SSII mystère dès juillet-août ? Personne parce que la grippe de porcinet va tous nous tuer cet été ?

Que puis-je faire pour vous ?

Sunday, April 12th, 2009

[Vous pouvez télécharger mon CV 2009 au format PDF en cliquant ici. Pour une version plus complète, lisez la suite...]

Vous envisagez de vous fier à mes compétences, de faire affaire avec moi et j’ai bien envie de vous y encourager. Se vanter, c’est obscène mais se vendre, c’est nécessaire… Alors je vais me permettre de vous faire l’article, de faire ma pub éhontée devant vos yeux que j’espère indulgents et ébahis : mon parcours professionnel, mes domaines de compétences, mes principales réalisations.

L’exercice n’étant pas évident sur un blog (ni ailleurs, d’ailleurs), veuillez pardonner ma maladresse certaine, mon regretté pédantisme et les prétentions forcées qui s’ensuivent.

Mon parcours professionnel

De 1994 à 1998, l’Ecole Centrale de Lille, le Val Fourré, le CEA, la délégation interministérielle à la ville

De 1994 à 1998, j’obtiens le diplôme d’ingénieur à l’Ecole Centrale de Lille et j’y multiplie mes premières expériences : consultant nouvelles technologies auprès de PMEs européennes, chercheur en ingénierie de la connaissance pour EDF, administrateur réseau pour les élèves de l’école. Stagiaire au sein des quartiers sensibles du Val Fourré, j’invente et j’expérimente des technologies hypermédias pour la communication de proximité. Stagiaire puis consultant pour le Commissariat à l’Energie Atomique en France puis pour l’ONU et son Agence Internationale à l’Energie Atomique à Vienne, j’évalue les risques d’usage de l’Internet pour la prolifération nucléaire. En service civil à la délégation interministérielle à la ville et en tant que cofondateur d’une association nationale de soutien à l’insertion des jeunes des banlieues, je déploie de l’informatique et de l’Internet dans 10 quartiers en difficulté et en administration centrale.

1998 jusqu’à 2000 : ma première expérience d’entrepreneur

De 1998 à 2000, je me lance dans l’entreprenariat et je créé Reliance SARL avec un camarade de promotion de Centrale Lille : conseil en informatique et veille sur Internet pour de grands comptes du secteur public, de l’industrie et des télécoms. Mon associé et moi entrons malheureusement en conflit et nous devons nous séparer. Je liquide la société.

De 2000 à 2005 : je “webise” Saint-Gobain

En 2000, je rejoins la direction des systèmes d’information du groupe Saint-Gobain en tant que chef du groupe développements Web. Je transforme cette équipe de 5 développeurs Web en une “usine à projets” nouvelles technologies de 20 ingénieurs, consultants et chefs de projets. Je supervise la réalisation de 100 mini-projets intranet en 5 ans et je dirige le projet identités électroniques du groupe : 10 millions d’euros sur 8 ans pour authentifier, gérer et sécuriser l’identité électronique des 200.000 salariés auprès des 1000 systèmes informatiques du Groupe.

De 2005 à 2007 : vive la recherche dans les Motorola Labs

En 2005, je rejoins les laboratoires de recherche appliquée de Motorolaje dirige l’équipe française de recherche en systèmes de recommendations personnalisées pour applications mobiles et multimédia (Web 3.0 ?) : 7 chercheurs et ingénieurs de recherche spécialisés en apprentissage et raisonnement automatiques (machine learning), architectures distribuées (context-aware et agent-oriented), web sémantique et ingénierie de la connaissance (knowledge engineering).

Depuis 2007 : de l’innovation technologique pour l’innovation sociale, j’invente le wecena

En 2007, je quitte Motorola pour lancer une entreprise à vocation sociale: Wecena. Je conçois et j’implémente un modèle économique très innovant pour permettre au monde associatif d’appuyer leurs innovations sociales sur la créativité et les compétences technologiques des professionnels de l’informatique, sans que cela ne coûte un euro ni aux associations bénéficiaires ni aux SSII mécènes qui les soutiennent.

Mes domaines de compétences professionnelles

Mon parcours m’a permis d’exercer quatre domaines de compétences :

  • l’informatique,
  • le conseil,
  • le management
  • et l’innovation.

