Archives mensuelles : mars 2004

Les portails d’entreprise (EIP) : pourquoi, comment…

Dans le fichier Zip ci-joint, voici un jeu de slides pour tenter d’exprimer ma vision sur les portails.
En résumé, quelques idées clefs :

  • les bénéfices indirects (faciliter l’appropriation de l’informatique par les utilisateurs, rendre visibles les dysfonctionnements ou le manque d’harmonisation des process ou des organisations grâce à la juxtaposition de « vues » provenant de différents businesses) sont supérieurs aux bénéfices directs,
  • un bénéfice direct important du portail est un gain en « usability » et notamment en « accessibility » ; mais on peut obtenir les mêmes gains sans portail à condition de les identifier comme objectifs réels (chantier « charte d’ergonomie », etc.) et cette dernière approche est préférable,
  • je ne suis pas convaincu de l’utilité de portails pour tous les utilisateurs, pour y mettre les interfaces utilisateurs de toutes les applications informatiques de toutes les business units,
  • nous ne devrions pas chercher à faire du portail le lieu UNIQUE d’interface entre l’utilisateur et l’informatique métier car cela serait trop peu rentable voire simplement infaisable ; par conséquent, il est plus prioritaire d’étendre horizontalement la couverture des portails (y brancher davantage de sources d’information, d’un plus grand nombre d’entités de l’entreprise, de manière légère, superficielle, limitée) que de l’étendre en profondeur (y intégrer des écrans d’application plus complets et plus interactifs)
  • le portail ne devrait pas être notre principal levier pour simplifier et sécuriser l’authentification des utilisateurs : les solutions de 3SO (Simple but Secure Sign On) habitent dans le back-end du système d’information et non dans l’interface utilisateur.

Pour les débats plus techniques :

  • nous devrions privilégier les « remote portlets » aux « local portlets » (couplage faible) mais nous méfier des standards manquant d’ouverture (WSRP est défini par un consortium d’éditeurs et n’a pas fait les preuves de son ouverture pour le moment),
  • nous devrions privilégier les technologies de portlets proches des services Web ayant fait leurs preuves depuis de nombreuses années = les portlets fidèles au style REST = RSS dès à présent, RDF pour le futur, voire simplement l’intégration de flux XML en style REST en attendant mieux
  • pour découpler au maximum les composants du système d’information d’entreprise et augmenter ainsi sa durabilité et sa capacité de passage à l’échelle, nous devrions privilégier (dans le portail comme ailleurs) l’intégration orientée message pour laquelle les messages sont davantage des documents (ensemble de données) que des appels à des procédures distantes (RPC)

2004, année des logiciels libres en entreprise ?

Lorsque l’on regarde la presse informatique française, on peut constater que, enfin, les produits issues du modèle open source (logiciels libres) sont entrés dans les moeurs. Le dossier qui leur a été consacré sur le Journal du Net en témoigne. Et celui de 01 Informatique également, avec des retours d’expérience satisfaisants.
Je ne peux que regretter que le secteur de l’industrie soit à la traine dans l’adoption des technologies open source et me féliciter que, pour une fois, c’est le secteur public qui est à la pointe ! Et dire que je m’épuise à essayer de faire comprendre à mon employeur (industriel) que le monde ne se réduit pas à un choix entre Microsoft .Net, J2EE de chez BEA et J2EE de chez IBM… Quelle désagréable sensation que celui d’être l’objet de ricanements lorsque je prononce des mots comme Zope et Plone auprès de certains de mes supérieurs ou collègues qui ont parfois du mal à différencier Linux et Open Source, PHP et je-suis-un-script-kiddie…
Les grandes entreprises, ces dernières années, y vont toutes de leurs démarches de standardisation des architectures applicatives. Ces démarches d’architecture du S.I. ne reposent-elles pas sur une conviction forcenée que l’on peut maîtriser l’architecture du S.I. dès lors que l’on parviendrait à appliquer sur le S.I. un modèle objet global, comme si le S.I. n’était rien d’autre qu’une grosse application… Une sorte de « cathédrale », « urbanisée », « architecturée » dans un bureau d’études. Quel dommage que l’on ne cherche pas plutôt à comprendre ce qui fait la durabilité et la scalabilité de systèmes d’informations planétaires aussi éprouvés que l’Internet ou le Web. La presse reconnaît maintenant que les produits issus du modèle open source ne sont pas pires que ceux vendus sous licence par des éditeurs. Comment aller plus loin et expliquer pourquoi le modèle open source offre aux entreprises utilisatrices un modèle de développement plus durable du S.I. que le modèle classique éditeur / intégrateur-distributeur… Comment expliquer aux entreprises utilisatrices que le droit de la propriété intellectuelle peut devenir un levier au service de leurs besoins métiers (répondre moins cher et plus durablement à davantage de besoins métier en adoptant des licences libres) plutôt qu’un système de défense des seuls intérêts des éditeurs logiciels ? Si une telle idée devenait monnaie courante, ce serait sans doute moins vendeur pour les consultants et éditeurs d’aujourd’hui. Les D.S.I. ne devraient-ils pas renoncer au rêve d’une architecture centralisatrice pour adopter des modèles plus pragmatiques ? Peut-être que l’Etat français a déjà atteint une maturité suffisante pour admettre les limites d’une administration centrale du S.I. ? pour décider de se fier à des modèles organisationnels plus sains et plus durables, à une approche plus « écologique » du développement informatique ? Comme expliquer que le débat sous-jacent relève davantage du bon sens que de l’idéalisme ou de l’utopie ?

