Ca y est, j’ai changé de job. Adieu la multinationale industrielle dans laquelle je manageais l’équipe intranet. Bonjour la multinationale high-tech dans laquelle je manage une équipe de recherche sur les “knowledge technologies”. Entre temps, quelques vacances bien méritées m’ont permis de me reposer et de travailler sur un sujet qui me tient à coeur : les innovations Internet d’utilité publique. Mais c’est une autre histoire dont je vous parlerai bientôt.
J’ai bien envie de vous dire quelques mots sur mon nouveau job. Mais je dois veiller à ne pas en dire trop, devoir de réserve et confidentialité obligent… comme avant mais en plus ancré dans la culture de mon nouvel employeur. Bon, bref, je suis dans une “tech’company” et je suis encore dans la phase de découverte de ce nouvel environnement. Et j’en suis encore à faire des “oh!” et des “ah!” de surprise chaque jour. Mis à part quelques rares mauvaises surprises (un firewall corporate un peu trop strict à mon goût, pas de proxy SOCKS, des procédures à n’en plus finir), je suis plutôt dans une phase d’ébahissement quotidien, ne serait-ce que lorsque je découvre mes nouveaux outils de travail. Jugez plutôt.
D’abord, ici, je suis dans un lab, je fais de la recherche : ah ! plaisir ! on va (enfin) pouvoir s’amuser un peu (plus) ! Et puis, le premier jour de mon arrivée, je créé mon blog sur l’intranet. Oh ! N’importe quel employé peut créer son blog sur l’intranet (avec Livelink) ! Et des wikis à volonté !? Mais où suis-je donc tombé ?! Tiens, mes voisins de bureau constituent l’équipe informatique locale. Oh-ah ! Je peux m’abonner aux news de cette équipe via leur flux RSS ! J’y apprends qu’un bon paquet des employés sont devenus adeptes de la messagerie instantanée… sur un serveur Jabber interne ! Et mes collègues, dans mon équipe, utilisent Firefox et Thunderbird (certains sous linux !) ! Ah ! Oh! Il y a un serveur NNTP dans l’entreprise avec des newsgroups internes ! Oh ! Mon N+3 parle de podcasting et de blogs dans sa dernière intervention devant un parterre d’analystes financiers ! Mais où suis-je donc tombé ? Quoi ? L’équipe informatique locale vient vanter les mérites de Python à mon équipe (entre deux distributions de M&Ms) ? Pincez-moi ! Le moteur de recherche de l’intranet me bombarde de contenu quand j’y cherche “P2P”, “podcasting”, “social software” et autres “semantic web”… 16 matches pour “blogosphere”, pas mal ! Bon, reprenons nos esprits… Mmm… Mais… Mais… c’est un sourceforge corporate que je vois installé là ! Avec plus d’une centaine de projets (plutôt actifs) dedans ! Et des mailing lists actives et archivées sur le serveur corporate de mailing lists… Et le PDG annonce qu’il consacre le nouveau think tank intranet qui permet à n’importe quel employé de soumettre des propositions d’innovation dont on a ensuite un suivi via intranet… Ouhla la… Tiens, deux jours après mon arrivée, mon e-provisioning est presque terminé : je suis déjà dans la messagerie Groupe mais aussi dans l’annuaire LDAP groupe et dans le réplicat local. Wowa. Le choc entre “avant” et “après” est rudement sympa ! Je vais reprendre un de ces chocolats chauds que cette gentille machine à café nous distribue à volonté.
Au niveau environnement extérieur, le changement n’est pas mal non plus. Par la fenêtre, je ne vois plus la façade du gratte-ciel d’en face (La Défense…) mais les champs et les bois. Pour venir, je ne me tape plus quotidiennement deux heures et demi de RER + Bus mais une heure de voiture (tant que les autres banlieusards sont en vacances, je suis à 30 minutes de chez moi). Le trajet a un inconvénient : les agriculteurs du coin procèdent actuellement à de l’épendage de lisier, bonjour les odeurs. Mais, bon, c’est pittoresque. Et une fois les champs éloignés, je retrouve le parfum de la forêt du parc naturel que je traverse de part en part. Je longe chaque jour les remparts d’un château fort du 11è siècle, je traverse villages et hameaux, je me gare… et je badge.
Niveau ambiance, ça a l’air d’être bien sympathique ici. J’ai vite abandonné le costard-cravate de siège. Apparemment, dans les labs (mais aussi quand on est PDG ou VP), l’uniforme c’est plutôt le tee-shirt ou le polo auquel on rajoute une veste quand on veut faire plus classe. Mais où vais-je pouvoir mettre mon épingle à cravate et mes boutons de manchette (je plaisante, en fait, je n’ai ni épingle à cravate ni bouton de manchette).
Je vais arrêter là pour aujourd’hui et vais continuer à savourer mon modeste ébahissement quotidien.