J’ai une bonne maîtrise des techniques informatiques depuis l’architecture applicative jusqu’au fonctionnel en intelligence économique et en knowledge management : ingénierie des connaissances pour les télécoms et l’industrie mais aussi intelligence économique et veille pour le tertiaire et le secteur public, travail collaboratif, portail et gestion de contenu Web pour les PME et les multinationales, intelligence artificielle et architectures de mobilité pour les téléphones et appareils multimédias. J’ai également une bonne expertise en gestion des identités électroniques (SSO, provisioning, méta-annuaires) pour sécuriser et faciliter les accès de 200 000 utilisateurs à 1000 systèmes informatiques (voir aussi ceci). Je sais analyser et concevoir des architectures informatiques complexes et durables pouvant nécessiter 20 serveurs répartis en plusieurs datacenters à travers le monde. Je maîtrise l’essentiel du génie logiciel et, en particulier, la conception et le développement Web orienté objet (Java, Python, Perl). Je suis un « champion » de l’open source.

En matière de conseil, je suis capable de mener des missions d’audit, d’analyse de données, d’évaluation de projets et de réorganisation de processus administratifs. Je sais mettre en ½uvre des méthode d’expression et d’analyse de besoins pour formaliser des cahiers des charges fonctionnels. Je sais former mes clients à ces méthodes et leur faire partager par une communication participative ma vision des meilleures options possibles. Ces missions de conseil peuvent m’amener à travailler avec jusqu’à 130 interlocuteurs par projet, représentant tous pays et toutes fonctions dans l’entreprise, depuis le directeur financier français jusqu’au technicien informatique tchèque en passant par le responsable de service RH anglais et les chercheurs américains ou indiens. Mes interlocuteurs peuvent également être des chefs d’entreprise d’insertion, des responsables associatifs ou des dirigeants de fondations d’utilité publique.

En matière de management, je peux diriger des projets informatiques et de conduite du changement complexes, pouvant requérir des investissements jusqu’à 10 millions d’euros et s’étaler sur 8 ans. Je suis capable de diriger des équipes techniques de 20 personnes en charge d’une multiplicité de petits projets, comme par exemple 20 projets menés de front, allant de 20 jours.hommes à 200 jours.hommes. Je mets en place les outils et procédures de contrôle de gestion qui me permettent de piloter ces activités de prestation de service. Je sais recruter et coacher des collaborateurs informaticiens de 20 à 40 ans aux profils variés : de l’ingénieur grande école à l’informaticien autodidacte en passant par le chercheur universitaire. Mais je sais aussi travailler en relation de soutien avec des personnes en situation difficile sur le plan psychologique ou social.

Mon coeur de métier, c’est l’innovation : savoir mener toutes les étapes du lancement d’une nouvelle activité depuis la veille jusqu’à la vente en passant si besoin par la création d’entreprise. Je sais conduire un processus de veille pour détecter l’émergence de techniques, d’usages ou de besoins dans les domaines du traitement de l’information et de la documentation, de la communication en ligne et de l’innovation sociale. Je sais inventer, expérimenter et évaluer des algorithmes, architectures et logiciels informatiques mais aussi des principes de management et des modèles économiques et fiscaux à la pointe de la recherche. Je peux produire des brevets et des publications scientifiques. Je suis capable de travailler mes inventions avec des publics très différents et multiculturels: depuis les grands comptes privés ou du secteur public jusqu’aux habitants de quartiers en difficulté. Je peux ensuite monter des business plan rigoureux et mobiliser des énergies pour trouver associés, financeurs, clients et partenaires. Je sais créer une entreprise ou une association. Enfin, je suis capable de manager et de vendre ces projets innovants ou les prestations associées à des grands comptes de l’industrie, des services ou du secteur public.

En résumé, je prétends être un entrepreneur capable de lancer des activités innovantes en lien avec les nouvelles technologies, de manager des équipes projet et d’accompagner des grandes organisations dans la conduite de changements, y compris lorsqu’il s’agit de relever des défis à forte ambition sociale.

Mes réalisations

Vous retrouverez le résumé de mes principales réalisations dans la rubrique “ma pub” de ce blog !