Mon papa découvre RSSBandit

Mon papa aime bien découper des articles dans la presse. Je suppose qu’il sera intéressé par l’utilisation d’un agrégateur d’actualités. Le meilleur agrégateur open source pour Windows, à ce jour, me semble être RSSBandit. Inconvénients principaux de RSSBandit : il contient encore au moins quelques bugs énervants ; et il nécessite l’installation du framework .Net sur le poste de travail ! Mais bon, ceci accepté, voici donc les infos que je donne à mon papa pour qu’il apprenne à utiliser RSSBandit.
Tu peux faire plusieurs choses avec le pirate :
1/ LIRE les actualités : il suffit de cliquer sur le titre des sources d’actualité (newsfeed) exemple : « Liberation, politique internationale » puis de cliquer sur chaque actualité ; lorsqu’une actualité est lue, elle change de couleur (passage de gras à non-gras) ; ainsi tu sais ce que tu as déjà lu et ce que tu n’as pas encore lu.
2/ ORGANISER les actualités : tu peux ranger les sources d’actualité en rubriques et sous-rubriques (dossiers et sous-dossier). Pour cela, il faut cliquer bouton droit sur le dossier parent et lui dire de créer un sous-dossier. Ensuite tu fais glisser ta source d’actu vers ce nouveau sous-dossier.
Tu peux ainsi créer une arborescence thématique (le dossier « politique » contiendrait le sous-dossier « politique internationale » qui contiendrait par exemple la source d’actu « Libe, politique internationale »).
Tu peux préférer organiser d’abord tes rubriques par langue : un dossier pour toutes les sources en français et un autre pour tout ce qui est en anglais. Mais cela est déconseillé car peu pratique.
Mais le nec plus ultra, c’est de commencer simplement par un créer une liste de dossiers vides numéroté de 095 (avec un zero devant, c’est mieux) à 105. Ensuite tu mets toutes tes sources d’actualité dans le dossier 100. Et, chaque jour, tu viens parcourir les nouvelles actualités. Les sources qui te semblent peu intéressantes, tu les mets dans un dossier inférieur (tu fais passer « Libe, politique internationale » de 100 vers 099 par exemple). Et, inversement, les sources qui te semblent mériter plus d’attention de ta part, tu les mets vers 101. Les jours suivants, tu gardes la même règle à l’esprit : lorsqu’une source est intéressante, je la monte d’un dossier ; lorsqu’elle ne donne rien d’intéressant ce jour-là, je la fais descendre d’un cran. Ainsi, au bout de quelques jours, tu auras classé tes sources par ordre croissant d’attention qu’elles méritent. Ainsi, tu pourras à l’avenir ne lire souvent que les sources dans les dossiers méritant beaucoup d’attention (104, 105, …) et ne vérifier les actus des sources moins intéressantes (dossiers 097, 098, …) que moins souvent.
Tu peux décider de supprimer des sources en cliquant bouton droit dessus puis Delete news feed.
3/ AJOUTER de nouvelles sources
Chaque sources d’actualité est identifiée par une adresse Web. Exemple : la source « AkaSig » a pour adresse Web http://sig.levillage.org/wp-rdf.php En effet, c’est une source qui est publiée à cette adresse sur mon site Web perso.
Ajouter une nouvelle source implique donc que tu trouves des adresses Web de sources d’actualité puis que tu demandes à RSSBandit d’ajouter cette source dans sa liste (puis tu la mets dans le dossier/rubrique que tu veux). Demander à RSSBandit d’ajouter une source, c’est facile : il faut cliquer sur le bouton « New Feed » de sa barre de bouton puis saisir (copier-coller) l’adresse Web de la source que tu veux ajouter. Et RSSBandit fait le reste (y compris, généralement, trouver automatiquement le titre de la source).
La partie « difficile » consiste à trouver des sources d’actualité qui t’intéressent. Pour cela, le mieux est de faire une recherche classique dans Google sur un thème qui t’intéresse, en ajoutant « filetype:rdf » ou « inurl:rdf » ou encore « filetype:rss » comme mot-clef de ta recherche (sans les guillemets). En retour, Google te propose des adresses Web qui contiennent des sources d’actualité que tu peux ensuite ajouter dans RSSBandit. Exemple : chercher « inurl:rdf politique » te donne comme sources possibles l’adresse de plusieurs carnets Web célèbres qui commentent l’actualité politique et constituent donc eux-même des sources.
4/ METTRE des mots-clefs sous surveillance
Tu peux demander à RSSBandit de créer un genre de source virtuelle dans laquelle il va recenser toutes les actualités de tes sources dans lesquelles il aura repéré un mot-clef donné. C’est comme si tu demandait à RSSBandit de lancer automatiquement une recherche, parmi les actus dont il dispose, sur un mot-clef donné à chaque fois que tu l’utilises. Pour ce faire, il faut ajouter un nouveau mot-clef dans la partie en bas à gauche de l’écran. Je ne me souviens plus comment ça s’appelle à l’écran car je viens d’être obligé de désinstaller RSSBandit sur mon poste. Donc je t’en dirai plus plus tard à ce sujet.
5/ METTRE des sources sous surveillance
Tu peux demander à RSSBandit de t’afficher un genre de popup dès qu’une certaine source contient de nouvelles actualités. Pour ce faire, tu cliques bouton droit sur la source que tu veux mettre sous surveillance, tu vas dans propriétés de la source puis tu coches une case qui te dit « afficher une popup window lors de l’arrivée de nouveaux items » (ou alert window je ne sais plus).
Voila, voila… Bonne agrégation.