Financez votre projet d’entrepreneuriat social

Friday, January 23rd, 2009

Vous êtes un entrepreneur social (en herbe ou non) et vous avez besoin de financement en France. (Message subliminal de pub : si c’est d’informaticiens gratuits dont vous avez besoin, je suis là pour vous en fournir.) A qui vous adresser ? Voici les bonnes adresses que j’ai repérées jusqu’ici :

[Mise à jour le 7 février: quelques compléments d'infos sur PhiTrust, les CIGALES, Garrigue, Noaber]

Ashoka

Fondée et soutenue par des consultants et anciens de McKinsey, Ashoka est une association d’origine américaine et qui est le principal promoteur du concept d’entrepreneur social. Ashoka attribue des bourses individuelles à des entrepreneurs sociaux ayant déjà fait la preuve de l’impact social de leurs projets. Les bourses Ashoka, accompagné d’une mise en relation avec un excellent carnet d’adresses de décideurs et d’autres entrepreneurs sociaux à travers le monde, est sensée permettre à l’entrepreneur social de pouvoir se consacrer à temps plein à son projet sans avoir à se soucier de ses revenus personnels pendant quelques temps (un an ou deux ?). La bourse est attribuée à l’entrepreneur et non à l’entreprise. Ashoka ne répond pas aux sollicitations directes de porteurs de projets mais repère les entrepreneurs via son réseau de bénévoles. A l’origine, l’idée telle que présentée par le fondateur, Bill Drayton, était plutôt de permettre à des entrepreneurs sociaux de se lancer dans leur projet à temps plein (capital amorçage, en quelques sortes). Mais aujourd’hui, les entrepreneurs sociaux sélectionnés en France sont des personnes ayant des projets déjà bien établis et nécessitant plus de notoriété et une aide à leur développement. Ashoka est bien implanté en France et anime régulièrement des événements notamment autour de ses “promotions” annuelles d’entrepreneurs sociaux français.

Echoing Green

Echoing Green, par contre, reste essentiellement positionné sur le capital amorçage mais, également, sous forme de subvention individuelle. Les bourses, d’un montant de 60 000 $, sont également attribuées à l’entrepreneur avec pour principal engagement de celui-ci qu’il se consacre à plein temps pendant 2 ans à son projet. La sélection annuelle s’effectue sur dossier : de l’ordre de mille candidats pour moins d’une dizaine de projets sélectionnés chaque année. Echoing Green n’a aucune présence en France et la sélection s’effectue en ligne. La bourse est également accompagnée de services gratuits : conseil, accompagnement, mise en relation… J’ai personnellement essayé d’être sélectionné et essuyé un échec. Par contre, Thierry Klein a réussi à passer la première étape avec le super projet du Capital Altruiste.

PhiTrust

PhiTrust intervient principalement en phase de développement, après quelques années d’existence du projet, typiquement “après Ashoka”. Le groupe PhiTrust est constitué de professionnels du financement d’entreprise qui décident de se dédier au financement de l’innovation sociale. PhiTrust est membre d’un réseau européen, l’European Venture Philanthropy Association. PhiTrust dispose de 2 chevilles ouvrières : d’une part une fondation sous égide de l’Institut de France, pour le financement, sous forme de subventions, de projets à but non lucratif et d’autre part PhiTrust Partenaires, une société d’investissement à capital variable. Le processus de décision de financement s’étale sur une durée de 1 à 3 ans et commence par l’envoi d’un dossier descriptif du projet, puis questionnaire détaillé, puis une série d’entretiens, ensuite une enquête approfondie (“due diligence“) et enfin une présentation au comité de financement. 1 projet est sélectionné pour 70 candidatures, pour environ 20 candidatures par mois. Pour les projets lucratifs, les participations prises sont minoritaires (“actionnaire minoritaire actif”) avec un rendement attendu qui reste faible (la plupart du temps inférieur à 5%). Au-delà de 10% de rendement des participations, l’excédent est reversé à la fondation.