Nommage des individus dans le monde

Apparemment, le Vietnam est le pays dans lequel les noms de famille sont les moins uniques. Voici quelques liens pour comprendre les usages internationaux en matière de nommage des individus :

Why are there three versions of the Web Ontology Language (OWL) ?

The Web Ontology Language (OWL maybe because some non English speaker must have mixed the letters…) exists in three different versions :

  • OWL Lite expresses constraints on and properties of an RDF schema, such as transitivity (if R1 > P1 > R2 and R2 > P2 > R3 then R1 > P3 > R3), and simple min and max cardinality properties of an RDF property (the values of theses cardinality properties can be 0, 1 or illimited).
  • OWL DL expresses « first order descriptive logic » constraints on medata (such as if R1 > P1 > R2 then R1 > P2 > R3), this is much broader as OWL Lite
  • OWL Full enables the specification of generic inference engines but it is still seen by some as a curiosity artefact for researchers

This is my very limited understand of the OWL topic. Please someone correct me if I am wrong (you can do it in French if you want !) !

Microsoft : « Je veux bien arrêter d’abuser, mais seulement pendant une heure. »

Dans l’amphi à Gouri (doit-on plutôt dire l’amphi de Gouri ? ou l’amphigouri ?), on peut lire ce bon résumé de la position actuelle de Microsoft au sujet des poursuites judiciaires dont il (elle ?!) est l’objet : « Je veux bien arrêter d’abuser, mais seulement pendant une heure. ». Plus loin, il est dit :

l’essence ne se duplique pas et se consomme, pas le logiciel, quoique Microsoft serait très content si on devait payer régulièrement pour quelque chose qui se duplique à coût nul et ne se consomme pas

Imaginons l’informatique du futur : « je voudrais trois litres de traitement de texte monsieur le pompiste » ou bien encore « faites-moi le plein de pauvre-point SVP » (aka point-puissant aka point-du-pouvoir)…
Le tout dans une salle de bain… Terrible, non ?