Antropia

Antropia, l’incubateur social de la Chaire Entrepreneuriat Social de l’ESSEC offre non seulement une logistique de base pour les nouveaux entrepreneurs sociaux (bureau, téléphone…) mais surtout des services (conseil, ‘accompagnement “coaching”, mise en relation…) et l’accès à des prêts d’honneur de la Caisse d’Epargne. Je suis en train de postuler auprès d’Antropia car j’ai eu le plaisir de “goûter” et d’apprécier la qualité de l’accompagnement auquel Antropia donne accès.

Bamboo Finance

Bamboo Finance est une entreprise sociale suisse de capital risque philanthropique, avec objectif de sortie mais recherche d’un double impact : social (et/ou environnemental) et financier.

Fondation Schwab

La Fondation Schwab organise en France, chaque année, un concours d’entreprises sociales dont le prix est un don en nature de conseil par un grand cabinet (habituellement offert par le Boston Consulting Group).

Fondation Skoll

La Fondation Skoll offre essentiellement un service de mise en relation et de médiatisation des meilleurs projets, avec une influence certaine aux USA et notamment en Californie. La Fondation Skoll intervient en financement plus tardif des projets déjà bien établis, avec des enveloppes de l’ordre du million de dollars sur 3 ans.

France Active

Fondée en France dans les années 80 en réaction à une importante augmentation du chômage longue durée, France Active vise à créer de l’emploi et regroupe, parmi ses décideurs, des professionnels de la banque intéressés par l’économie sociale et des dirigeants d’ONGs telles que le Secours Catholique et la CIMADE. France Active intervient en financement via la Société d’Investissement France Active (SIFA), notamment (mais pas exclusivement) auprès des entreprises d’insertion.

ESFIN-IDES

Le groupe ESFIN-IDES intervient en capital risque auprès des acteurs de l’économie sociale, avec des souscriptions de l’ordre de 100 000 à 600 000 euros.

Les CIGALES et GARRIGUE

Les CIGALES sont des clubs d’investisseurs privés (comme des business angels) qui interviennent en phase d’amorçage de projets locaux sur des petites sommes (1000 ou 2000 euros par exemples) et, plus rarement, en regroupant les 5 ou 6 clubs d’une région (cas de l’Ile-de-France) pour des investissement plus importants (10 000 euros ?). Garrigue est une société de capital risque proche des Cigales. L’un des critères essentiels de décision est la création d’emploi : le projet est-il créateur d’emploi et l’entrepreneur renoue-t-il, par ce projet, avec le monde de l’emploi. Les entrepreneurs accompagnés sont donc essentiellement des personnes ayant connu des difficultés professionnelles ou sociales significatives.

Fondation Noaber

La fondation néerlandaise Noaber finance des projets européen d’entrepreneuriat social en phase d’amorçage, sur quelques secteurs d’activité bien précis (donc un secteur “nouvelles technologies”). Il s’agit d’une fondation d’inspiration chrétienne et qui porte une attention particulière à l’évaluation quantitative de l’impact social attendu d’un projet. S’adresser à eux en anglais, en allemand ou … en néerlandais.

Conclusion

Voila pour ce que j’en sais à ce jour. Vos tuyaux, avis et bonnes adresses sont plus que bienvenus en commentaires !

Wow, 10 millions de dollar pour rendre le monde meilleur

Thursday, September 25th, 2008

C’est Noël ? C’est la surenchère ? Nokia promet 150 000 dollars dans un concours d’idées d’applications innovantes et solidaires. Et voilà-t-y pas que Google en promet 10 millions, pour réaliser les cinq de vos projets qui sont les plus susceptibles de rendre le monde meilleur. De quoi être époustouflifié même quand on sait que la X-Prize foundation envisage des concours d’innovations avec des récompenses allant de 100 millions à 1 milliard de dollars ! Google est d’ailleurs un membre actif des concours de cette fondation.

Allez, avec un peu de chances, j’aurai peut-être le plaisir d’offrir un lot de consolation à quelques innovateurs solidaires français ? Quelques équivalents-temps plein d’ingénieurs et consultants informaticiens, gratuitement, pour votre projet d’intérêt général, ça vous tente ?

Au passage, je remercie Monsieur D., de Chambéry d’Albertville, qui a bien voulu me signaler cette initiative de Google que j’avais loupée. Monsieur D. est parfois timide alors il m’avait contacté par mail plutôt que via un commentaire sur ce blog. ;-)