XML.com: The Beauty of REST [Mar. 17, 2004]

Jon Udell nous raconte par l’exemple comment le style architectural REST permet d’intégrer des catalogues de bibliothèques de manière fluide et peu coûteuse (à l’aide de services Web qui n’impose pas nécessairement l’utilisation de briques logicielles supplémentaires pour gérer les protocoles SOAP, WSDL et UDDI). S’il est encore nécessaire de vous apprendre ce qu’est le style architectural REST, ne retenez qu’une seule adresse, celle du site du très RESTafarian Roger Costello.

Architectures orientées services (SOA) selon l’approche REST

Voici quelques liens intéressants pour celui qui veut comprendre ce que l’approche REST peut apporter aux architectures orientées services (SOA) , que ce soit avec ou sans l’utilisation des protocoles SOAP et/ou WSDL (on peut faire une architecture orientée services de style REST avec SOAP et WSDL, même si j’ai du mal à voir l’intérêt que cela représenterait) :

Python compared to Smalltalk

Python has many similarities with Smalltalk. Maybe one can say that Python is the Smalltalk of the Web. Here are some resources that compare Python with Smalltalk :

Marché du Knowledge Management

En rapport avec mon mouton à sept pattes, voici un genre d’aperçu des acteurs du marché du knowledge management vu par le petit bout de ma petite lorgnette :

  • des consultants unp eu visionnaires (ou fumeurs) en KM/intelligence économique/e-learning/veille/capitalisation des connaissances/animation de communautés de pratique pour l’innovation/gestion des compétences/… qui vendent des concepts généraux, des démarches d’animation, des grands projets, et quelques réalisations à travers des micro-éditeurs de niche
  • des micro-éditeurs de niche qui ont bien compris les fonctionnalités à offrir car ils maîtrisent la problématique KM mais n’ont pas les moyens de construire du durable car ils ne sont pas du métier de l’informatique
  • des gros éditeurs qui collent une étiquette KM sur des produits de GED/Workflow/Content Management mais l’étiquette a tendance à se décoller car elle est trop pompeuse pour la réalité de leurs produits
  • des architectes et intégrateurs qui maîtrisent la fonctionnalité informatique mais ne disposent pas encore des technologies informatiques nécessaires (web sémantique) pour réaliser les promesses du KM
  • des sociétés de services en logiciels libres qui essaient de combiner technologies matures et visions fonctionnelles mais qui ont du mal à y ajouter technologies émergentes et vision KM à long terme
  • Que manque-t-il pour compléter le tableau ?

    OWL-S

    Le schéma OWL-S permet de décrire des services Web à l’aide d’ontologies. D’après cette lecture, je crois comprendre que l’on peut

    • soit produire des services Web style RPC (via SOAP et WSDL) et compléter leur description, à plus haut niveau, avec OWL-S (ce qui remplace UDDI dans ce cas),
    • soit produire des services Web style REST (sans SOAP ni WSDL) et faire toute leur description via OWL-S

    Ceci signifierait qu’OWL-S serait un standard dans tous les cas concurrents de UDDI, et dans certains cas complémentaire de WSDL (pour le cas des services Web RPC via SOAP) et dans d’autres cas (services REST), concurrents de WSDL. Est-ce vraiment cela ?

    CIA sémantique

    La CIA suit de près le développement des technologies du Web Sémantique, au titre des logiciels d’analyse de réseaux sociaux :

    There were a couple of presentations in the domain of military and political intelligence – a bit scary, especially when Kendall used one of Libby’s photos in a depiction thing (part of SWINT) asserting I was a terrorist leader. The CIA and co. are the end users of this stuff. Good job I’ve no plans to visit the US in the near future.

    Prospective en entreprise et développement durable

    La Tribune fait le point sur la place des études prospectives dans les grandes entreprises françaises. Cet article m’inspire les questions suivantes : si le développement durable doit vraiment prendre une place (durable, elle aussi) dans la stratégie des entreprises (et non pas seulement dans leur rapport annuel), alors quel rapport doit-il exister entre développement durable et prospective ou planification stratégique ? Par ailleurs, de même qu’il existe deux modèles organisationnels pour la génèse de l’innovation, endogène (culture interne de l’innovation) et exogène (innovation achetée par acquisition ou par conseil), en est-il de même pour la prospective ? Autrement dit, comment faire pour que la prospective puisse se faire dans l’entreprise et par l’entreprise (par ceux qui ont les mains dans le cambouis) et non pas hors de l’entreprise (consultants) ni dans une tour d’ivoire ?